Retraite, prends l’oseille et tire-toi avant que le corps ne dise « Stop » !

Retraite, prends l’oseille et tire-toi avant que le corps ne dise « Stop » !

Avez-vous remarqué à quel point nos gouvernants adorent votre dévouement ? Plus vous êtes fatigué, plus on vous explique qu’un petit effort supplémentaire serait « bon pour le service ». Mais au fond, est-ce pour le service ou pour vous enterrer sous les dossiers avant d’avoir touché votre premier chèque de pension de retraite ? Entrons dans le vif du sujet, sans langue de bois.

Photo de Matt Bennettsur Unsplash

L’espérance de vie et le grand malentendu des statistiques

C’est bien connu, les circulaires ministérielles ont le chic pour transformer les vessies en lanternes et les statistiques de l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Études Économiques) en promesses de l’aube. On vous serine qu’à 65 ans, vous avez encore vingt ans de cavale devant vous. C’est mathématique, c’est écrit sur le papier. Mais ce que le bureaucrate oublie de préciser, c’est que sur ces vingt piges, il n’y en a qu’une petite dizaine à vivre sans que les articulations jouent les castagnettes ou que la tête ne déraille.

À vouloir jouer les prolongations derrière un bureau ou devant une classe de trente-cinq fauves pour « sécuriser l’avenir », vous ne gagnez pas du galon. Vous donnez un tiers de vos années valides à une administration qui oubliera votre nom avant que votre successeur n’ait signé son procès-verbal d’installation. Les portefeuilles se reconstituent, les trimestres se comptent, mais le temps qui reste, lui, ne fait pas de crédit.

Pension de retraite : la surcote, ou l’art de troquer un cheval de course contre un canasson borgne

Parlons-en de la surcote, ce miroir aux alouettes réglementaire détaillé sur les sites officiels. Prenons un exemple concret, celui des simulations de la Direction générale des finances publiques via le site Retraites de l’État.

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Considérons le cas de « Brigitte S., fonctionnaire de la catégorie sédentaire nés le 2 mars 1962 bénéficie d’un âge légal de départ à la retraite à 62 ans et 6 mois. Sa durée d’assurance requise pour une pension à taux plein est de 169 trimestres, durée validée à ses 62 ans et 6 mois. Elle poursuit son activité jusqu’à ses 64 ans, soit le 20 mars 2026. Elle totalise à cette date 175 trimestres en durée d’assurance. Le montant de sa pension avant surcote est de 1750 €.

Elle bénéficie d’une surcote de :

175 trimestres – 169 trimestres = 6 trimestres de surcote

Le taux de surcote dans le cas de Brigitte est de 1,25 %, le coefficient appliqué au montant de sa pension sera donc de : 6 x 1,25 soit 0,075.

Le montant de la surcote sera de : 1 750 € x 0,075 soit 131,25 € »

Courageuse (ou mal conseillée), elle pousse le zèle jusqu’à ses 64 ans, totalisant 175 trimestres pour un bonus de 131,25 € par mois. Magnifique sur la feuille de paie, non ?

Sortons la calculette syndicale d’Action & Démocratie Corse. Pour empocher ces 131,25 € supplémentaires, Brigitte s’est assise joyeusement sur 18 mois de pension complète à 1 750 €. Elle a donc laissé sur la table de l’État la bagatelle de 31 500 € qu’elle aurait pu toucher en restant chez elle, les pieds dans le sable de Santa Giulia (classée en 35e position sur les cinquante plus belles plages du monde).

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Santa Giulia - ©️Collection privé - Autorisation AD Corse

Pour que cette prolongation devienne rentable, il faudra que Brigitte vive et touche sa pension majorée pendant exactement 20 ans (240 mois) !

Elle n’atteindra le point d’équilibre financier qu’à l’âge de 84 ans. Bref, elle a financé son propre épuisement au bénéfice des économies de l’État.

