Autonomie de la Corse, la clause de non-régression sociale est une garantie décisive !

Le syndicat de tous les personnels de l'Éducation nationale.

Communiqué

Le texte sur l’autonomie de la Corse vient de franchir une étape historique à l’Assemblée nationale.

Au cœur des débats en première lecture : l’introduction d’une clause de non-régression sociale.

Pour Action & Démocratie Corse, cette garantie majeure valide notre combat pour le « mieux-disant » et pose les bases de protections indispensables pour l’avenir des agents de l’Éducation nationale.

Avez-vous mesuré le changement historique qui se prépare pour nos métiers ?

Si le rapport « Autonomia » validé par l’Assemblée de Corse trace la voie d’une évolution institutionnelle d’ampleur, le vote en première lecture à l’Assemblée nationale apporte une sécurité juridique que nous réclamions de longue date. En intégrant le principe d’une clause de non-régression sociale, le législateur pose un garde-fou capital.

Pour tous les personnels de notre académie, c’est la certitude que l’avenir ne se construira pas au détriment de leurs droits.

Le « mieux-disant social » : une exigence syndicale signée Action & Démocratie Corse

Depuis le début des discussions sur l’évolution statutaire de l’île, Action & Démocratie Corse martèle la même exigence : le statut d’autonomie doit être un levier de progrès, pas un vecteur de précarisation. La notion de « mieux-disant », que nous portons avec force, exige que les normes locales soient toujours plus favorables que le droit commun, ou au minimum équivalentes.

L’introduction de la clause de non-régression sociale à l’Assemblée nationale répond directement à cette préoccupation. Elle fait écho à l’engagement de la délibération n’ 23/089 AC de l’Assemblée de Corse qui prévoit des « mécanismes juridiques et politiques instituant des effets cliquets ». L’objectif est clair : la production de lois ou de règlements par la future Collectivité autonome ne pourra en aucun cas conduire à un recul des acquis sociaux. Vos droits seront préservés, voire améliorés.

Transfert de la compétence éducation : pas de transfert sans moyens humains !

Le rapport « Autonomia » envisage explicitement le transfert à la Collectivité autonome de Corse de la « politique de l’éducation, y compris l’enseignement secondaire ». Article 11.1, Délibération n° 23/089 AC de l’Assemblée de Corse.

Pour de nombreux collègues, cette perspective de devenir fonctionnaire territorial soulève des questions légitimes sur la gestion des carrières, le mouvement ou le régime indemnitaire.

Sur ce point, notre ligne syndicale est d’une fermeté absolue : aucun transfert de compétences ne pourra s’opérer sans le transfert simultané et intégral des moyens humains et financiers correspondants.

L’article 13 de la délibération de l’Assemblée de Corse est d’ailleurs sans équivoque à cet égard :

«EXIGE que tout transfert de compétence implique les transferts de
moyens humains et financiers correspondants.» Article 13, Délibération n° 23/089 AC de l’Assemblée de Corse.

Action & Démocratie Corse veillera à ce que l’État ne se désengage pas et que chaque poste, chaque dotation horaire globale (DHG) et chaque garantie de carrière soient sanctuarisés.

« Les transferts de personnels seront précédés d’un cycle de discussions sectorielles, avec les membres, organisations syndicales et professionnelles. » – Article 14.1, Délibération n° 23/089 AC de l’Assemblée de Corse.

Action & Démocratie Corse : votre vigie face aux réformes

Le principe de progressivité retenu pour la mise en œuvre de l’autonomie doit nous permettre de négocier chaque avancée. Des groupes de travail thématiques devront impérativement associer les organisations syndicales pour baliser les contours de la future fonction publique territoriale corse.

Action & Démocratie Corse y participera avec un objectif unique : défendre le statut des agents et imposer le modèle du mieux-disant dans les domaines du droit du travail et de la protection sociale.

L’autonomie ne doit pas être synonyme d’isolement, mais d’émancipation réussie et sécurisée pour les personnels qui font vivre l’école publique en Corse.

Le bureau académique Action & Démocratie Corse

Sources :

Ne restez pas isolés face au changement !

Restez informés et pesons ensemble sur les futures négociations statutaires.

👉 Adhérez à Action & Démocratie Corse : protégez vos droits, exigez le mieux-disant !

Retraite, prends l’oseille et tire-toi avant que le corps ne dise « Stop » !

Retraite, prends l’oseille et tire-toi avant que le corps ne dise « Stop » !

Avez-vous remarqué à quel point nos gouvernants adorent votre dévouement ? Plus vous êtes fatigué, plus on vous explique qu’un petit effort supplémentaire serait « bon pour le service ». Mais au fond, est-ce pour le service ou pour vous enterrer sous les dossiers avant d’avoir touché votre premier chèque de pension de retraite ? Entrons dans le vif du sujet, sans langue de bois.

Photo de Matt Bennettsur Unsplash

L’espérance de vie et le grand malentendu des statistiques

C’est bien connu, les circulaires ministérielles ont le chic pour transformer les vessies en lanternes et les statistiques de l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Études Économiques) en promesses de l’aube. On vous serine qu’à 65 ans, vous avez encore vingt ans de cavale devant vous. C’est mathématique, c’est écrit sur le papier. Mais ce que le bureaucrate oublie de préciser, c’est que sur ces vingt piges, il n’y en a qu’une petite dizaine à vivre sans que les articulations jouent les castagnettes ou que la tête ne déraille.

À vouloir jouer les prolongations derrière un bureau ou devant une classe de trente-cinq fauves pour « sécuriser l’avenir », vous ne gagnez pas du galon. Vous donnez un tiers de vos années valides à une administration qui oubliera votre nom avant que votre successeur n’ait signé son procès-verbal d’installation. Les portefeuilles se reconstituent, les trimestres se comptent, mais le temps qui reste, lui, ne fait pas de crédit.

Pension de retraite : la surcote, ou l’art de troquer un cheval de course contre un canasson borgne

Parlons-en de la surcote, ce miroir aux alouettes réglementaire détaillé sur les sites officiels. Prenons un exemple concret, celui des simulations de la Direction générale des finances publiques via le site Retraites de l’État.

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Considérons le cas de « Brigitte S., fonctionnaire de la catégorie sédentaire nés le 2 mars 1962 bénéficie d’un âge légal de départ à la retraite à 62 ans et 6 mois. Sa durée d’assurance requise pour une pension à taux plein est de 169 trimestres, durée validée à ses 62 ans et 6 mois. Elle poursuit son activité jusqu’à ses 64 ans, soit le 20 mars 2026. Elle totalise à cette date 175 trimestres en durée d’assurance. Le montant de sa pension avant surcote est de 1750 €.

Elle bénéficie d’une surcote de :

175 trimestres – 169 trimestres = 6 trimestres de surcote

Le taux de surcote dans le cas de Brigitte est de 1,25 %, le coefficient appliqué au montant de sa pension sera donc de : 6 x 1,25 soit 0,075.

Le montant de la surcote sera de : 1 750 € x 0,075 soit 131,25 € »

Courageuse (ou mal conseillée), elle pousse le zèle jusqu’à ses 64 ans, totalisant 175 trimestres pour un bonus de 131,25 € par mois. Magnifique sur la feuille de paie, non ?

Sortons la calculette syndicale d’Action & Démocratie Corse. Pour empocher ces 131,25 € supplémentaires, Brigitte s’est assise joyeusement sur 18 mois de pension complète à 1 750 €. Elle a donc laissé sur la table de l’État la bagatelle de 31 500 € qu’elle aurait pu toucher en restant chez elle, les pieds dans le sable de Santa Giulia (classée en 35e position sur les cinquante plus belles plages du monde).

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Santa Giulia - ©️Collection privé - Autorisation AD Corse

Pour que cette prolongation devienne rentable, il faudra que Brigitte vive et touche sa pension majorée pendant exactement 20 ans (240 mois) !

