En 2026, le moral des agents publics s’effondre

En 2026, le moral des agents publics s’effondre

Avez-vous remarqué à quel point le sens du devoir maintient nos services publics à flot, alors même que ceux qui les font vivre s’épuisent à petit feu ? Le verdict du Baromètre des fonctionnaires CASDEN / Ipsos de juin 2026 (PDF) vient de tomber, et il confirme ce que nous constatons chaque jour sur le terrain en Corse comme sur le continent : la crise d’attractivité et le malaise professionnel atteignent un point de rupture entraînant un effondrement du moral des agents publics.

Entre stagnation salariale, surcharge administrative et explosion des incivilités, nos collègues tirent la sonnette d’alarme. Chez Action & Démocratie, nous refusons de regarder nos statuts se dissoudre dans l’indifférence ministérielle

Photo de iSawRedsur Unsplash

Le paradoxe de l’engagement

Un moral en berne, des missions portées à bout de bras

Après une brève embellie l’année dernière, le moral des agents publics repart brutalement à la baisse : seuls 54 % des fonctionnaires déclarent avoir un bon moral en 2026, accusant une baisse historique de 8 points en seulement douze mois. La Fonction Publique d’État (FPE) paie le tribut le plus lourd avec un effondrement de 12 points de son indice de satisfaction.

Pourtant, le service public tient bon grâce à la conscience professionnelle des agents. Ils sont encore 87 % à se sentir profondément utiles à la société et 84 % à exprimer la fierté de leur mission au quotidien. Mais jusqu’à quand pourrons-nous exiger un tel dévouement sans contrepartie ? L’épuisement guette, particulièrement chez les personnels de plus de 50 ans où plus d’un quart ne ressent plus ni motivation ni épanouissement.

Le pouvoir d’achat sacrifié

La rémunération au cœur du point de rupture

Sans surprise, la fiche de paie reste le principal point noir du baromètre : 63 % des agents estiment être mal payés, et plus d’un sur deux (56 %) avoue éprouver des difficultés croissantes à boucler ses fins de mois. C’est le premier argument opposé par ceux qui refusent désormais de recommander la fonction publique à leurs proches.

« La rémunération domine largement les motifs de non-recommandation, toutes catégories confondues, et atteint un niveau particulièrement élevé chez les enseignants, près de trois sur quatre la citant. »

Face à cette paupérisation, l’idée d’une rémunération au mérite progresse dans certains corps désabusés, mais elle demeure un mirage clivant, notamment chez les enseignants qui la rejettent massivement à près de 50 %. Action & Démocratie Corse rappelle sa ligne claire : la reconnaissance du travail doit passer par une revalorisation immédiate du point d’indice et la prise en compte de la vie chère en Corse, et non par des dispositifs managériaux arbitraires qui brisent les collectifs de travail.

Un quotidien sous tension

Procédures lourdes et hausse des agressions

Le rapport décrit une réalité quotidienne devenue suffocante. Trois quarts des agents dénoncent des procédures trop lourdes (75 %) et une charge de travail excessive (75 %). À cela s’ajoute le fléau de l’insécurité : 49 % des agents subissent des incivilités ou des agressions verbales de la part des usagers. Dans les salles de classe, ce chiffre explose littéralement pour atteindre 67 % chez les enseignants. Travailler la peur au ventre ou sous la pression constante d’une administration déconnectée n’est plus acceptable.

Transition numérique et IA

Le grand saut sans formation

Le baromètre révèle également une mutation technologique à marche forcée. Si l’usage de l’Intelligence Artificielle (IA) grimpe en flèche avec 49 % d’utilisateurs (+10 points en un an), le manque d’accompagnement est flagrant : 72 % des agents avouent ne pas être formés à ces outils. L’administration dématérialise à outrance, délaissant au passage 61 % des usagers jugés mal accompagnés, et abandonnant les fonctionnaires face à des logiciels inadaptés.

Photo de Hans Moermansur Unsplash

Recommandations d’Action & Démocratie Corse

Pour redonner de l’attractivité à nos métiers et protéger les personnels, notre syndicat exige des mesures d’urgence :

  1. La revalorisation immédiate des grilles indiciaires pour compenser l’inflation et la spécificité économique de notre région insulaire.
  2. L’application stricte de la protection fonctionnelle face à la hausse des incivilités et des agressions verbales.
  3. Un plan massif de formation professionnelle axé sur les transitions numériques et l’IA, choisi et non subi.
  4. La sanctuarisation du statut général, plébiscité par 92 % des agents comme le rempart ultime pour l’intérêt général.

Le bureau académique Action & Démocratie Corse

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Autonomie de la Corse, la clause de non-régression sociale est une garantie décisive !

Le syndicat de tous les personnels de l'Éducation nationale.

Communiqué

Le texte sur l’autonomie de la Corse vient de franchir une étape historique à l’Assemblée nationale.

Au cœur des débats en première lecture : l’introduction d’une clause de non-régression sociale.

Pour Action & Démocratie Corse, cette garantie majeure valide notre combat pour le « mieux-disant » et pose les bases de protections indispensables pour l’avenir des agents de l’Éducation nationale.

Avez-vous mesuré le changement historique qui se prépare pour nos métiers ?

Si le rapport « Autonomia » validé par l’Assemblée de Corse trace la voie d’une évolution institutionnelle d’ampleur, le vote en première lecture à l’Assemblée nationale apporte une sécurité juridique que nous réclamions de longue date. En intégrant le principe d’une clause de non-régression sociale, le législateur pose un garde-fou capital.

Pour tous les personnels de notre académie, c’est la certitude que l’avenir ne se construira pas au détriment de leurs droits.