À ce niveau de rentabilité, ce n’est plus un plan de retraite, c’est un pari sur la cryogénisation. Travailler 18 mois de plus pour courir après son propre argent jusqu’à 84 ans, c’est l’assurance d’arriver devant le créateur avec des trimestres en rab, mais les genoux en miettes. Bercy adore ce genre de profil : des agents tellement dévoués qu’ils préfèrent faire don de leur capital santé à l’administration plutôt que de risquer de s’ennuyer à la retraite. Un conseil : si vous tenez absolument à faire un legs de 30 000 € à quelqu’un, choisissez plutôt Action & Démocratie Corse. L’État, lui, a déjà de quoi s’acheter des calculettes neuves pour continuer à vous plumer, comme avec les primes qui ne sont pas prises en compte pour le calcul de la retraite.

Quand la famille s’invite dans l’équation

Chez nous, la solidarité familiale n’est pas un vain mot, c’est une institution. Mais quand le travail vous essore d’un côté et qu’un parent âgé perd son autonomie de l’autre, la situation devient vite intenable. Les maisons de retraite médicalisées affichent des tarifs qui feraient blêmir un ministre des Finances.

Choisir de partir plus tôt pour permettre à un parent de rester chez lui, ce n’est pas seulement un geste de cœur. C’est parfois plusieurs dizaines de milliers d’euros que la famille ne dépense pas.

Anticiper son départ en retraite, c’est aussi pouvoir activer les dispositifs légaux, comme l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) ou le congé de proche aidant pour un parent sans attendre le burn-out généralisé.

L’usure du terrain : la santé n’est pas une variable d’ajustement financier

Entre les réformes menées à la hussarde, le « pas de vague » institutionnel et le management de supérette qui a envahi les établissements, nos métiers détruisent la santé nerveuse et physique. Prolonger sa carrière quand les finances permettent de plier bagage, ce n’est plus de la gestion de patrimoine, c’est du masochisme déguisé en rigueur budgétaire.

La loi prévoit des portes de sortie : carrières longues, retraite pour inaptitude ou compte professionnel de prévention (secteur privé). Ne partez pas du principe que cela ne vous concerne pas. Si le métier vous abîme, chaque année supplémentaire passée dans l’arène est un chèque en blanc signé à la maladie.

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Photo de Hans Moermansur Unsplash

Recommandations d’Action & Démocratie Corse

Pour ne plus naviguer à l’aveugle et éviter de laisser votre santé au Rectorat, notre syndicat vous conseille d’activer immédiatement votre stratégie de sortie :

  1. Exigez vos chiffres : contactez le Service des Retraites de l’État (Contact – Actif – 02 40 08 87 65) et demandez une simulation comparative écrite : un départ au taux plein exact vs un départ un an plus tard.
  2. Carrière privé / public : contactez aussi le site INFO RETRAITE – Mes droits.
  3. Refusez le sacrifice gratuit : si votre taux plein est atteint, que vous n’avez pas d’enfant en poursuite d’étude, de crédit important et que votre situation financière le permet, la question n’est plus comptable, elle est humaine et médicale.

« Le jour où on mettra les cons sur orbite, t’as pas fini de tourner. » (« Le Pacha » – Michel Audiard)

Ne faites pas comme la pauvre Brigitte S., qui, a déjà enfilé sa combinaison de spationaute. Elle tourne en orbite géostationnaire au-dessus de son enveloppe de 31 500 € perdus, en espérant que la gravité la ramène sur terre avant ses 84 ans.

Le bureau académique Action & Démocratie Corse

En attendant, rejoignez Action & Démocratie Corse !

(Et après la retraite aussi, il n’y a d’âge pour le syndicalisme.)

Pour défendre vos droits, votre santé et votre liberté,

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L’IA dans la fonction publique ou la révolution silencieuse des bureaux

L'IA dans la fonction publique ou la révolution silencieuse des bureaux

Une révolution silencieuse s’est emparée des couloirs de la fonction publique, et elle ne vient pas seulement d’en haut. Si le gouvernement annonce fièrement que plus d’un million d’agents sont désormais concernés par le déploiement de l’IA, la réalité du terrain est encore plus frappante : selon une enquête menée auprès de 2 000 agents publics, 89 % utilisent déjà l’IA pour des raisons professionnelles avec toutes les questions d’éthiques, de confidentialité et de sécurité que cela soulève.