Elle n’atteindra le point d’équilibre financier qu’à l’âge de 84 ans. Bref, elle a financé son propre épuisement au bénéfice des économies de l’État.

À ce niveau de rentabilité, ce n’est plus un plan de retraite, c’est un pari sur la cryogénisation. Travailler 18 mois de plus pour courir après son propre argent jusqu’à 84 ans, c’est l’assurance d’arriver devant le créateur avec des trimestres en rab, mais les genoux en miettes. Bercy adore ce genre de profil : des agents tellement dévoués qu’ils préfèrent faire don de leur capital santé à l’administration plutôt que de risquer de s’ennuyer à la retraite. Un conseil : si vous tenez absolument à faire un legs de 30 000 € à quelqu’un, choisissez plutôt Action & Démocratie Corse. L’État, lui, a déjà de quoi s’acheter des calculettes neuves pour continuer à vous plumer, comme avec les primes qui ne sont pas prises en compte pour le calcul de la retraite.

Quand la famille s’invite dans l’équation

Chez nous, la solidarité familiale n’est pas un vain mot, c’est une institution. Mais quand le travail vous essore d’un côté et qu’un parent âgé perd son autonomie de l’autre, la situation devient vite intenable. Les maisons de retraite médicalisées affichent des tarifs qui feraient blêmir un ministre des Finances.

Choisir de partir plus tôt pour permettre à un parent de rester chez lui, ce n’est pas seulement un geste de cœur. C’est parfois plusieurs dizaines de milliers d’euros que la famille ne dépense pas.

Anticiper son départ en retraite, c’est aussi pouvoir activer les dispositifs légaux, comme l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) ou le congé de proche aidant pour un parent sans attendre le burn-out généralisé.

L’usure du terrain : la santé n’est pas une variable d’ajustement financier

Entre les réformes menées à la hussarde, le « pas de vague » institutionnel et le management de supérette qui a envahi les établissements, nos métiers détruisent la santé nerveuse et physique. Prolonger sa carrière quand les finances permettent de plier bagage, ce n’est plus de la gestion de patrimoine, c’est du masochisme déguisé en rigueur budgétaire.

La loi prévoit des portes de sortie : carrières longues, retraite pour inaptitude ou compte professionnel de prévention (secteur privé). Ne partez pas du principe que cela ne vous concerne pas. Si le métier vous abîme, chaque année supplémentaire passée dans l’arène est un chèque en blanc signé à la maladie.

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Photo de Hans Moermansur Unsplash

Recommandations d’Action & Démocratie Corse

Pour ne plus naviguer à l’aveugle et éviter de laisser votre santé au Rectorat, notre syndicat vous conseille d’activer immédiatement votre stratégie de sortie :

  1. Exigez vos chiffres : contactez le Service des Retraites de l’État (Contact – Actif – 02 40 08 87 65) et demandez une simulation comparative écrite : un départ au taux plein exact vs un départ un an plus tard.
  2. Carrière privé / public : contactez aussi le site INFO RETRAITE – Mes droits.
  3. Refusez le sacrifice gratuit : si votre taux plein est atteint, que vous n’avez pas d’enfant en poursuite d’étude, de crédit important et que votre situation financière le permet, la question n’est plus comptable, elle est humaine et médicale.

« Le jour où on mettra les cons sur orbite, t’as pas fini de tourner. » (« Le Pacha » – Michel Audiard)

Ne faites pas comme la pauvre Brigitte S., qui, a déjà enfilé sa combinaison de spationaute. Elle tourne en orbite géostationnaire au-dessus de son enveloppe de 31 500 € perdus, en espérant que la gravité la ramène sur terre avant ses 84 ans.

Le bureau académique Action & Démocratie Corse

En attendant, rejoignez Action & Démocratie Corse !

(Et après la retraite aussi, il n’y a d’âge pour le syndicalisme.)

Pour défendre vos droits, votre santé et votre liberté,

adhérez au syndicat du bon sens et du terrain.

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L’IA dans la fonction publique ou la révolution silencieuse des bureaux

L'IA dans la fonction publique ou la révolution silencieuse des bureaux

Une révolution silencieuse s’est emparée des couloirs de la fonction publique, et elle ne vient pas seulement d’en haut. Si le gouvernement annonce fièrement que plus d’un million d’agents sont désormais concernés par le déploiement de l’IA, la réalité du terrain est encore plus frappante : selon une enquête menée auprès de 2 000 agents publics, 89 % utilisent déjà l’IA pour des raisons professionnelles avec toutes les questions d’éthiques, de confidentialité et de sécurité que cela soulève.

Photo de Igor Omilaev sur Unsplash

L’intelligence artificielle n’est plus une promesse futuriste de salon technologique ; c’est une réalité quotidienne qui redéfinit la relation entre l’agent, l’usager et le savoir. Entre l’enthousiasme pour le gain de temps et les inquiétudes sur la déshumanisation, nous traversons une phase de transition paradoxale. Le défi n’est plus seulement technique, il est politique : comment intégrer ces agents conversationnels (LLM) sans transformer nos agents publics en simples exécutants d’algorithmes ?

L’agent reste le seul maître à bord (et c’est une règle d’or)

Dans le déploiement actuel de l’IA générative, un principe de responsabilité absolue a été gravé dans le marbre : l’IA propose, l’agent décide. L’outil est strictement positionné comme un assistant d’expertise et non comme un substitut. Cette distinction est le rempart indispensable contre une standardisation du service public qui gommerait la complexité humaine des dossiers citoyens.

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Photo de Scott Graham sur Unsplash

En pratique, cela signifie qu’aucune décision administrative ne peut être automatisée sans une supervision humaine rigoureuse. L’agent conserve la paternité juridique de ses actes. La recommandation est claire : chaque compte rendu, chaque synthèse ou chaque réponse préparée par un LLM doit faire l’objet d’une validation humaine systématique. C’est dans ce discernement que réside la valeur ajoutée du fonctionnaire.

« Notre IA ne doit pas non plus standardiser le service rendu aux citoyens : la force du service public ne réside pas seulement dans le traitement de l’information. Elle réside dans le discernement, l’écoute, le sens de l’intérêt général, la responsabilité et la relation humaine. » — David Amiel, Ministre de l’Action et des Comptes publics.

Consulter le Guide d’usage de l’intelligence artificielle pour les agents de l’État : ici

L’angle mort de la Qualité de Vie au Travail (QVT)

Alors que les discours officiels se focalisent sur les gains de productivité, un angle mort persiste : l’impact psychologique sur les agents. Une étude majeure de la Mutuelle Nationale Territoriale (MNT), menée en partenariat avec le CNFPT et l’Inet, souligne que si l’IA peut favoriser l’autonomie, elle génère des pressions « invisibles » rarement anticipées par les directions.

L’aspect technologique occulte souvent la charge mentale induite par la transformation des métiers. L’étude identifie plusieurs risques majeurs pour la QVT :

  • Des représentations divergentes : L’outil est perçu très différemment selon les services, créant des décalages de compétences.
  • L’absence de vision partagée : Un manque de compréhension sur les finalités réelles de l’IA au sein des organisations.
  • La pression de la performance : Une attente de rapidité accrue qui peut nuire à la qualité de l’analyse.

 Le paradoxe de la transparence et le rapport « fantôme »

C’est ici que le récit se corse. Alors que le gouvernement multiplie les annonces, une zone d’ombre diplomatique entoure un rapport inter-inspections crucial.

Ce document, visant à quantifier l’impact de l’IA sur les effectifs, est actuellement bloqué par le cabinet du Premier ministre, Sébastien Lecornu.