Le « mieux-disant social » : une exigence syndicale signée Action & Démocratie Corse

Depuis le début des discussions sur l’évolution statutaire de l’île, Action & Démocratie Corse martèle la même exigence : le statut d’autonomie doit être un levier de progrès, pas un vecteur de précarisation. La notion de « mieux-disant », que nous portons avec force, exige que les normes locales soient toujours plus favorables que le droit commun, ou au minimum équivalentes.

L’introduction de la clause de non-régression sociale à l’Assemblée nationale répond directement à cette préoccupation. Elle fait écho à l’engagement de la délibération n’ 23/089 AC de l’Assemblée de Corse qui prévoit des « mécanismes juridiques et politiques instituant des effets cliquets ». L’objectif est clair : la production de lois ou de règlements par la future Collectivité autonome ne pourra en aucun cas conduire à un recul des acquis sociaux. Vos droits seront préservés, voire améliorés.

Transfert de la compétence éducation : pas de transfert sans moyens humains !

Le rapport « Autonomia » envisage explicitement le transfert à la Collectivité autonome de Corse de la « politique de l’éducation, y compris l’enseignement secondaire ». Article 11.1, Délibération n° 23/089 AC de l’Assemblée de Corse.

Pour de nombreux collègues, cette perspective de devenir fonctionnaire territorial soulève des questions légitimes sur la gestion des carrières, le mouvement ou le régime indemnitaire.

Sur ce point, notre ligne syndicale est d’une fermeté absolue : aucun transfert de compétences ne pourra s’opérer sans le transfert simultané et intégral des moyens humains et financiers correspondants.

L’article 13 de la délibération de l’Assemblée de Corse est d’ailleurs sans équivoque à cet égard :

«EXIGE que tout transfert de compétence implique les transferts de
moyens humains et financiers correspondants.» Article 13, Délibération n° 23/089 AC de l’Assemblée de Corse.

Action & Démocratie Corse veillera à ce que l’État ne se désengage pas et que chaque poste, chaque dotation horaire globale (DHG) et chaque garantie de carrière soient sanctuarisés.

« Les transferts de personnels seront précédés d’un cycle de discussions sectorielles, avec les membres, organisations syndicales et professionnelles. » – Article 14.1, Délibération n° 23/089 AC de l’Assemblée de Corse.

Action & Démocratie Corse : votre vigie face aux réformes

Le principe de progressivité retenu pour la mise en œuvre de l’autonomie doit nous permettre de négocier chaque avancée. Des groupes de travail thématiques devront impérativement associer les organisations syndicales pour baliser les contours de la future fonction publique territoriale corse.

Action & Démocratie Corse y participera avec un objectif unique : défendre le statut des agents et imposer le modèle du mieux-disant dans les domaines du droit du travail et de la protection sociale.

L’autonomie ne doit pas être synonyme d’isolement, mais d’émancipation réussie et sécurisée pour les personnels qui font vivre l’école publique en Corse.

Le bureau académique Action & Démocratie Corse

Sources :

Ne restez pas isolés face au changement !

Restez informés et pesons ensemble sur les futures négociations statutaires.

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Declaration des 8 organisations syndicales représentatives de la Fonction publique en vue de la journee internationale des services publics du 23 juin 2026

Declaration des 8 organisations syndicales représentatives de la Fonction publique en vue de la journee internationale des services publics du 23 juin 2026
8 organisations syndicales representatives Fonction publique

Déclaration des 8 organisations syndicales
représentatives de la Fonction publique en vue de la
journée internationale des services publics du 23 juin 2026

Au service de l’intérêt général, les organisations syndicales de la fonction publique CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC, FA-FP, réaffirment que les services publics sont essentiels pour le progrès social, économique et écologique, pour garantir les conditions de vie et de travail, pour lutter contre les inégalités, garantir les droits, parvenir à l’égalité entre les  hommes et les femmes, et assurer la cohésion sociale et territoriale de notre pays.

Les services publics protègent la démocratie contre l’autoritarisme, le clientélisme en garantissant la transparence, la responsabilité et l’indépendance des administrations publiques ; c’est l’un des fondements du statut général des fonctionnaires.

En France, l’accès à de nombreux services publics est facilité pour tous. Nombre d’entre eux sont gratuits ou peu onéreux.

Or, par manque de moyens budgétaires depuis plusieurs années, la situation des services publics se dégrade. Les agent es publics doivent faire face aux coupes budgétaires, aux postes non pourvus, à la dégradation de leurs conditions de travail. Cette situation affaiblit le service public rendu aux citoyen.nes.

Il est temps de soutenir tous les services publics et leurs agent.es. Il est temps de réinvestir dans la fonction publique.

Après des années de refus gouvernementaux de prendre les mesures financières pour revaloriser leur rémunération, la situation salariale des agent es de la fonction publique, titulaires et contractuel·les, est devenue urgente. La crise d’attractivité est réelle. Elle est aggravée par des conditions de travail de plus en plus difficiles.

C’est pourquoi à l’approche de la journée internationale des services publics du 23 juin 2026, les organisations syndicales de la fonction publique CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC, FA-FP l’affirment : le gouvernement et le parlement ne peuvent plus regarder ailleurs, toutes les mesures nécessaires doivent être prises sans délai !

Un service public de qualité aux citoyennes nécessite des moyens humains, financiers et techniques.

La hausse du SMIC prévue par la loi pour compenser la forte inflation au 1er juin et le déclenchement de l’indemnité différentielle pour 862 000 agent es dont la rémunération indiciaire est passée en dessous du SMIC montrent combien la politique salariale en vigueur conduit à l’appauvrissement de nombreux ses agent es de la fonction publique et obère toute reconnaissance de la carrière pour un nombre croissant d’entre elles et eux.