Photo de Igor Omilaev sur Unsplash

L’intelligence artificielle n’est plus une promesse futuriste de salon technologique ; c’est une réalité quotidienne qui redéfinit la relation entre l’agent, l’usager et le savoir. Entre l’enthousiasme pour le gain de temps et les inquiétudes sur la déshumanisation, nous traversons une phase de transition paradoxale. Le défi n’est plus seulement technique, il est politique : comment intégrer ces agents conversationnels (LLM) sans transformer nos agents publics en simples exécutants d’algorithmes ?

L’agent reste le seul maître à bord (et c’est une règle d’or)

Dans le déploiement actuel de l’IA générative, un principe de responsabilité absolue a été gravé dans le marbre : l’IA propose, l’agent décide. L’outil est strictement positionné comme un assistant d’expertise et non comme un substitut. Cette distinction est le rempart indispensable contre une standardisation du service public qui gommerait la complexité humaine des dossiers citoyens.

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Photo de Scott Graham sur Unsplash

En pratique, cela signifie qu’aucune décision administrative ne peut être automatisée sans une supervision humaine rigoureuse. L’agent conserve la paternité juridique de ses actes. La recommandation est claire : chaque compte rendu, chaque synthèse ou chaque réponse préparée par un LLM doit faire l’objet d’une validation humaine systématique. C’est dans ce discernement que réside la valeur ajoutée du fonctionnaire.

« Notre IA ne doit pas non plus standardiser le service rendu aux citoyens : la force du service public ne réside pas seulement dans le traitement de l’information. Elle réside dans le discernement, l’écoute, le sens de l’intérêt général, la responsabilité et la relation humaine. » — David Amiel, Ministre de l’Action et des Comptes publics.

Consulter le Guide d’usage de l’intelligence artificielle pour les agents de l’État : ici

L’angle mort de la Qualité de Vie au Travail (QVT)

Alors que les discours officiels se focalisent sur les gains de productivité, un angle mort persiste : l’impact psychologique sur les agents. Une étude majeure de la Mutuelle Nationale Territoriale (MNT), menée en partenariat avec le CNFPT et l’Inet, souligne que si l’IA peut favoriser l’autonomie, elle génère des pressions « invisibles » rarement anticipées par les directions.

L’aspect technologique occulte souvent la charge mentale induite par la transformation des métiers. L’étude identifie plusieurs risques majeurs pour la QVT :

  • Des représentations divergentes : L’outil est perçu très différemment selon les services, créant des décalages de compétences.
  • L’absence de vision partagée : Un manque de compréhension sur les finalités réelles de l’IA au sein des organisations.
  • La pression de la performance : Une attente de rapidité accrue qui peut nuire à la qualité de l’analyse.

 Le paradoxe de la transparence et le rapport « fantôme »

C’est ici que le récit se corse. Alors que le gouvernement multiplie les annonces, une zone d’ombre diplomatique entoure un rapport inter-inspections crucial.

Ce document, visant à quantifier l’impact de l’IA sur les effectifs, est actuellement bloqué par le cabinet du Premier ministre, Sébastien Lecornu.

Plus troublant encore pour un observateur des politiques d’État : cette mission avait été initialement commandée sous le gouvernement Bayrou. Ce passage de témoin politique semble avoir enfoui les conclusions sous une chape de plomb. Cette rétention d’informations alimente un malaise profond avec les syndicats. Lors du groupe de travail du 18 juin, des syndicats ont exprimé un « goût amer » face à un projet « clé en main » présenté par David Amiel avant même toute réelle négociation. Entre la communication massive de Bercy et le silence de Matignon sur la transformation des métiers, la tension est à son comble.

 À l’école, l’élève a déjà pris une longueur d’avance

Le secteur de l’éducation nationale offre le contraste le plus saisissant de cette transition. Tandis que les élèves utilisent l’IA de manière quasi systématique pour leurs devoirs, une étude de l’OCDE de 2024 révèle que seulement 14 % des enseignants français l’intègrent à leur travail.