Plus troublant encore pour un observateur des politiques d’État : cette mission avait été initialement commandée sous le gouvernement Bayrou. Ce passage de témoin politique semble avoir enfoui les conclusions sous une chape de plomb. Cette rétention d’informations alimente un malaise profond avec les syndicats. Lors du groupe de travail du 18 juin, des syndicats ont exprimé un « goût amer » face à un projet « clé en main » présenté par David Amiel avant même toute réelle négociation. Entre la communication massive de Bercy et le silence de Matignon sur la transformation des métiers, la tension est à son comble.

 À l’école, l’élève a déjà pris une longueur d’avance

Le secteur de l’éducation nationale offre le contraste le plus saisissant de cette transition. Tandis que les élèves utilisent l’IA de manière quasi systématique pour leurs devoirs, une étude de l’OCDE de 2024 révèle que seulement 14 % des enseignants français l’intègrent à leur travail.

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Photo de Katja Ano sur Unsplash

L’IA s’est glissée comme un « tiers fantôme » entre l’élève et le professeur, bousculant le monopole du savoir. Pour que les enseignants reprennent l’avantage, l’enjeu se déplace vers le développement de l’esprit critique. Il s’agit d’apprendre aux élèves à naviguer entre les « hallucinations » (ces erreurs factuelles générées statistiquement par les modèles) et les biais algorithmiques. Le rôle du professeur mute : il ne transmet plus seulement le savoir, il devient le garant de sa véracité dans un océan de probabilités.

 

Une souveraineté à 750 000 euros

La généralisation de l’Assistant IA à plus d’un million d’agents de l’État repose sur un investissement de 750 000 euros. Au-delà du coût, c’est le choix de la pépite française Mistral AI qui est stratégique. L’enjeu ? Échapper aux griffes du Cloud Act américain. Cette législation permet aux autorités américaines d’accéder à des données hébergées par des entreprises US, même si les serveurs sont physiquement situés en Europe.

En misant sur des infrastructures souveraines, l’État protège les données des Français. Ce choix s’inscrit également dans une volonté d’« IA frugale ». Conscient du coût environnemental (consommation massive d’eau pour le refroidissement et d’énergie), l’État cherche à rationaliser les usages pour que l’innovation ne se fasse pas au détriment de l’éthique climatique.

Vers une administration « augmentée » ou automatisée ?

L’IA dans la fonction publique n’est pas un substitut, mais un assistant qui doit redonner du temps aux agents pour l’analyse complexe et le contact humain. Cependant, nous restons face à un dilemme : saurons-nous préserver la valeur de l’expertise humaine face à la séduction des probabilités statistiques ?

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Photo de Hitesh Choudhary sur Unsplash

La réponse ne viendra pas de la technologie elle-même, mais de la capacité des agents à se former et à s’approprier ces outils. Le dialogue social, pour l’instant crispé par les arbitrages préétablis du 18 juin, sera la clé de voûte de cette transition. L’objectif final reste de « choisir l’IA qu’on veut et ne pas subir l’IA qu’on ne veut pas. »

Au-delà du « Hype »

Depuis novembre 2022 et l’onde de choc provoquée par ChatGPT, l’intelligence artificielle est devenue l’alpha et l’oméga des discours sur le futur du travail. Pourtant, cette omniprésence médiatique sature l’espace au point de masquer une réalité beaucoup plus instable sur le terrain. Si nous utilisons massivement ces outils, comprenons-nous vraiment ce qu’ils font à nos organisations, à notre rapport au savoir et à notre planète ?

Derrière la promesse d’une révolution sans précédent, l’IA agit souvent comme un écran de fumée pour des projets non aboutis ou des investissements sans boussole. Il est temps de porter un regard nuancé sur cet outil : ni baguette magique, ni apocalypse, mais une technologie de probabilités qui redéfinit radicalement la place de l’humain.

 L’IA n’est pas un cerveau, c’est une « autocomplétion géante »

Le plus grand malentendu actuel consiste à prêter une « pensée » ou une « conscience » aux Large Language Models (LLM). Contrairement au mythe de la machine pensante, l’architecture « Transformer » — introduite par Google en 2017 — ne cherche pas une réponse dans une base de données. Elle « regarde toute la phrase en même temps pour mieux comprendre le contexte » afin de calculer mathématiquement le mot suivant le plus probable.

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Photo de Stephen Dawson sur Unsplash

C’est une autocomplétion monumentale qui a ingéré presque tout le web. Si elle nous semble si humaine, c’est parce qu’elle a été « polie » par des formateurs humains pour s’exprimer de manière naturelle. Cette nature statistique explique les « hallucinations » : l’IA privilégie la cohérence de la phrase sur la vérité des faits, inventant des lois ou des sources avec un aplomb désarmant. La vigilance est donc de mise face à un outil qui a appris l’art de la conversation sans jamais saisir le sens du monde réel.

« Les machines peuvent-elles penser ? » — Alan Turing, article dans la revue Mind, 1950.

 Le paradoxe de la croissance : Beaucoup de bruit pour (presque) rien ?

Le constat économique est aujourd’hui dérangeant : malgré des investissements colossaux, la contribution de l’IA à la croissance globale est quasi nulle. Comme l’analyse le sociologue Yann Ferguson, le blocage n’est pas technique, mais organisationnel. On observe un « biais de l’outil » où les dirigeants, munis du « marteau-IA », voient des clous partout sans avoir identifié de problèmes réels à résoudre.

Plus frappant encore : 64 % des dirigeants investiraient aujourd’hui sans vision claire de la valeur ajoutée, poussés par la peur d’être « en retard » suite aux discours alarmistes de fournisseurs jouant les pompiers-pyromanes. Trois récits s’affrontent alors dans les couloirs des entreprises :

  • Le récit Darwinien : l’IA éliminera ceux qui refusent de s’adapter.
  • Le récit Prométhéen : elle nous libérera des tâches mécaniques pour nous rendre notre créativité.
  • Le récit Taylorien : elle standardisera les savoir-faire, renforçant la surveillance et la prolétarisation.

Le succès de l’intégration ne dépendra pas de la puissance de calcul, mais de la capacité des entreprises à former leurs équipes et à intégrer les métiers dans la boucle de décision.

 L’IA est « assoiffée » : Le coût caché de chaque clic

L’élégance immatérielle de nos interfaces cache une empreinte environnementale massive. L’IA est une technologie énergivore. En 2024, les data centers consommaient 415 TWh (1,5 % de l’électricité mondiale). Ce chiffre pourrait bondir à 1 500 TWh d’ici 2030. Surtout, la complexité des contenus générés change la donne : la génération d’une seule vidéo courte consomme autant d’énergie que deux charges complètes d’ordinateur portable, soit 25 fois plus qu’un simple texte.

Le refroidissement de ces infrastructures est tout aussi critique. Une série de 10 à 50 requêtes sur GPT-3 consomme environ 500 ml d’eau. Au niveau mondial, la consommation d’eau des centres de données pourrait passer de 560 milliards de litres en 2023 à 1 200 milliards en 2030, une pression intenable pour les régions en stress hydrique. C’est le cœur du Paradoxe de Jevons : l’amélioration de l’efficacité technologique risque de provoquer un usage si massif qu’il annulera tout gain environnemental initial.

 Le côté obscur de la productivité

Ces coûts ne sont pas qu’écologiques, ils sont aussi culturels et sécuritaires, portés par deux phénomènes émergents :

  • La ShadowIA : L’usage clandestin d’IA gratuites par les salariés. Faute de cadre, des secrets de fabrication ou des données RH transitent par des serveurs non contrôlés, créant des failles de sécurité majeures.
  • Le Workslop : C’est la production de « slop », ces contenus médiocres et redondants générés par IA (comptes rendus de 50 pages, mails standardisés). Au-delà de l’ennui, c’est une véritable pollution communicationnelle qui noie le discernement humain et dégrade le lien social.
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Photo de Andres Siimon sur Unsplash

Le risque est une déconstruction-reconstruction des métiers où l’on perd « l’écoute » et la finesse de l’analyse critique. Si l’IA automatise le traitement de l’information, elle ne doit pas standardiser la pensée au point de nous faire perdre notre autonomie de réaction.