Après le courrier qu’elles ont adressé au Premier ministre lui demandant à être reçues, le ministre de l’Action et des Comptes publics, en charge de la fonction publique, a annoncé la tenue d’un « rendez-vous salarial » le lundi 6 juillet. Ce ne peut être un premier signe d’ouverture, qu’à la condition que le ministre y annonce des mesures indiciaires générales à la hauteur des enjeux !

Enfin, parce que nous considérons que la fonction publique doit pouvoir assurer la continuité du service public, nos organisations demandent des mesures concrètes et urgentes et rappellent leur volonté d’être reçues par le Premier ministre.

Bagnolet le 16 juin 2026

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Malades et pénalisés

Malades et pénalisés

Le coup de force du gouvernement sur nos congés de santé

Tomber malade va-t-il bientôt devenir un luxe pour les agents de l’Éducation nationale ? C’est la question que l’on est en droit de se poser face à la dernière trouvaille de notre employeur. Parce qu’apparemment, l’administration pense que l’on choisit de contracter une maladie par pure passion pour les formulaires administratifs et les salles d’attente…

Le mur syndical au CCFP

Lors du dernier Conseil Commun de la Fonction Publique (CCFP), l’ensemble des organisations syndicales a voté contre le projet de décret relatif aux congés pour raisons de santé. Un rejet unanime qui en dit long sur la toxicité du texte !

Ce projet gouvernemental vise à modifier les règles de prise en charge et d’indemnisation des agents en arrêt maladie. Sous couvert de « simplification », il s’agit en réalité d’une énième tentative de faire des économies sur le dos de la santé des fonctionnaires d’État, en précarisant encore davantage ceux qui traversent des épreuves médicales.

La position d’Action & Démocratie  Corse

Pour Action & Démocratie, la ligne est claire : la maladie n’est pas un choix, c’est un aléa de la vie.

Nous dénonçons fermement cette vision comptable de la santé au travail. Culpabiliser les agents malades et réduire leurs droits statutaires est une méthode indigne. Nous exigeons une véritable politique de prévention et d’amélioration des conditions de travail, plutôt que des sanctions financières déguisées.

« Ce décret est une double peine inacceptable : à la souffrance physique ou psychologique s’ajoute désormais la sanction financière. »

L’insularité oubliée

Si ce texte est mauvais au niveau national, il est catastrophique pour nous, en Corse.

Notre insularité nous confronte déjà à des défis majeurs : déserts médicaux, délais d’attente interminables pour consulter un spécialiste, et souvent, l’obligation de se rendre sur le continent pour des soins spécifiques. Rogner sur les droits liés aux congés de santé dans un tel contexte territorial démontre, une fois de plus, la déconnexion totale des ministères parisiens face à nos réalités locales. Action & Démocratie Corse dénonce cette injustice géographique et sociale.

Le bureau académique Action & Démocratie Corse

Source : acteurspublics.

Votre santé n’a pas de prix, mais elle a des défenseurs !

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Retraite, prends l’oseille et tire-toi avant que le corps ne dise « Stop » !

Retraite, prends l’oseille et tire-toi avant que le corps ne dise « Stop » !

Avez-vous remarqué à quel point nos gouvernants adorent votre dévouement ? Plus vous êtes fatigué, plus on vous explique qu’un petit effort supplémentaire serait « bon pour le service ». Mais au fond, est-ce pour le service ou pour vous enterrer sous les dossiers avant d’avoir touché votre premier chèque de pension de retraite ? Entrons dans le vif du sujet, sans langue de bois.

Photo de Matt Bennettsur Unsplash

L’espérance de vie et le grand malentendu des statistiques

C’est bien connu, les circulaires ministérielles ont le chic pour transformer les vessies en lanternes et les statistiques de l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Études Économiques) en promesses de l’aube. On vous serine qu’à 65 ans, vous avez encore vingt ans de cavale devant vous. C’est mathématique, c’est écrit sur le papier. Mais ce que le bureaucrate oublie de préciser, c’est que sur ces vingt piges, il n’y en a qu’une petite dizaine à vivre sans que les articulations jouent les castagnettes ou que la tête ne déraille.

À vouloir jouer les prolongations derrière un bureau ou devant une classe de trente-cinq fauves pour « sécuriser l’avenir », vous ne gagnez pas du galon. Vous donnez un tiers de vos années valides à une administration qui oubliera votre nom avant que votre successeur n’ait signé son procès-verbal d’installation. Les portefeuilles se reconstituent, les trimestres se comptent, mais le temps qui reste, lui, ne fait pas de crédit.

Pension de retraite : la surcote, ou l’art de troquer un cheval de course contre un canasson borgne

Parlons-en de la surcote, ce miroir aux alouettes réglementaire détaillé sur les sites officiels. Prenons un exemple concret, celui des simulations de la Direction générale des finances publiques via le site Retraites de l’État.

towfiqu barbhuiya yIIFNiEKkYI unsplash

Considérons le cas de « Brigitte S., fonctionnaire de la catégorie sédentaire nés le 2 mars 1962 bénéficie d’un âge légal de départ à la retraite à 62 ans et 6 mois. Sa durée d’assurance requise pour une pension à taux plein est de 169 trimestres, durée validée à ses 62 ans et 6 mois. Elle poursuit son activité jusqu’à ses 64 ans, soit le 20 mars 2026. Elle totalise à cette date 175 trimestres en durée d’assurance. Le montant de sa pension avant surcote est de 1750 €.