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Photo de Katja Ano sur Unsplash

L’IA s’est glissée comme un « tiers fantôme » entre l’élève et le professeur, bousculant le monopole du savoir. Pour que les enseignants reprennent l’avantage, l’enjeu se déplace vers le développement de l’esprit critique. Il s’agit d’apprendre aux élèves à naviguer entre les « hallucinations » (ces erreurs factuelles générées statistiquement par les modèles) et les biais algorithmiques. Le rôle du professeur mute : il ne transmet plus seulement le savoir, il devient le garant de sa véracité dans un océan de probabilités.

 

Une souveraineté à 750 000 euros

La généralisation de l’Assistant IA à plus d’un million d’agents de l’État repose sur un investissement de 750 000 euros. Au-delà du coût, c’est le choix de la pépite française Mistral AI qui est stratégique. L’enjeu ? Échapper aux griffes du Cloud Act américain. Cette législation permet aux autorités américaines d’accéder à des données hébergées par des entreprises US, même si les serveurs sont physiquement situés en Europe.

En misant sur des infrastructures souveraines, l’État protège les données des Français. Ce choix s’inscrit également dans une volonté d’« IA frugale ». Conscient du coût environnemental (consommation massive d’eau pour le refroidissement et d’énergie), l’État cherche à rationaliser les usages pour que l’innovation ne se fasse pas au détriment de l’éthique climatique.

Vers une administration « augmentée » ou automatisée ?

L’IA dans la fonction publique n’est pas un substitut, mais un assistant qui doit redonner du temps aux agents pour l’analyse complexe et le contact humain. Cependant, nous restons face à un dilemme : saurons-nous préserver la valeur de l’expertise humaine face à la séduction des probabilités statistiques ?

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Photo de Hitesh Choudhary sur Unsplash

La réponse ne viendra pas de la technologie elle-même, mais de la capacité des agents à se former et à s’approprier ces outils. Le dialogue social, pour l’instant crispé par les arbitrages préétablis du 18 juin, sera la clé de voûte de cette transition. L’objectif final reste de « choisir l’IA qu’on veut et ne pas subir l’IA qu’on ne veut pas. »

Au-delà du « Hype »

Depuis novembre 2022 et l’onde de choc provoquée par ChatGPT, l’intelligence artificielle est devenue l’alpha et l’oméga des discours sur le futur du travail. Pourtant, cette omniprésence médiatique sature l’espace au point de masquer une réalité beaucoup plus instable sur le terrain. Si nous utilisons massivement ces outils, comprenons-nous vraiment ce qu’ils font à nos organisations, à notre rapport au savoir et à notre planète ?

Derrière la promesse d’une révolution sans précédent, l’IA agit souvent comme un écran de fumée pour des projets non aboutis ou des investissements sans boussole. Il est temps de porter un regard nuancé sur cet outil : ni baguette magique, ni apocalypse, mais une technologie de probabilités qui redéfinit radicalement la place de l’humain.

 L’IA n’est pas un cerveau, c’est une « autocomplétion géante »

Le plus grand malentendu actuel consiste à prêter une « pensée » ou une « conscience » aux Large Language Models (LLM). Contrairement au mythe de la machine pensante, l’architecture « Transformer » — introduite par Google en 2017 — ne cherche pas une réponse dans une base de données. Elle « regarde toute la phrase en même temps pour mieux comprendre le contexte » afin de calculer mathématiquement le mot suivant le plus probable.

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Photo de Stephen Dawson sur Unsplash

C’est une autocomplétion monumentale qui a ingéré presque tout le web. Si elle nous semble si humaine, c’est parce qu’elle a été « polie » par des formateurs humains pour s’exprimer de manière naturelle. Cette nature statistique explique les « hallucinations » : l’IA privilégie la cohérence de la phrase sur la vérité des faits, inventant des lois ou des sources avec un aplomb désarmant. La vigilance est donc de mise face à un outil qui a appris l’art de la conversation sans jamais saisir le sens du monde réel.

« Les machines peuvent-elles penser ? » — Alan Turing, article dans la revue Mind, 1950.

 Le paradoxe de la croissance : Beaucoup de bruit pour (presque) rien ?