 La solution n’est pas technologique, elle est sociale

Puisque les méthodes descendantes ont échoué, la clé du succès réside dans le dialogue social. Les travaux du LaborIA démontrent que la réussite de l’IA repose sur la méthode des « Trois Dialogues » :

  1. Le dialogue technique : réunir les experts métiers pour concevoir des outils réellement utiles.
  2. Le dialogue professionnel : documenter les situations réelles de travail pour un diagnostic partagé.
  3. Le dialogue social continu : instaurer une transparence totale sur les algorithmes.

Cette approche garantit un triple succès : technologique (des systèmes plus efficaces), social (un collectif rassemblé) et professionnel. L’enjeu n’est plus l’outil, mais le « travail bien fait », celui qui honore le professionnel et donne du sens à sa mission.

« Puisque les autres méthodes ont démontré leur inefficacité, pourquoi ne pas opter pour le dialogue ? » — Guide technique de la CFE-CGC.

 Garder la main sur la machine

L’intelligence artificielle peut être un formidable levier de « temps libéré » pour l’humain, lui permettant de se recentrer sur le discernement et l’intérêt général. Mais ce gain de temps n’a de valeur que si nous ne l’échangeons pas contre notre responsabilité.

Sommes-nous prêts à troquer notre responsabilité politique, déontologique et éthique contre un simple gain de productivité statistique ?

La force du travail humain réside dans ce qu’aucune machine ne peut simuler : l’intuition, l’empathie réelle et la capacité à assumer les conséquences de ses actes.

Dans un monde de probabilités, le discernement humain reste notre boussole la plus précieuse. À nous d’en faire bon usage.

Le bureau académique Action & Démocratie Corse

Sources :

Guide technique CFE-CGC 2026 – IA (Réservé aux adhérents)

https://www.numerique.gouv.fr/offre-accompagnement/guide-usage-intelligence-artificielle/

https://acteurspublics.fr/articles/ia-dans-les-collectivites-la-qualite-de-vie-au-travail-grande-oubliee-des-projets-de-deploiement/

https://acteurspublics.fr/articles/dans-le-dialogue-social-les-negociations-autour-de-lia-souvrent-dans-un-climat-tendu/

https://acteurspublics.fr/articles/letat-generalise-son-assistant-ia-a-tous-les-agents-dans-une-version-amelioree/

https://acteurspublics.fr/articles/a-lecole-lia-reconfigure-la-relation-entre-eleves-et-enseignants/

https://acteurspublics.fr/articles/apres-une-prise-de-conscience-tardive-letat-esquisse-une-methode-de-travail/

https://acteurspublics.fr/articles/matignon-bloque-la-diffusion-dun-rapport-sur-limpact-de-lia-sur-les-effectifs-de-la-fonction-publique/

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Trois niveaux, une même force pour les salariés de Corse

Trois niveaux, une même force pour les salariés de Corse

Et si la vraie puissance syndicale ne tenait pas seulement à la contestation, mais à la capacité d’agir à tous les étages, du terrain local jusqu’aux instances nationales ?
Pour les personnels de l’Éducation nationale en Corse, comprendre le rôle respectif de la Confédération interprofessionnel CFE-CGC, de la Fédération des Services publics CFE-CGC et d’Action & Démocratie CFE-CGC est essentiel pour mesurer où se construisent les protections, les droits et les avancées concrètes : trois niveaux, une même force pour les salariés de Corse.

Photo de Imagine Buddysur Unsplash

Une confédération interprofessionnelle qui pèse au niveau national

La CFE-CGC est une confédération interprofessionnelle fondée en 1944, historiquement ancrée dans la représentation des cadres et de l’encadrement, et qui revendique aujourd’hui plus de 170 000 adhérents, plus de 10 000 sections syndicales, 27 fédérations, 96 unions départementales et 18 unions régionales. Ce socle national lui donne une capacité d’influence importante dans le dialogue social, y compris sur les sujets transversaux qui concernent les agents publics, les rémunérations, les retraites ou l’organisation du travail.

Son intérêt, pour les personnels de l’Éducation nationale, est clair : appartenir à une confédération représentative, structurée et reconnue, c’est bénéficier d’une force d’appui qui dépasse le seul périmètre académique. C’est aussi pouvoir faire remonter des revendications locales vers une architecture syndicale nationale capable d’intervenir dans les instances de haut niveau.

La Fédération des Services publics : le bon niveau pour la fonction publique

La Fédération des Services publics CFE-CGC ne couvre pas l’ensemble du privé ou de l’économie : elle se concentre sur la fonction publique, avec un périmètre qui englobe les trois versants — État, territorial et hospitalière — ainsi que les établissements publics EPIC et EPA. Elle a été créée en 1959 et traite des sujets touchant directement les agents publics : statut, qualité de vie au travail, santé et sécurité, retraites, handicap, carrières et rémunérations.

C’est précisément ce qui concerne le rendu stratégique pour les personnels de l’Éducation nationale. Dans un environnement où les décisions nationales pèsent fortement sur les conditions de travail, une fédération spécialisée permet de porter des revendications techniques, argumentées et adaptées aux réalités du service public. La Fédération indique disposer d’un siège au Conseil commun de la fonction publique et d’un siège au Conseil supérieur de la fonction publique de l’État, ce qui renforce sa capacité d’action institutionnelle. 

Action & Démocratie : la voix de terrain de l’Éducation nationale

Action & Démocratie CFE-CGC est un syndicat national dédié aux personnels de l’Éducation nationale, au sein de la fédération de la fonction publique CFE-CGC. Sa vocation est simple et puissante : défendre les intérêts matériels et moraux de la profession, sans renoncer à l’indépendance ni à la proximité avec le terrain.

Son organisation est pensée pour coller aux réalités académiques : un secrétariat national, un bureau national, des référents par corps, et dans chaque académie, un ou une président(e) académique entouré(e) d’une équipe locale. Pour la Corse, cette logique de proximité est particulièrement précieuse, car elle permet de relier les situations vécues dans les établissements aux arbitrages nationaux et confédéraux.

Des périmètres bien distincts

Il est utile de distinguer distinctement les trois niveaux. La CFE-CGC est la confédération, c’est-à-dire la maison commune interprofessionnelle qui donne le cadre stratégique, la représentation nationale et la visibilité globale. La Fédération des Services publics est le niveau sectoriel qui traite spécifiquement de la fonction publique dans son ensemble. Action & Démocratie est enfin le syndicat de spécialité, ancré dans l’Éducation nationale, avec une lecture métier, terrain et académie.

Cette articulation est un atout. Elle évite l’isolement des personnels, tout en permettant de transformer les remontées concrètes en prises de position crédibles dans les espaces de négociation et de concertation. Pour une académie comme celle de Corse, où les réalités de terrain exigent réactivité et finesse d’analyse, ce triptyque est particulièrement cohérent.

Trois portraits en quelques lignes

Christelle Thieffinne est, depuis juin 2026 la présidente de la CFE-CGC, élue lors du 39e congrès confédéral à Strasbourg. Ingénieure en génie des systèmes industriels, entrée à la CFE-CGC en 2004 après une carrière chez Thales, elle a gravi les responsabilités syndicales jusqu’à devenir une figure centrale de la protection sociale, avec une image de militante technique, rigoureuse et expérimentée.

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Photo CFE-CGC

Marie-Christine Caraty est la présidente de la Fédération des Services publics CFE-CGC, avec une forte expérience de la fonction publique d’État et des services fiscaux. Son parcours, notamment à la DGFiP et dans des responsabilités fédérales, illustre une expertise solide des enjeux de statut, de carrière et de représentation des agents publics.

