Carte scolaire 2026 : la Corse sacrifiée sur l'autel de l'austérité budgétaire
La nouvelle est tombée comme un couperet : l’académie de Corse va perdre 26 postes d’enseignants à la rentrée 2026. Comment justifier une telle saignée alors que notre population augmente et que l’intérieur de l’île se bat pour sa survie ?
Action & Démocratie Corse refuse cette gestion comptable qui condamne nos villages, surcharge nos classes et appauvrit les familles.
■■ Le grand paradoxe : une démographie croissante, des moyens en berne
C’est un contresens historique. Selon les dernières données de l’INSEE (Note Flash n° 101), la Corse affiche la croissance démographique la plus élevée de l’Hexagone (+1,0 % par an). Portée par un solde migratoire dynamique, l’île gagne des habitants, des familles et donc des besoins scolaires.
Pourtant, le Ministère de l’Éducation Nationale (MEN) applique un « lissage » national aveugle. À Paris, on retire des postes parce que la natalité baisse ailleurs ; à Ajaccio et Bastia, on ignore que nos structures saturent.
■■ Second degré
L’absurdité mathématique au service du chaos
Le ministère prévoit la suppression de 14 postes dans le second degré, alors même que la tendance de la progression des effectifs est à la hausse, soit 48 élèves de plus à la rentrée 2025/2026 par rapport à 2024/2025.
On nous demande de faire « mieux avec moins », mais la réalité sera tout autre : des classes surchargées, des options qui disparaissent et un épuisement professionnel.
Les chefs d’établissements, les Divisions des élèves, les inspecteurs d’information et d’orientation rencontrent chaque année de plus en plus de difficultés pour arriver à affecter tout le monde.
Quant aux enfants et parents c’est la loterie, le désarroi et le désespoir peuvent leurs tomber dessus.
■■ Ruralité et précarité
Le coup de grâce pour l’intérieur
Dans le premier degré, 12 postes sont rayés de la carte. En Corse, ce chiffre n’est pas une statistique, c’est une menace vitale. Avec 20 % d’écoles à classe unique et près de la moitié des établissements ne dépassant pas trois classes, la suppression d’un seul poste signifie souvent la fermeture définitive d’une école de village.
Le maintien du maillage territorial est le socle de l’équité républicaine. En affaiblissant l’école rurale, l’État accélère la désertification de l’intérieur. Pour Action & Démocratie, un élève de Niolu ou de l’Alta Rocca mérite les mêmes moyens qu’un élève de centre-ville.
Dans la région la plus pauvre de France, où le coût de la vie est plus élevé que sur le continent, la réduction du maillage scolaire est une double peine. En Corse, la fermeture d’une classe de proximité ou d’une option force les élèves vers l’internat.
L’école « gratuite » devient un luxe
Si l’instruction est censée être gratuite, les frais d’internat et de transport incombent aux familles. Dans une île où les transports en commun sont inégaux, voire inexistants dans l’intérieur, ces coûts supplémentaires sont insupportables.
Action & Démocratie dénonce cette rupture d’égalité : l’accès au savoir ne doit pas dépendre du portefeuille des parents ni de leur code postal.
■■ L'analyse d'Action & Démocratie : stopper le "management de la pénurie"
Nous dénonçons ce pilotage à vue d’une politique de « rééquilibrage » qui n’est qu’un mot poli pour désigner l’austérité.
« On ne gère pas une académie depuis Paris avec un algorithme. Derrière chaque poste supprimé, il y a une famille précarisée et une école qui se meurt. » — Action & Démocratie Corse.
■■ Action & Démocratie Corse demande :
- Le gel immédiat des suppressions de postes au vu de la dynamique démographique insulaire.
- Une aide exceptionnelle aux familles pour compenser les frais d’internat et de transport liés à l’enclavement.
Le bureau académique Action & Démocratie Corse
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