Le constat économique est aujourd’hui dérangeant : malgré des investissements colossaux, la contribution de l’IA à la croissance globale est quasi nulle. Comme l’analyse le sociologue Yann Ferguson, le blocage n’est pas technique, mais organisationnel. On observe un « biais de l’outil » où les dirigeants, munis du « marteau-IA », voient des clous partout sans avoir identifié de problèmes réels à résoudre.

Plus frappant encore : 64 % des dirigeants investiraient aujourd’hui sans vision claire de la valeur ajoutée, poussés par la peur d’être « en retard » suite aux discours alarmistes de fournisseurs jouant les pompiers-pyromanes. Trois récits s’affrontent alors dans les couloirs des entreprises :

  • Le récit Darwinien : l’IA éliminera ceux qui refusent de s’adapter.
  • Le récit Prométhéen : elle nous libérera des tâches mécaniques pour nous rendre notre créativité.
  • Le récit Taylorien : elle standardisera les savoir-faire, renforçant la surveillance et la prolétarisation.

Le succès de l’intégration ne dépendra pas de la puissance de calcul, mais de la capacité des entreprises à former leurs équipes et à intégrer les métiers dans la boucle de décision.

 L’IA est « assoiffée » : Le coût caché de chaque clic

L’élégance immatérielle de nos interfaces cache une empreinte environnementale massive. L’IA est une technologie énergivore. En 2024, les data centers consommaient 415 TWh (1,5 % de l’électricité mondiale). Ce chiffre pourrait bondir à 1 500 TWh d’ici 2030. Surtout, la complexité des contenus générés change la donne : la génération d’une seule vidéo courte consomme autant d’énergie que deux charges complètes d’ordinateur portable, soit 25 fois plus qu’un simple texte.

Le refroidissement de ces infrastructures est tout aussi critique. Une série de 10 à 50 requêtes sur GPT-3 consomme environ 500 ml d’eau. Au niveau mondial, la consommation d’eau des centres de données pourrait passer de 560 milliards de litres en 2023 à 1 200 milliards en 2030, une pression intenable pour les régions en stress hydrique. C’est le cœur du Paradoxe de Jevons : l’amélioration de l’efficacité technologique risque de provoquer un usage si massif qu’il annulera tout gain environnemental initial.

 Le côté obscur de la productivité

Ces coûts ne sont pas qu’écologiques, ils sont aussi culturels et sécuritaires, portés par deux phénomènes émergents :

  • La ShadowIA : L’usage clandestin d’IA gratuites par les salariés. Faute de cadre, des secrets de fabrication ou des données RH transitent par des serveurs non contrôlés, créant des failles de sécurité majeures.
  • Le Workslop : C’est la production de « slop », ces contenus médiocres et redondants générés par IA (comptes rendus de 50 pages, mails standardisés). Au-delà de l’ennui, c’est une véritable pollution communicationnelle qui noie le discernement humain et dégrade le lien social.
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Photo de Andres Siimon sur Unsplash

Le risque est une déconstruction-reconstruction des métiers où l’on perd « l’écoute » et la finesse de l’analyse critique. Si l’IA automatise le traitement de l’information, elle ne doit pas standardiser la pensée au point de nous faire perdre notre autonomie de réaction.

 La solution n’est pas technologique, elle est sociale

Puisque les méthodes descendantes ont échoué, la clé du succès réside dans le dialogue social. Les travaux du LaborIA démontrent que la réussite de l’IA repose sur la méthode des « Trois Dialogues » :

  1. Le dialogue technique : réunir les experts métiers pour concevoir des outils réellement utiles.
  2. Le dialogue professionnel : documenter les situations réelles de travail pour un diagnostic partagé.
  3. Le dialogue social continu : instaurer une transparence totale sur les algorithmes.

Cette approche garantit un triple succès : technologique (des systèmes plus efficaces), social (un collectif rassemblé) et professionnel. L’enjeu n’est plus l’outil, mais le « travail bien fait », celui qui honore le professionnel et donne du sens à sa mission.

« Puisque les autres méthodes ont démontré leur inefficacité, pourquoi ne pas opter pour le dialogue ? » — Guide technique de la CFE-CGC.