Elle bénéficie d’une surcote de :

175 trimestres – 169 trimestres = 6 trimestres de surcote

Le taux de surcote dans le cas de Brigitte est de 1,25 %, le coefficient appliqué au montant de sa pension sera donc de : 6 x 1,25 soit 0,075.

Le montant de la surcote sera de : 1 750 € x 0,075 soit 131,25 € »

Courageuse (ou mal conseillée), elle pousse le zèle jusqu’à ses 64 ans, totalisant 175 trimestres pour un bonus de 131,25 € par mois. Magnifique sur la feuille de paie, non ?

Sortons la calculette syndicale d’Action & Démocratie Corse. Pour empocher ces 131,25 € supplémentaires, Brigitte s’est assise joyeusement sur 18 mois de pension complète à 1 750 €. Elle a donc laissé sur la table de l’État la bagatelle de 31 500 € qu’elle aurait pu toucher en restant chez elle, les pieds dans le sable de Santa Giulia (classée en 35e position sur les cinquante plus belles plages du monde).

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Santa Giulia - ©️Collection privé - Autorisation AD Corse

Pour que cette prolongation devienne rentable, il faudra que Brigitte vive et touche sa pension majorée pendant exactement 20 ans (240 mois) !

Elle n’atteindra le point d’équilibre financier qu’à l’âge de 84 ans. Bref, elle a financé son propre épuisement au bénéfice des économies de l’État.

À ce niveau de rentabilité, ce n’est plus un plan de retraite, c’est un pari sur la cryogénisation. Travailler 18 mois de plus pour courir après son propre argent jusqu’à 84 ans, c’est l’assurance d’arriver devant le créateur avec des trimestres en rab, mais les genoux en miettes. Bercy adore ce genre de profil : des agents tellement dévoués qu’ils préfèrent faire don de leur capital santé à l’administration plutôt que de risquer de s’ennuyer à la retraite. Un conseil : si vous tenez absolument à faire un legs de 30 000 € à quelqu’un, choisissez plutôt Action & Démocratie Corse. L’État, lui, a déjà de quoi s’acheter des calculettes neuves pour continuer à vous plumer, comme avec les primes qui ne sont pas prises en compte pour le calcul de la retraite.

Quand la famille s’invite dans l’équation

Chez nous, la solidarité familiale n’est pas un vain mot, c’est une institution. Mais quand le travail vous essore d’un côté et qu’un parent âgé perd son autonomie de l’autre, la situation devient vite intenable. Les maisons de retraite médicalisées affichent des tarifs qui feraient blêmir un ministre des Finances.

Choisir de partir plus tôt pour permettre à un parent de rester chez lui, ce n’est pas seulement un geste de cœur. C’est parfois plusieurs dizaines de milliers d’euros que la famille ne dépense pas.

Anticiper son départ en retraite, c’est aussi pouvoir activer les dispositifs légaux, comme l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) ou le congé de proche aidant pour un parent sans attendre le burn-out généralisé.

L’usure du terrain : la santé n’est pas une variable d’ajustement financier

Entre les réformes menées à la hussarde, le « pas de vague » institutionnel et le management de supérette qui a envahi les établissements, nos métiers détruisent la santé nerveuse et physique. Prolonger sa carrière quand les finances permettent de plier bagage, ce n’est plus de la gestion de patrimoine, c’est du masochisme déguisé en rigueur budgétaire.

La loi prévoit des portes de sortie : carrières longues, retraite pour inaptitude ou compte professionnel de prévention (secteur privé). Ne partez pas du principe que cela ne vous concerne pas. Si le métier vous abîme, chaque année supplémentaire passée dans l’arène est un chèque en blanc signé à la maladie.

hans moerman rEOVfkfleok unsplash

Photo de Hans Moermansur Unsplash

Recommandations d’Action & Démocratie Corse

Pour ne plus naviguer à l’aveugle et éviter de laisser votre santé au Rectorat, notre syndicat vous conseille d’activer immédiatement votre stratégie de sortie :

  1. Exigez vos chiffres : contactez le Service des Retraites de l’État (Contact – Actif – 02 40 08 87 65) et demandez une simulation comparative écrite : un départ au taux plein exact vs un départ un an plus tard.
  2. Carrière privé / public : contactez aussi le site INFO RETRAITE – Mes droits.
  3. Refusez le sacrifice gratuit : si votre taux plein est atteint, que vous n’avez pas d’enfant en poursuite d’étude, de crédit important et que votre situation financière le permet, la question n’est plus comptable, elle est humaine et médicale.

« Le jour où on mettra les cons sur orbite, t’as pas fini de tourner. » (« Le Pacha » – Michel Audiard)

Ne faites pas comme la pauvre Brigitte S., qui, a déjà enfilé sa combinaison de spationaute. Elle tourne en orbite géostationnaire au-dessus de son enveloppe de 31 500 € perdus, en espérant que la gravité la ramène sur terre avant ses 84 ans.

Le bureau académique Action & Démocratie Corse

En attendant, rejoignez Action & Démocratie Corse !

(Et après la retraite aussi, il n’y a d’âge pour le syndicalisme.)

Pour défendre vos droits, votre santé et votre liberté,

adhérez au syndicat du bon sens et du terrain.

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L’IA dans la fonction publique ou la révolution silencieuse des bureaux

L'IA dans la fonction publique ou la révolution silencieuse des bureaux

Une révolution silencieuse s’est emparée des couloirs de la fonction publique, et elle ne vient pas seulement d’en haut. Si le gouvernement annonce fièrement que plus d’un million d’agents sont désormais concernés par le déploiement de l’IA, la réalité du terrain est encore plus frappante : selon une enquête menée auprès de 2 000 agents publics, 89 % utilisent déjà l’IA pour des raisons professionnelles avec toutes les questions d’éthiques, de confidentialité et de sécurité que cela soulève.