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Photo CFE-CGC

Walter Ceccaroni est le président national d’Action & Démocratie CFE-CGC. À travers un syndicat résolument tourné vers les personnels de l’Éducation nationale, il incarne une ligne de proximité, d’indépendance et d’efficacité revendicative, avec une organisation structurée à l’échelle académique et nationale.

Walter Ceccaroni MULHOUSE

Photo Action & Démocratie

Pourquoi cela compte pour la Corse

Pour les personnels de l’académie de Corse, l’enjeu n’est pas seulement d’adhérer à un syndicat, mais de s’inscrire dans une organisation capable d’additionner à proximité, expertise et représentativité nationale. Dans les périodes où les réformes s’accélèrent, où les tensions sur les métiers s’aggravent et où le dialogue social devient plus technique, la solidité d’une confédération interprofessionnelle peut faire la différence.

C’est aussi un choix de méthode. Appartenir à une structure nationale représentative, c’est pouvoir faire remonter les situations corses sans les diluer, tout en bénéficiant d’un appui institutionnel pour défendre les dossiers avec sérieux et constance. Autrement dit, l’échelle nationale ne remplace pas le terrain : elle lui donne du poids.

L’Union régionale CFE-CGC de Corse : le pont entre le terrain local et les instances nationales

L’Union régionale CFE-CGC de Corse occupe une place stratégique dans l’organisation syndicale. Son rôle consiste à fédérer les syndicats et les adhérents de toute l’île, à coordonner les actions syndicales de la CFE-CGC en Corse, à relayer les positions nationales tout en les adaptant aux réalités locales, et à porter des revendications spécifiques liées aux particularités du secteur privé comme de la fonction publique en Corse. En pratique, cette structure permet de faire remonter les enjeux corses (statut, carrières, rémunérations, conditions de travail, santé et sécurité) vers les interlocuteurs institutionnels régionaux et les instances nationales. Pour les personnels de l’académie de Corse, appartenir à une organisation intégrée à l’Union régionale CFE-CGC garantit que leurs situations ne sont pas traitées de manière isolée, mais comme une partie d’un ensemble cohérent, avec une voix collective qui a plus de poids dans le dialogue social.

UR Corse accord

Image d’illustration générée via Nano Banana.

Une confiance confirmée

Au terme de cette lecture, une idée s’impose : dans l’Éducation nationale, la force syndicale utile est celle qui sait relier le local au national, le métier à l’institution, et la revendication à la négociation. C’est dans cet esprit que nous pouvons témoigner notre confiance à Christelle Thieffinne, Marie-Christine Caraty et Walter Ceccaroni, dont les responsabilités respectives traduisent une même exigence de sérieux, de représentation et d’engagement.

L’avenir du syndicalisme dans l’Éducation nationale passera sans doute par cette capacité à défendre avec précision, à proposer avec méthode et à représenter avec loyauté. La vraie question est donc simple : dans un monde du travail en recomposition, qui aura encore la force de porter la voix des personnels jusqu’aux lieux où se décident réellement les choses ?

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Service public bradé, exécutif sourd

39e congrès CFE-CGC : la nouvelle équipe confédérale

Service public bradé, exécutif sourd, face au recul social, la riposte commence dans les urnes !

L’Éducation nationale s’enfonce chaque jour un peu plus dans une crise profonde : salaires en berne, réformes absurdes déconnectées du terrain, management hors sol et perte de sens généralisée. Vous sentez-vous entendus ou simplement administrés comme de simples variables d’ajustement ?

Si vous pensiez que le syndicalisme traditionnel s’essoufflait, détrompez-vous.

Le 39e congrès confédéral de la CFE-CGC, qui s’est tenu à Strasbourg les 10 et 11 juin 2026, a envoyé un signal d’une puissance rare. Action & Démocratie en la présence de Walter Ceccaroni, (Président national) et de René Chiche (Vice-président national) y était pour porter votre voix, celle de la majorité silencieuse. La coupe est pleine, et la riposte s’organise.

39e congrès CFE-CGC : la nouvelle équipe confédérale
39e congrès CFE-CGC : la nouvelle équipe confédérale

Le constat sans concession de François Hommeril : l’exécutif face à ses responsabilités

Le président sortant de notre confédération, François Hommeril, n’a pas mâché ses mots lors de son discours d’adieu. Fustigeant un pouvoir exécutif sourd aux alertes des travailleurs et dogmatique, il a rappelé le traumatisme de la casse sociale orchestrée ces dernières années. La colère est intacte, la détermination aussi.

« Le drame de notre époque est que la politique s’est mise au service des marchés, là où il devait les encadrer, et protéger la société de leur volonté inextinguible de s’étendre à l’infini, le seul horizon admissible de leurs profits… Puis vint le macronisme, l’apothéose du renoncement. J’ai vu des ministres imbéciles, y compris parfois le premier d’entre eux, incapables de rien comprendre de ce à quoi ils sont censés commander. »

— François Hommeril.

En Corse, cette réalité frappe de plein fouet nos établissements. La « smicardisation » de l’Éducation nationale n’est plus une menace lointaine, c’est le quotidien de bien de nos collègues ; à quand la « clochardisation » ? Quand la hiérarchie impose le « pas de vague » au détriment de la sécurité et du respect des agents, le syndicalisme d’action devient un devoir de légitime défense.

L’union fait la force, une intersyndicale unie face à l’adversité

Face à un rouleau compresseur antisocial, la dispersion est un luxe que nous ne pouvons plus nous offrir. Le signal envoyé à Strasbourg est fort : la présence des dirigeants des quatre autres confédérations interprofessionnelles représentatives de France (CGT, CFDT, FO et CFTC) prouve que les lignes bougent.

« L’unité syndicale peut réconcilier pas mal de citoyens et de citoyennes avec l’action collective. »

— Marylise Léon, Secrétaire générale de la CFDT,en visite au 39e congrès confédéral de la CFE-CGC à Strasbourg.

« Je veux remercier Emmanuel Macron et Patrick Martin (président du Medef) qui nous soudent. »

— Sophie Binet, Secrétaire générale de la Confédération générale du travail CGT, en visite 39e au congrès confédéral de la CFE-CGC à Strasbourg.

L’heure est au front commun. Au-delà des divergences de chapelles, les organisations syndicales font le choix de l’unité d’action sur les dossiers fondamentaux : salaires, conditions de travail et défense des services publics.

Action & Démocratie s’inscrit pleinement dans cette dynamique. Nous croyons en un syndicalisme utile, un syndicalisme qui ne se contente pas d’accompagner le déclin ou de signer des compromis de salon, mais qui combat fermement sur le terrain et devant le Tribunal Administratif ou le Conseil d’État quand il le faut.

Fonction publique, l’intersyndicale presse Matignon d’agir sur les salaires

Cette unité d’action ne se limite pas aux discours de tribune ; elle se traduit par une offensive frontale et coordonnée envers Matignon. Par deux courriers successifs, datés du 18 mai et du 10 juin 2026, l’intersyndicale de la fonction publique (CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP) a alerté le Premier ministre sur l’urgence salariale majeure qui frappe les 6 millions d’agents publics.

Service public intersyndicale
Fonction publique : l’intersyndicale presse Matignon d’agir sur les salaires

Les organisations dénoncent une « smicardisation » galopante, illustrée par le chiffre alarmant de 862 000 agents désormais contraints de percevoir une indemnité différentielle pour ne pas tomber sous le niveau du salaire minimum. Face à un gouvernement qui qualifie le système de rémunération d’« obsolète » pour mieux justifier son inertie.

« L’intersyndicale exige une revalorisation immédiate et significative de la valeur du point d’indice, indexée sur l’inflation, ainsi que le rétablissement de la garantie individuelle de pouvoir d’achat (GIPA). »

Le refus persistant du Premier ministre de recevoir les secrétaires généraux en personne est jugé inacceptable par les représentants des personnels, qui voient dans ce mutisme un signe de mépris envers des missions essentielles à la cohésion du pays.