 Garder la main sur la machine

L’intelligence artificielle peut être un formidable levier de « temps libéré » pour l’humain, lui permettant de se recentrer sur le discernement et l’intérêt général. Mais ce gain de temps n’a de valeur que si nous ne l’échangeons pas contre notre responsabilité.

Sommes-nous prêts à troquer notre responsabilité politique, déontologique et éthique contre un simple gain de productivité statistique ?

La force du travail humain réside dans ce qu’aucune machine ne peut simuler : l’intuition, l’empathie réelle et la capacité à assumer les conséquences de ses actes.

Dans un monde de probabilités, le discernement humain reste notre boussole la plus précieuse. À nous d’en faire bon usage.

Le bureau académique Action & Démocratie Corse

Sources :

Guide technique CFE-CGC 2026 – IA (Réservé aux adhérents)

https://www.numerique.gouv.fr/offre-accompagnement/guide-usage-intelligence-artificielle/

https://acteurspublics.fr/articles/ia-dans-les-collectivites-la-qualite-de-vie-au-travail-grande-oubliee-des-projets-de-deploiement/

https://acteurspublics.fr/articles/dans-le-dialogue-social-les-negociations-autour-de-lia-souvrent-dans-un-climat-tendu/

https://acteurspublics.fr/articles/letat-generalise-son-assistant-ia-a-tous-les-agents-dans-une-version-amelioree/

https://acteurspublics.fr/articles/a-lecole-lia-reconfigure-la-relation-entre-eleves-et-enseignants/

https://acteurspublics.fr/articles/apres-une-prise-de-conscience-tardive-letat-esquisse-une-methode-de-travail/

https://acteurspublics.fr/articles/matignon-bloque-la-diffusion-dun-rapport-sur-limpact-de-lia-sur-les-effectifs-de-la-fonction-publique/

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Logement des fonctionnaires : une loi votée, mais le compte n’y est pas

Logement des fonctionnaires : une loi votée, mais le compte n’y est pas

Un toit « public » pour les agents, avancée réelle ou mirage législatif ?

Le Parlement vient d’adopter définitivement la loi visant à faciliter l’accès au logement public pour les fonctionnaires. Alors que la crise du logement essore le pouvoir d’achat des agents de l’État, cette initiative législative promet de réserver des quotas de logements sociaux aux agents publics. Une lueur d’espoir ou une simple goutte d’eau dans un océan de béton ?

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Image d’illustration générée via Nano Banana.

Les réalités techniques de cette loi :

  • Des quotas réservés : Le texte prévoit de flécher une part des logements sociaux neufs ou vacants vers les agents des services publics.
  • Priorité aux bas salaires : Les personnels de catégorie C et B (administratifs, techniques, vie scolaire) sont théoriquement ciblés en priorité.
  • Le problème de l’offre effective : Réserver des droits sur du logement social ne crée pas de nouveaux logements par magie là où la pénurie fait rage.

La position d’Action & Démocratie  Corse

Si l’intention est louable, la loi ne résout pas le problème de fond : l’absence d’un véritable parc de logements interministériels dédiés et gérés directement par l’État pour ses agents, en particulier pour les collègues qui débutent.

En Corse, la pression immobilière liée à la spéculation et au tourisme rend le marché privé inaccessible aux personnels administratifs, techniques et enseignants nouvellement nommés. Sans une dotation d’urgence et des conventions spécifiques avec les bailleurs sociaux locaux, cette loi restera lettre morte sur l’île.

« Permettre aux agents de se loger là où ils servent le public est une condition de survie pour nos services administratifs et scolaires. »

Le bureau académique Action & Démocratie Corse

Source : acteurspublics.

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Concours de la fonction publique, le modèle s’effondre, mais par quoi le remplacer ?

Concours de la fonction publique, le modèle s’effondre, mais par quoi le remplacer ?

Le concours républicain est-il un rempart contre le piston ou machine à exclure ?

« Le pire des systèmes de recrutement, à l’exception de tous les autres. »

Selon Louis Bégards, enseignant à Sciences Po Toulouse et administrateur de l’association Fonction publique du 21ᵉ siècle. 