Photo de Igor Omilaev sur Unsplash

L’intelligence artificielle n’est plus une promesse futuriste de salon technologique ; c’est une réalité quotidienne qui redéfinit la relation entre l’agent, l’usager et le savoir. Entre l’enthousiasme pour le gain de temps et les inquiétudes sur la déshumanisation, nous traversons une phase de transition paradoxale. Le défi n’est plus seulement technique, il est politique : comment intégrer ces agents conversationnels (LLM) sans transformer nos agents publics en simples exécutants d’algorithmes ?

L’agent reste le seul maître à bord (et c’est une règle d’or)

Dans le déploiement actuel de l’IA générative, un principe de responsabilité absolue a été gravé dans le marbre : l’IA propose, l’agent décide. L’outil est strictement positionné comme un assistant d’expertise et non comme un substitut. Cette distinction est le rempart indispensable contre une standardisation du service public qui gommerait la complexité humaine des dossiers citoyens.

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Photo de Scott Graham sur Unsplash

En pratique, cela signifie qu’aucune décision administrative ne peut être automatisée sans une supervision humaine rigoureuse. L’agent conserve la paternité juridique de ses actes. La recommandation est claire : chaque compte rendu, chaque synthèse ou chaque réponse préparée par un LLM doit faire l’objet d’une validation humaine systématique. C’est dans ce discernement que réside la valeur ajoutée du fonctionnaire.

« Notre IA ne doit pas non plus standardiser le service rendu aux citoyens : la force du service public ne réside pas seulement dans le traitement de l’information. Elle réside dans le discernement, l’écoute, le sens de l’intérêt général, la responsabilité et la relation humaine. » — David Amiel, Ministre de l’Action et des Comptes publics.

Consulter le Guide d’usage de l’intelligence artificielle pour les agents de l’État : ici

L’angle mort de la Qualité de Vie au Travail (QVT)

Alors que les discours officiels se focalisent sur les gains de productivité, un angle mort persiste : l’impact psychologique sur les agents. Une étude majeure de la Mutuelle Nationale Territoriale (MNT), menée en partenariat avec le CNFPT et l’Inet, souligne que si l’IA peut favoriser l’autonomie, elle génère des pressions « invisibles » rarement anticipées par les directions.

L’aspect technologique occulte souvent la charge mentale induite par la transformation des métiers. L’étude identifie plusieurs risques majeurs pour la QVT :

  • Des représentations divergentes : L’outil est perçu très différemment selon les services, créant des décalages de compétences.
  • L’absence de vision partagée : Un manque de compréhension sur les finalités réelles de l’IA au sein des organisations.
  • La pression de la performance : Une attente de rapidité accrue qui peut nuire à la qualité de l’analyse.

 Le paradoxe de la transparence et le rapport « fantôme »

C’est ici que le récit se corse. Alors que le gouvernement multiplie les annonces, une zone d’ombre diplomatique entoure un rapport inter-inspections crucial.

Ce document, visant à quantifier l’impact de l’IA sur les effectifs, est actuellement bloqué par le cabinet du Premier ministre, Sébastien Lecornu.

Plus troublant encore pour un observateur des politiques d’État : cette mission avait été initialement commandée sous le gouvernement Bayrou. Ce passage de témoin politique semble avoir enfoui les conclusions sous une chape de plomb. Cette rétention d’informations alimente un malaise profond avec les syndicats. Lors du groupe de travail du 18 juin, des syndicats ont exprimé un « goût amer » face à un projet « clé en main » présenté par David Amiel avant même toute réelle négociation. Entre la communication massive de Bercy et le silence de Matignon sur la transformation des métiers, la tension est à son comble.

 À l’école, l’élève a déjà pris une longueur d’avance

Le secteur de l’éducation nationale offre le contraste le plus saisissant de cette transition. Tandis que les élèves utilisent l’IA de manière quasi systématique pour leurs devoirs, une étude de l’OCDE de 2024 révèle que seulement 14 % des enseignants français l’intègrent à leur travail.

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L’IA s’est glissée comme un « tiers fantôme » entre l’élève et le professeur, bousculant le monopole du savoir. Pour que les enseignants reprennent l’avantage, l’enjeu se déplace vers le développement de l’esprit critique. Il s’agit d’apprendre aux élèves à naviguer entre les « hallucinations » (ces erreurs factuelles générées statistiquement par les modèles) et les biais algorithmiques. Le rôle du professeur mute : il ne transmet plus seulement le savoir, il devient le garant de sa véracité dans un océan de probabilités.

 

Une souveraineté à 750 000 euros

La généralisation de l’Assistant IA à plus d’un million d’agents de l’État repose sur un investissement de 750 000 euros. Au-delà du coût, c’est le choix de la pépite française Mistral AI qui est stratégique. L’enjeu ? Échapper aux griffes du Cloud Act américain. Cette législation permet aux autorités américaines d’accéder à des données hébergées par des entreprises US, même si les serveurs sont physiquement situés en Europe.

En misant sur des infrastructures souveraines, l’État protège les données des Français. Ce choix s’inscrit également dans une volonté d’« IA frugale ». Conscient du coût environnemental (consommation massive d’eau pour le refroidissement et d’énergie), l’État cherche à rationaliser les usages pour que l’innovation ne se fasse pas au détriment de l’éthique climatique.

Vers une administration « augmentée » ou automatisée ?

L’IA dans la fonction publique n’est pas un substitut, mais un assistant qui doit redonner du temps aux agents pour l’analyse complexe et le contact humain. Cependant, nous restons face à un dilemme : saurons-nous préserver la valeur de l’expertise humaine face à la séduction des probabilités statistiques ?