Lire les courriers :

Élections professionnelles 2026, c’est le moment de reprendre le contrôle

Le véritable pouvoir des personnels de la fonction publique va s’exprimer massivement d’ici quelques mois.Les élections professionnelles de 2026 ne seront pas un simple scrutin administratif de plus ; elles seront un référendum contre le mépris et la dégradation de nos métiers.

Chaque voix comptera pour imposer un rapport de force favorable face au Rectorat et au Ministère.

Voter, c’est choisir qui vous défendra lors des CSA-A (Comité Social d’Administration Académique) ou des CAPA (Commission Administrative Paritaire Académique). C’est maintenant ou jamais le moment de vous mobiliser. Si vous voulez que votre travail et votre mérite soient reconnus, la réponse est dans votre bulletin de vote.

Brisez le silence

Les constats ne suffisent plus, il faut agir. Le premier acte de résistance, c’est l’engagement collectif.

Nous vous lançons un appel solennel : mobilisez-vous, syndiquez-vous.

Faites-le là où vos convictions vous portent, quel que soit le syndicat, car un service public fort a besoin de personnels syndiqués et debout.

Évidemment, nous préférerions que votre choix se porte sur Action & Démocratie, un syndicat libre, indépendant de tout parti politique et qui refuse la langue de bois.

Ne subissez plus les réformes absurdes en restant isolés. Rejoignez-nous pour rebâtir une école de l’exigence et du respect.

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La grande smicardisation de l’Éducation nationale frappe la Corse de plein fouet

La grande smicardisation de l’Éducation nationale frappe la Corse de plein fouet

Salaires : la grande smicardisation

L’augmentation du SMIC au 1er juin 2026 lève le voile sur une réalité amère : l’effondrement des grilles indiciaires de la Fonction publique.

Entre l’artifice technique de l’indemnité différentielle et la réalité insulaire de la vie chère, Action & Démocratie Corse tire la sonnette d’alarme. Nos agents méritent un salaire, pas de l’aumône.

SMIC 2

Au minimum 700 000 agents supplémentaires vont devoir percevoir l’indemnité différentielle pour ne pas basculer sous le SMIC légal (s’ajoutant aux 356 000 qui la touchent déjà).

Avez-vous travaillé dur, passé des concours ou accumulé des années d’ancienneté pour vous retrouver payé exactement au même niveau qu’un débutant ? C’est pourtant le sentiment de spoliation qui domine chez des milliers de collègues en ce mois de juin 2026. À chaque revalorisation automatique du SMIC (Salaire minimum interprofessionnel de croissance), l’histoire se répète : l’État employeur refuse d’augmenter la valeur du point d’indice de manière proportionnelle. Résultat ? Une perte de sens du travail, une grille indiciaire totalement écrasée et une paupérisation galopante de nos personnels, particulièrement ici, en Corse.

Le scandale de l’indemnité différentielle : travailler plus pour gagner pareil

Pour masquer son refus de refondre les grilles salariales, l’administration utilise un artifice technique intolérable : l’indemnité différentielle. Le principe est cynique. Puisqu’il est illégal de payer un agent en dessous du SMIC (désormais à 1 867,02 € brut), l’État verse une prime compensatrice pour combler l’écart entre votre indice réel et le salaire minimum.

SMIC 1

Cette indemnité masque le problème, écrase les carrières et n’est pas prise en compte pour le calcul de la retraite.

Mais quel est l’effet pervers de ce dispositif ? Il annihile toute progression de carrière.

Lorsque vous gagnez un échelon, votre indice augmente légèrement, mais votre indemnité différentielle baisse d’autant. Votre gain réel sur votre fiche de paie ? Zéro euro.

Cette indemnité masque le problème, écrase les carrières et n’est pas prise en compte pour le calcul de la retraite.

Le mécanisme de l’indemnité différentielle est une insulte à la reconnaissance des compétences. Il transforme la Fonction publique en une machine à fabriquer des smicards de carrière.

Ce tassement ne touche plus seulement les premiers échelons de la catégorie C. Il s’étend désormais massivement sur la catégorie B et rattrape dangereusement le début de la catégorie A. C’est l’ensemble du pacte social de la Fonction publique qui est piétiné.

Exemples :

  • Catégorie B (avec 6 ans d’ancienneté) : Seulement +33 € bruts/mois par rapport au SMIC (contre +128 € en 2023).
  • Catégorie A (Début de carrière) : Rattrapés à leur tour, un agent au 1er échelon ne touchera plus que +77 € bruts/mois au-dessus du SMIC.
  • Catégorie C (avec 19 ans d’ancienneté) : Ne touchera plus en moyenne que +38 € bruts/mois par rapport au SMIC.

Source : Acteurs publics

Startup Dindons sauvages

19 ans d’ancienneté pour gagner 38 euros de plus que le SMIC… À ce tarif-là, même le plus patient des agents publics pense à abandonner la fonction publique pour ouvrir une start-up de dindons sauvages dans l’Alta Rocca.

En Corse, l’insularité transforme la stagnation en précarité absolue

Si la situation est critique sur le continent, elle devient dramatique en Corse. L’analyse économique de notre région est sans appel : l’inflation sur les produits de première nécessité et le coût prohibitif des carburants et des transports créent une double peine pour les agents insulaires.

Vivre en Corse avec le seul SMIC, ou avec un temps partiel subi, est devenu un tour de force quotidien. Nos collègues AESH (Accompagnants des élèves en situation de handicap) et AED (Assistants d’éducation) sont en première ligne de cette violence économique. Payés sur la base de contrats à temps incomplet, leurs salaires nets stagnent souvent bien en dessous du seuil de pauvreté, alors que le panier de la ménagère à Ajaccio ou Bastia explose.

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Total

54,91 €

65,47 €

10,56 €

19,23 %

L’indemnité de résidence ne compense plus rien face à la flambée immobilière et aux coûts de transport obligatoires pour se rendre sur les lieux de travail.

Refondre les grilles, indexer les salaires : les exigences d’Action & Démocratie

On ne résoudra pas la crise de l’attractivité de nos métiers avec des primes d’intéressement au mérite ou des rustines administratives. Le constat est clair : le système actuel est à bout de souffle. Le calcul de la rémunération doit reposer sur la valeur du travail et l’évolution des qualifications, pas sur des subventions d’équilibre minimales.

Action & Démocratie Corse refuse cette politique du gouvernement qui consiste à aligner tout le monde par le bas. Nous n’acceptons pas que l’ancienneté et l’engagement professionnel soient ainsi balayés. La dignité des personnels de l’Éducation nationale passe par des mesures d’urgence, fortes et immédiates.

Recommandations et plan d’action d’Action & Démocratie Corse

Pour sortir de cette impasse et garantir un avenir digne à tous les personnels de l’académie, Action & Démocratie exige :

  • L’intégration immédiate de l’indemnité différentielle dans le traitement de base par une refonte complète et immédiate de toutes les grilles indiciaires.
  • L’indexation automatique de la valeur du point d’indice sur l’inflation pour préserver définitivement le pouvoir d’achat.
  • La revalorisation immédiate de l’indemnité de résidence en Corse pour prendre en compte la réalité de la vie chère insulaire.
  • La fin des temps incomplets subis pour les AESH et les AED, avec une véritable reconnaissance de leur statut et de leurs missions.

Lisez également : https://actionetdemocratie-corse.fr/le-scandale-du-smic-de-la-fonction-publique/

Ne subissez plus la smicardisation de votre métier !

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pour imposer une véritable justice salariale et défendre vos droits.

 

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Votre travail doit correspondre à votre grade

Votre travail doit correspondre à votre grade

Quand l’administration réinvente « L’Oreille cassée »

Toute ressemblance avec une situation ou des personnes existantes ou ayant existé serait fortuite et le fruit du hasard… ou d’une gestion des ressources humaines particulièrement créative. Théoriquement, votre travail doit correspondre à votre grade.