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Photo de Hitesh Choudhary sur Unsplash

La réponse ne viendra pas de la technologie elle-même, mais de la capacité des agents à se former et à s’approprier ces outils. Le dialogue social, pour l’instant crispé par les arbitrages préétablis du 18 juin, sera la clé de voûte de cette transition. L’objectif final reste de « choisir l’IA qu’on veut et ne pas subir l’IA qu’on ne veut pas. »

Au-delà du « Hype »

Depuis novembre 2022 et l’onde de choc provoquée par ChatGPT, l’intelligence artificielle est devenue l’alpha et l’oméga des discours sur le futur du travail. Pourtant, cette omniprésence médiatique sature l’espace au point de masquer une réalité beaucoup plus instable sur le terrain. Si nous utilisons massivement ces outils, comprenons-nous vraiment ce qu’ils font à nos organisations, à notre rapport au savoir et à notre planète ?

Derrière la promesse d’une révolution sans précédent, l’IA agit souvent comme un écran de fumée pour des projets non aboutis ou des investissements sans boussole. Il est temps de porter un regard nuancé sur cet outil : ni baguette magique, ni apocalypse, mais une technologie de probabilités qui redéfinit radicalement la place de l’humain.

 L’IA n’est pas un cerveau, c’est une « autocomplétion géante »

Le plus grand malentendu actuel consiste à prêter une « pensée » ou une « conscience » aux Large Language Models (LLM). Contrairement au mythe de la machine pensante, l’architecture « Transformer » — introduite par Google en 2017 — ne cherche pas une réponse dans une base de données. Elle « regarde toute la phrase en même temps pour mieux comprendre le contexte » afin de calculer mathématiquement le mot suivant le plus probable.

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C’est une autocomplétion monumentale qui a ingéré presque tout le web. Si elle nous semble si humaine, c’est parce qu’elle a été « polie » par des formateurs humains pour s’exprimer de manière naturelle. Cette nature statistique explique les « hallucinations » : l’IA privilégie la cohérence de la phrase sur la vérité des faits, inventant des lois ou des sources avec un aplomb désarmant. La vigilance est donc de mise face à un outil qui a appris l’art de la conversation sans jamais saisir le sens du monde réel.

« Les machines peuvent-elles penser ? » — Alan Turing, article dans la revue Mind, 1950.

 Le paradoxe de la croissance : Beaucoup de bruit pour (presque) rien ?

Le constat économique est aujourd’hui dérangeant : malgré des investissements colossaux, la contribution de l’IA à la croissance globale est quasi nulle. Comme l’analyse le sociologue Yann Ferguson, le blocage n’est pas technique, mais organisationnel. On observe un « biais de l’outil » où les dirigeants, munis du « marteau-IA », voient des clous partout sans avoir identifié de problèmes réels à résoudre.

Plus frappant encore : 64 % des dirigeants investiraient aujourd’hui sans vision claire de la valeur ajoutée, poussés par la peur d’être « en retard » suite aux discours alarmistes de fournisseurs jouant les pompiers-pyromanes. Trois récits s’affrontent alors dans les couloirs des entreprises :

  • Le récit Darwinien : l’IA éliminera ceux qui refusent de s’adapter.
  • Le récit Prométhéen : elle nous libérera des tâches mécaniques pour nous rendre notre créativité.
  • Le récit Taylorien : elle standardisera les savoir-faire, renforçant la surveillance et la prolétarisation.

Le succès de l’intégration ne dépendra pas de la puissance de calcul, mais de la capacité des entreprises à former leurs équipes et à intégrer les métiers dans la boucle de décision.

 L’IA est « assoiffée » : Le coût caché de chaque clic

L’élégance immatérielle de nos interfaces cache une empreinte environnementale massive. L’IA est une technologie énergivore. En 2024, les data centers consommaient 415 TWh (1,5 % de l’électricité mondiale). Ce chiffre pourrait bondir à 1 500 TWh d’ici 2030. Surtout, la complexité des contenus générés change la donne : la génération d’une seule vidéo courte consomme autant d’énergie que deux charges complètes d’ordinateur portable, soit 25 fois plus qu’un simple texte.

Le refroidissement de ces infrastructures est tout aussi critique. Une série de 10 à 50 requêtes sur GPT-3 consomme environ 500 ml d’eau. Au niveau mondial, la consommation d’eau des centres de données pourrait passer de 560 milliards de litres en 2023 à 1 200 milliards en 2030, une pression intenable pour les régions en stress hydrique. C’est le cœur du Paradoxe de Jevons : l’amélioration de l’efficacité technologique risque de provoquer un usage si massif qu’il annulera tout gain environnemental initial.

 Le côté obscur de la productivité

Ces coûts ne sont pas qu’écologiques, ils sont aussi culturels et sécuritaires, portés par deux phénomènes émergents :

  • La ShadowIA : L’usage clandestin d’IA gratuites par les salariés. Faute de cadre, des secrets de fabrication ou des données RH transitent par des serveurs non contrôlés, créant des failles de sécurité majeures.
  • Le Workslop : C’est la production de « slop », ces contenus médiocres et redondants générés par IA (comptes rendus de 50 pages, mails standardisés). Au-delà de l’ennui, c’est une véritable pollution communicationnelle qui noie le discernement humain et dégrade le lien social.
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Photo de Andres Siimon sur Unsplash

Le risque est une déconstruction-reconstruction des métiers où l’on perd « l’écoute » et la finesse de l’analyse critique. Si l’IA automatise le traitement de l’information, elle ne doit pas standardiser la pensée au point de nous faire perdre notre autonomie de réaction.

 La solution n’est pas technologique, elle est sociale

Puisque les méthodes descendantes ont échoué, la clé du succès réside dans le dialogue social. Les travaux du LaborIA démontrent que la réussite de l’IA repose sur la méthode des « Trois Dialogues » :

  1. Le dialogue technique : réunir les experts métiers pour concevoir des outils réellement utiles.
  2. Le dialogue professionnel : documenter les situations réelles de travail pour un diagnostic partagé.
  3. Le dialogue social continu : instaurer une transparence totale sur les algorithmes.

Cette approche garantit un triple succès : technologique (des systèmes plus efficaces), social (un collectif rassemblé) et professionnel. L’enjeu n’est plus l’outil, mais le « travail bien fait », celui qui honore le professionnel et donne du sens à sa mission.

« Puisque les autres méthodes ont démontré leur inefficacité, pourquoi ne pas opter pour le dialogue ? » — Guide technique de la CFE-CGC.

 Garder la main sur la machine

L’intelligence artificielle peut être un formidable levier de « temps libéré » pour l’humain, lui permettant de se recentrer sur le discernement et l’intérêt général. Mais ce gain de temps n’a de valeur que si nous ne l’échangeons pas contre notre responsabilité.

Sommes-nous prêts à troquer notre responsabilité politique, déontologique et éthique contre un simple gain de productivité statistique ?

La force du travail humain réside dans ce qu’aucune machine ne peut simuler : l’intuition, l’empathie réelle et la capacité à assumer les conséquences de ses actes.

Dans un monde de probabilités, le discernement humain reste notre boussole la plus précieuse. À nous d’en faire bon usage.

Le bureau académique Action & Démocratie Corse

Sources :

Guide technique CFE-CGC 2026 – IA (Réservé aux adhérents)

https://www.numerique.gouv.fr/offre-accompagnement/guide-usage-intelligence-artificielle/

https://acteurspublics.fr/articles/ia-dans-les-collectivites-la-qualite-de-vie-au-travail-grande-oubliee-des-projets-de-deploiement/

https://acteurspublics.fr/articles/dans-le-dialogue-social-les-negociations-autour-de-lia-souvrent-dans-un-climat-tendu/

https://acteurspublics.fr/articles/letat-generalise-son-assistant-ia-a-tous-les-agents-dans-une-version-amelioree/

https://acteurspublics.fr/articles/a-lecole-lia-reconfigure-la-relation-entre-eleves-et-enseignants/

https://acteurspublics.fr/articles/apres-une-prise-de-conscience-tardive-letat-esquisse-une-methode-de-travail/

https://acteurspublics.fr/articles/matignon-bloque-la-diffusion-dun-rapport-sur-limpact-de-lia-sur-les-effectifs-de-la-fonction-publique/

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Logement des fonctionnaires : une loi votée, mais le compte n’y est pas

Logement des fonctionnaires : une loi votée, mais le compte n’y est pas

Un toit « public » pour les agents, avancée réelle ou mirage législatif ?

Le Parlement vient d’adopter définitivement la loi visant à faciliter l’accès au logement public pour les fonctionnaires. Alors que la crise du logement essore le pouvoir d’achat des agents de l’État, cette initiative législative promet de réserver des quotas de logements sociaux aux agents publics. Une lueur d’espoir ou une simple goutte d’eau dans un océan de béton ?

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Image d’illustration générée via Nano Banana.

Les réalités techniques de cette loi :

  • Des quotas réservés : Le texte prévoit de flécher une part des logements sociaux neufs ou vacants vers les agents des services publics.
  • Priorité aux bas salaires : Les personnels de catégorie C et B (administratifs, techniques, vie scolaire) sont théoriquement ciblés en priorité.
  • Le problème de l’offre effective : Réserver des droits sur du logement social ne crée pas de nouveaux logements par magie là où la pénurie fait rage.

La position d’Action & Démocratie  Corse

Si l’intention est louable, la loi ne résout pas le problème de fond : l’absence d’un véritable parc de logements interministériels dédiés et gérés directement par l’État pour ses agents, en particulier pour les collègues qui débutent.

En Corse, la pression immobilière liée à la spéculation et au tourisme rend le marché privé inaccessible aux personnels administratifs, techniques et enseignants nouvellement nommés. Sans une dotation d’urgence et des conventions spécifiques avec les bailleurs sociaux locaux, cette loi restera lettre morte sur l’île.

« Permettre aux agents de se loger là où ils servent le public est une condition de survie pour nos services administratifs et scolaires. »

Le bureau académique Action & Démocratie Corse

Source : acteurspublics.

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Concours de la fonction publique, le modèle s’effondre, mais par quoi le remplacer ?

Concours de la fonction publique, le modèle s’effondre, mais par quoi le remplacer ?

Le concours républicain est-il un rempart contre le piston ou machine à exclure ?

« Le pire des systèmes de recrutement, à l’exception de tous les autres. »

Selon Louis Bégards, enseignant à Sciences Po Toulouse et administrateur de l’association Fonction publique du 21ᵉ siècle. 

Cette formule résume la crise identitaire que traversent les concours d’accès aux métiers de l’Éducation nationale. Face à la pénurie de candidats, la tentation est grande de liquider le modèle pour basculer vers un recrutement de type contractuel privé.

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Image d’illustration générée via Nano Banana.