 Le syndrome du colonel Diaz

Vous connaissez l’histoire ? Dans L’Oreille cassée, le général Alcazar promeut Tintin colonel. Le colonel Diaz fait remarquer qu’il y a déjà trop de colonel et pas assez de caporaux. Du coup le général Alcazar rétrograde son aide de camp, le colonel Diaz, au rang de simple caporal.

Caporal

Dans nos services administratifs, l’histoire se répète, mais avec une variante plus subtile : vous gardez votre titre de « caporal » (catégorie C), mais on vous demande de mener les batailles du « colonel » (catégorie A), le tout avec une solde qui ne permet même pas d’acheter les munitions. Est-il normal qu’un agent de catégorie C traite une volumétrie de dossiers supérieure et plus complexe que ses collègues de catégorie B ou B+, voir de A ?

Tatan et les Fonctionnaros

L’oreille cassée version administration

Le grand écart : quand la fiche de poste devient un roman de fiction

Dans un service théoriquement hiérarchisé. Exemple d’un service où un chef de catégorie A encadre trois agents. Jusque-là tout va bien. Logiquement, la complexité des tâches devrait suivre la lettre du grade : le A conçoit, le B coordonne, le C exécute.

Pourtant, la réalité de terrain offre parfois un spectacle digne du théâtre de l’absurde. On y voit un agent de catégorie C celui à qui l’on confie les dossiers « chauds », les calculs complexes et la gestion des crises, tandis que ses collègues mieux gradés (B et B+) naviguent sur des eaux plus calmes avec une charge de travail moindre.

C B

Cette situation n’est pas seulement agaçante pour l’ambiance de bureau ; elle est illégale. La jurisprudence est claire : si une fiche de poste modifie substantiellement les responsabilités d’un agent en lui confiant des missions ne relevant pas de son cadre d’emplois, elle peut être attaquée devant le tribunal administratif (CAA Marseille, 3 nov. 2015, n° 15MA01527).

« Votre grade doit correspondre à votre travail. L’inverse est une exploitation que l’administration nomme pudiquement « polyvalence ». ».

L’arme fatale : la transparence salariale et la Directive Européenne

Longtemps, le secret des salaires a été le meilleur allié de l’injustice. Mais le vent tourne.

Depuis le 1er juin 2026 : La Directive Européenne 2023/970 du 10 mai 2023 impose désormais une transparence totale. Elle s’applique à la fonction publique et stipule que les agents ont le droit de connaître les niveaux de rémunération des travailleurs accomplissant un même travail ou un travail de « valeur égale ».

Lire notre article : Vos droits à un salaire équitable

Directive europeenne 2023 70

Si vous effectuez le travail d’un catégorie B en étant payé comme un C, vous subissez une inégalité de traitement. L’administration ne peut plus se retrancher derrière le RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données) pour vous cacher les éléments de comparaison. La Cour de cassation, dans des arrêts récents (Cass. Soc. 8 mars 2023, n° 21-12.492), a validé le droit pour un agent d’obtenir les bulletins de paie de ses collègues (après occultation des données personnelles non pertinentes) pour prouver une discrimination ou une inégalité salariale.

Comment faire valoir vos droits ? Les recommandations d’Action & Démocratie

Ne restez pas le « colonel Diaz » de votre service, ruminant votre rancœur dans votre coin. Voici les leviers d’action :

  1. Exigez votre fiche de poste : C’est un document administratif communicable (Avis CADA 20153426). Si elle ne reflète pas votre réalité, ou si elle prouve que vous faites le travail d’un grade supérieur, c’est votre première preuve.
  2. Invoquez le droit à l’information : L’article L. 115-7 du Code Général de la Fonction Publique (CGFP) renforce votre droit à connaître les règles essentielles de l’exercice de vos fonctions.
  3. Saisissez le Défenseur des Droits : En cas d’inégalité de traitement manifeste, la décision-cadre n° 2022-139 souligne que l’employeur doit fournir les éléments de comparaison nécessaires pour rétablir un déroulement de carrière normal.
  4. Contactez Action & Démocratie Corse : Nous ne nous contentons pas de communiqués. Nous dénonçons ces situations.

Lisez également sur le même sujet :

https://actionetdemocratie-corse.fr/votre-grade-ne-correspond-plus-a-votre-travail/

https://actionetdemocratie-corse.fr/vos-droits-a-un-salaire-equitable/

https://actionetdemocratie-corse.fr/le-scandale-du-smic-de-la-fonction-publique/

Reprenez votre grade !

L’administration adore les agents dévoués qui ne comptent pas leurs heures et acceptent des missions « hors cadre » par conscience professionnelle. Mais la conscience professionnelle ne doit pas être le cache-misère de la paupérisation.

Recommandation d’Action & Démocratie Corse : Exigez d’avoir votre fiche de poste et comparez là à votre compte rendu d’entretien professionnel. Si votre charge de travail est inversement proportionnelle à votre indice, il est temps de demander une requalification ou une promotion accélérée.

Marre d’être le caporal qui fait le boulot du colonel ?

Qu’est-ce que « Tatan » ?

Ne reste plus seul face à la machine administrative.

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Ensemble, imposons la transparence et l’équité.

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Un syndicat utile n’accompagne pas le déclin : il le combat.

Un syndicat utile n’accompagne pas le déclin : il le combat.

Succès marquant de la rencontre avec François HOMMERIL, Président national CFE-CGC.

L’Éducation nationale et l’ensemble de nos services publics traversent une crise de sens sans précédent. En Corse, cette situation est aggravée par une précarité matérielle persistante et un coût de la vie asphyxiant. Face à cette incertitude, Action & Démocratie Corse (AD-Corse), fidèle à son affiliation à la CFE-CGC, refuse la résignation. C’est tout le sens du colloque exceptionnel qui s’est tenu ce 28 mai 2026 à Ajaccio. Un syndicat utile n’accompagne pas le déclin : il le combat.

Colloque 2

Une mobilisation record pour des échanges sans langue de bois

Organisé à l’initiative de l’Union Régionale CFE-CGC de Corse, ce colloque a accueilli deux figures majeures de notre syndicalisme : François Hommeril, président national de la CFE-CGC, et Nicolas Blanc, secrétaire national à la transition économique. Face à une salle comble composée de militants du secteur public comme du secteur privé et bien sûr d’adhérents d’Action & Démocratie, les débats ont été d’une rare intensité.

L’objectif était clair : confronter les orientations nationales aux réalités spécifiques et complexes du terrain insulaire. Les participants ont exprimé une immense satisfaction face à la clarté et à la franchise des interventions. Cette rencontre a prouvé que la démocratie syndicale est vivante, combative et profondément connectée au quotidien des personnels.

Colloque 1

L’encadrement et la fonction publique en Corse : un modèle sous haute tension

La première partie des travaux a mis en lumière les paradoxes de l’économie insulaire. Si le secteur des services et le tissu public restent des piliers, les cadres et les agents de l’Éducation nationale subissent de plein fouet des grilles indiciaires insuffisantes face à la réalité insulaire. Le coût du logement, des transports et de l’alimentation crée un effet de ciseau intenable pour les personnels de l’encadrement et les professeurs.

Voir notre article : Salaires : la grande smicardisation de l’Éducation nationale frappe la Corse de plein fouet

Intelligence artificielle et dialogue : défendre la raison et l’esprit critique

Sous l’impulsion de Nicolas Blanc, la question des transformations numériques et de l’Intelligence Artificielle (IA) a suscité de vifs débats. Dans le secteur privé comme dans l’Éducation nationale, le déploiement de ces technologies bouscule les métiers.