Les enjeux de la crise :

  • Crise d’attractivité majeure : Le nombre de candidats s’effondre, non pas à cause de la difficulté des épreuves, mais à cause du salaire de départ et des conditions d’exercice.
  • Garantie d’indépendance : Le concours reste le seul mécanisme garantissant l’égal accès aux emplois publics, protégeant les agents du favoritisme local.
  • Banalisation contractuelle : Le recours massif aux contractuels pour pallier les listes complémentaires vides crée une fonction publique à deux vitesses, moins formée et plus précaire.

La position d’Action & Démocratie  Corse

Nous défendons le statut de fonctionnaire et le principe du concours. Ce n’est pas l’examen qu’il faut réformer ou abaisser, c’est l’attractivité des métiers qu’il faut reconstruire en augmentant drastiquement les traitements d’entrée de grille.

Dans notre académie, comme ailleurs, la fragilisation des concours pousse à une « contractualisation » forcée des services administratifs et d’enseignement. Recruter hors concours par défaut de candidats certifiés fragilise la continuité et l’équité du service public sur le territoire insulaire.

« Supprimer le concours, ce n’est pas moderniser le recrutement, c’est ouvrir la porte à l’arbitraire managérial. »

Le bureau académique Action & Démocratie Corse

Source : acteurspublics.

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Hauts fonctionnaires sans affectation : le grand ménage ou l’effet d’annonce ?

Hauts fonctionnaires sans affectation : le grand ménage ou l’effet d’annonce ?

Des cadres supérieurs payés à ne rien faire : l’État s’attaque (enfin) au tabou

C’est un secret de Polichinelle qui irrite profondément la base : l’État ouvre le chantier sensible des hauts fonctionnaires dits « sans véritable job » ou en attente d’affectation prolongée tout en conservant leur traitement de haut niveau. Une opération de transparence indispensable au moment où l’on demande des efforts d’économie drastiques aux services de terrain.

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Image d’illustration générée via Nano Banana.

Les points clés du dossier :

  • Les corps de contrôle et d’inspection : Les réformes successives de la haute fonction publique ont laissé de nombreux cadres supérieurs sans mission opérationnelle précise.
  • Un coût budgétaire symbolique mais lourd : Le maintien de rémunérations élevées sans contrepartie de service effectif mine le consentement à l’effort des agents du quotidien.
  • Le traitement de faveur : Les procédures disciplinaires ou de licenciement pour insuffisance professionnelle sont historiquement rarissimes au sommet de l’État.

La position d’Action & Démocratie  Corse

Ce « deux poids, deux mesures » est intolérable. On traque la moindre minute d’absence chez un adjoint administratif, un technicien de laboratoire ou un enseignant, tandis que l’administration tolère des situations d’oisiveté dorée au sommet. L’évaluation et la responsabilité doivent s’appliquer partout.

La fenêtre corse : Alors que nos services académiques insulaires manquent cruellement de moyens de gestion sur le terrain et que l’on rogne sur les postes administratifs de proximité, voir l’administration centrale gaspiller des ressources pour des postes fantômes est une insulte au dévouement de nos personnels locaux.

« La transparence et l’obligation de service ne s’arrêtent pas là où les indices de rémunération commencent. »

Le bureau académique Action & Démocratie Corse

Source : acteurspublics.

Ne restez pas isolé à pester contre l’administration devant la machine à café en attendant qu’un haut fonctionnaire sans job vienne faire votre travail.

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Négociation égalité pro : le calendrier s’étire, la patience s’épuise

Négociation égalité pro : le calendrier s’étire, la patience s’épuise

Le coup du « desserrage » : l’art de repousser les urgences face aux obligations européennes

Vous pensiez que l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans la fonction publique était une priorité absolue du gouvernement ? Le ministère de la Fonction publique vient pourtant de décider de « desserrer » le calendrier des négociations. Derrière ce terme poli se cache une réalité brutale : un énième report des discussions pour trouver un prétendument « climat propice », alors même que les échéances juridiques internationales se rappellent à l’État.

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Image d’illustration générée via Nano Banana.

Quatre points clés caractérisent ce dossier :

  • Un calendrier élastique : Les cycles de discussions entamés au plan national sont étirés, repoussant la signature d’un accord contraignant à des horizons lointains.
  • Le blocage européen du 7 juin 2026 : Ce report est d’autant plus inacceptable que l’État français est désormais officiellement en retard. La date butoir du 7 juin 2026 pour la transposition de la directive européenne 2023/970 sur la transparence des rémunérations dans le droit national a été franchie sans que les décrets d’application pour les agents publics ne soient finalisés.
  • Des écarts de rémunération persistants : Dans l’Éducation nationale, malgré les grilles indiciaires théoriquement neutres, l’accès aux primes, aux heures supplémentaires et aux corps de catégorie A les plus valorisés reste statistiquement défavorable aux agentes.
  • La charge mentale administrative : Les personnels administratifs et médico-sociaux, filières très largement féminisées, restent les parents pauvres des revalorisations de carrières.

La position d’Action & Démocratie  Corse

Ce report permanent doublé d’un hors-jeu juridique européen est un signal désastreux. L’égalité ne se négocie pas à pas de loup ; elle exige des mesures budgétaires immédiates sur le point d’indice et la revalorisation des filières les plus féminisées, conformément aux obligations de transparence.

Dans notre académie, la précarité des personnels contractuels administratifs et d’accompagnement (AESH – Accompagnants des élèves en situation de handicap), très majoritairement des femmes, est accentuée par l’insularité. Attendre pour négocier et ignorer les règles européennes, c’est maintenir ces collègues dans une vulnérabilité économique intenable face à la cherté de la vie locale.

« Le calendrier ne doit pas servir d’excuse à l’inaction collective face aux obligations juridiques et aux inégalités réelles. »

Le bureau académique Action & Démocratie Corse

Source : acteurspublics.

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