Action & Démocratie a réaffirmé sa ligne de conduite face à ce « tsunami numérique » : nous refusons les gadgets technologiques qui vident les métiers de leur sens et précarisent le lien humain. L’école doit rester le sanctuaire du développement de l’intelligence naturelle, de la transmission des savoirs exigeants et du discernement critique. L’IA doit être un outil au service des professionnels, et non un substitut managérial destiné à rationaliser les coûts ou à déposséder les professeurs de leur liberté pédagogique.

Les enjeux sociaux liés aux évolutions institutionnelles de la Corse

Le volet institutionnel a constitué le final de cette journée. Quels seraient les impacts d’une autonomie accrue sur le droit du travail, la protection sociale et le statut des fonctionnaires en Corse ?

Le colloque a permis de dégager un consensus fort et réaliste. Si l’adaptation des règles aux spécificités corses est nécessaire via des négociations territoriales plus dynamiques, les travaux ont également porté sur les conséquences sociales susceptibles de résulter des évolutions institutionnelles actuellement débattues concernant la Corse.

Les intervenants ont rappelé que la priorité de la CFE-CGC demeure la défense des salariés et la préservation de leurs droits.

Une attention particulière a été portée aux questions relatives au droit du travail, à la protection sociale, aux retraites, aux conventions collectives et aux mécanismes de solidarité nationale.

Une immense réussite politique et syndicale

Ce colloque du 28 mai 2026 démontre que la CFE-CGC est une force de proposition intelligente pour les cadres et les agents publics de Corse. Afin d’inverser la vapeur face à la paupérisation et à la perte de sens, AD-Corse appelle à une remobilisation générale autour des salaires, des conditions de travail et de la protection fonctionnelle systématique des agents publics.

La CFE-CGC s’appuie sur un réseau de 230 syndicats affiliés, 27 fédérations professionnelles, 18 unions régionales, 96 unions départementales, plus de 10 000 sections syndicales et plus de 170 000 adhérents, ce qui en fait l’une des principales organisations syndicales françaises et la première organisation de l’encadrement.

Ne subissez plus les réformes absurdes et le déni de notre pouvoir d’achat !

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INVITATION – Rencontre avec le président national CFE-CGC

CARTON D'INVITATION - Rencontre avec le président national CFE-CGC

Rencontre avec le président national CFE-CGC

Action & Démocratie / CFE-CGC Corse a le plaisir de vous relayer une invitation  à une rencontre exceptionnelle avec François HOMMERIL, président national CFE-CGC, qui se tiendra le jeudi 28 mai 2026.

CARTON D'INVITATION - Rencontre avec le président national CFE-CGC
‼️ INSCRIPTIONS OBLIGATOIRES ‼️

L’événement aura lieu au : Best Western Ajaccio, 20 Boulevard Pompidou 20090 AJACCIO

Cette journée sera l’occasion d’échanger directement avec François HOMMERIL, de partager vos questions et vos idées, et de participer à des débats enrichissants.

Afin de participer au congrès régional, merci de bien vouloir vous inscrire par mail urcorse@cfecgc.fr. Nous vous fournirons à cet effet une convocation officielle ainsi qu’une attestation de présence si besoin à remettre à votre employeur permettant de vous absenter et de pouvoir participer à cet événement.

‼️ INSCRIPTIONS OBLIGATOIRES ‼️

Nous comptons sur votre présence pour faire de cet échange un moment fort de partage et de réflexion collective.

Bonne journée à tous,

Le bureau académique Action & Démocratie Corse

Fais entendre ta voix et rejoins les listes Action & Démocratie
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Violences institutionnelles, menaces sur le mi-temps thérapeutique et crise de sens

AD Violences institutionnelles : la machine à broyer

Votre administration vous protège t-elle vraiment ?

Votre santé n’est pas une variable d’ajustement budgétaire et que votre sécurité ne doit plus s’arrêter à la porte du rectorat. Cette semaine, Action & Démocratie Corse déshabille l’actualité : violences institutionnelles, menaces sur le mi-temps thérapeutique et crise de sens. Ne laissez pas l’administration décider de votre avenir sans vous informer.

Protection des agents : l’administration, bouclier ou bourreau ?

L’État s’agite enfin face aux agressions extérieures, mais qui protège les agents contre l’institution elle-même ?

AD Violences institutionnelles : la machine à broyer
AD Violences institutionnelles : la machine à broyer

Le ministère planche sur de nouvelles mesures pour sécuriser le quotidien des agents publics. Si la simplification de la protection fonctionnelle est une avancée, elle occulte une réalité taboue : la violence institutionnelle. Harcèlement managérial, injonctions contradictoires et mépris hiérarchique poussent aujourd’hui des collègues au geste ultime, le suicide, sur leur lieu même de travail.

  • Le constat : La protection fonctionnelle doit être un droit automatique, pas un parcours du combattant administratif.
  • L’angle AD Corse : Le « poids du silence » ne doit plus couvrir les dérives de certains chefs, structures ou services. Un agent qui craque n’est pas « fragile », il est la victime d’un système qui a oublié l’humain.

« Le premier risque psychosocial pour un fonctionnaire, c’est parfois sa propre administration. »

Source :

Acteurs publics – Fonction publique : les pistes de l’État pour mieux protéger ses agents contre les violences

Temps partiel thérapeutique : soigner les symptômes ou la cause ?

L’explosion des arrêts n’est pas une fraude, c’est le thermomètre d’une fonction publique qui brûle. Pourquoi punir les malades ?

AD Menaces sur le mi-temps thérapeutique
AD Menaces sur le mi-temps thérapeutique

Le ministre de la Fonction publique semble plus préoccupé par les économies budgétaires que par la santé des agents. En voulant durcir les conditions du temps partiel thérapeutique (TPT), le gouvernement s’attaque aux conséquences plutôt qu’aux causes.

  • Le point clé : L’explosion des demandes de TPT est la conséquence directe de la dégradation des conditions de travail et des violences subies (externes et institutionnelles).
  • L’avis d’Action & Démocratie : Réduire les droits au mi-temps thérapeutique, c’est sanctionner une deuxième fois les victimes. Halte à la régression sociale ! Le ministre doit agir sur la prévention et le bienêtre au travail plutôt que de raboter les droits à la convalescence.

Source :

Acteurs publics – Fonction publique : l’administration veut revoir les modalités du temps partiel thérapeutique

Crise de l’attractivité : quand le sens du métier s’évapore

Les jeunes ne boudent pas le statut, ils fuient un service public qui ne leur permet plus d’être fiers de leur mission.

AD Crise de sens
AD Crise de sens

L’effritement du modèle de carrière n’est pas une simple mutation sociétale. C’est le résultat d’une perte de sens généralisée. Les nouveaux entrants réalisent rapidement qu’ils n’ont plus les moyens de rendre un service public digne de ce nom : la qualité empêchée (théorisée par le psychologue du travail Yves Clot dans « Le Travail à cœur« ).

  • Pourquoi ils partent : à l’hôpital, des patients « hospitalisés » dans les couloirs des urgences ou des patients renvoyés chez eux faute de lits disponibles. Toutes les administrations sont impactées. L’Éducation nationale n’y échappe pas. Entre les classes surchargées, le manque de moyens pour l’inclusion et une rémunération qui décroche, le « vrai » métier disparaît derrière la gestion de la pénurie.
  • La vision AD : Redonner de l’attractivité, ce n’est pas seulement augmenter les primes, c’est redonner aux fonctionnaires du sens, de la reconnaissance, de la dignité et aux enseignants leur liberté pédagogique. On ne fait pas ce métier pour « gérer des flux », mais pour transmettre.

Sources :

Acteurs publics – Le modèle de carrière de fonctionnaire ne domine plus chez les jeunes entrants dans la fonction publique

Le travail empêché se répand dans la fonction publique

Le bureau académique Action & Démocratie Corse

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mais vous promet de vous donner la parole.

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