Cette formule résume la crise identitaire que traversent les concours d’accès aux métiers de l’Éducation nationale. Face à la pénurie de candidats, la tentation est grande de liquider le modèle pour basculer vers un recrutement de type contractuel privé.

Concour
Image d’illustration générée via Nano Banana.

Les enjeux de la crise :

  • Crise d’attractivité majeure : Le nombre de candidats s’effondre, non pas à cause de la difficulté des épreuves, mais à cause du salaire de départ et des conditions d’exercice.
  • Garantie d’indépendance : Le concours reste le seul mécanisme garantissant l’égal accès aux emplois publics, protégeant les agents du favoritisme local.
  • Banalisation contractuelle : Le recours massif aux contractuels pour pallier les listes complémentaires vides crée une fonction publique à deux vitesses, moins formée et plus précaire.

La position d’Action & Démocratie  Corse

Nous défendons le statut de fonctionnaire et le principe du concours. Ce n’est pas l’examen qu’il faut réformer ou abaisser, c’est l’attractivité des métiers qu’il faut reconstruire en augmentant drastiquement les traitements d’entrée de grille.

Dans notre académie, comme ailleurs, la fragilisation des concours pousse à une « contractualisation » forcée des services administratifs et d’enseignement. Recruter hors concours par défaut de candidats certifiés fragilise la continuité et l’équité du service public sur le territoire insulaire.

« Supprimer le concours, ce n’est pas moderniser le recrutement, c’est ouvrir la porte à l’arbitraire managérial. »

Le bureau académique Action & Démocratie Corse

Source : acteurspublics.

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Hauts fonctionnaires sans affectation : le grand ménage ou l’effet d’annonce ?

Hauts fonctionnaires sans affectation : le grand ménage ou l’effet d’annonce ?

Des cadres supérieurs payés à ne rien faire : l’État s’attaque (enfin) au tabou

C’est un secret de Polichinelle qui irrite profondément la base : l’État ouvre le chantier sensible des hauts fonctionnaires dits « sans véritable job » ou en attente d’affectation prolongée tout en conservant leur traitement de haut niveau. Une opération de transparence indispensable au moment où l’on demande des efforts d’économie drastiques aux services de terrain.

Bureau vide
Image d’illustration générée via Nano Banana.

Les points clés du dossier :

  • Les corps de contrôle et d’inspection : Les réformes successives de la haute fonction publique ont laissé de nombreux cadres supérieurs sans mission opérationnelle précise.
  • Un coût budgétaire symbolique mais lourd : Le maintien de rémunérations élevées sans contrepartie de service effectif mine le consentement à l’effort des agents du quotidien.
  • Le traitement de faveur : Les procédures disciplinaires ou de licenciement pour insuffisance professionnelle sont historiquement rarissimes au sommet de l’État.

La position d’Action & Démocratie  Corse

Ce « deux poids, deux mesures » est intolérable. On traque la moindre minute d’absence chez un adjoint administratif, un technicien de laboratoire ou un enseignant, tandis que l’administration tolère des situations d’oisiveté dorée au sommet. L’évaluation et la responsabilité doivent s’appliquer partout.

La fenêtre corse : Alors que nos services académiques insulaires manquent cruellement de moyens de gestion sur le terrain et que l’on rogne sur les postes administratifs de proximité, voir l’administration centrale gaspiller des ressources pour des postes fantômes est une insulte au dévouement de nos personnels locaux.

« La transparence et l’obligation de service ne s’arrêtent pas là où les indices de rémunération commencent. »

Le bureau académique Action & Démocratie Corse

Source : acteurspublics.

Ne restez pas isolé à pester contre l’administration devant la machine à café en attendant qu’un haut fonctionnaire sans job vienne faire votre travail.

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Négociation égalité pro : le calendrier s’étire, la patience s’épuise

Négociation égalité pro : le calendrier s’étire, la patience s’épuise

Le coup du « desserrage » : l’art de repousser les urgences face aux obligations européennes

Vous pensiez que l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans la fonction publique était une priorité absolue du gouvernement ? Le ministère de la Fonction publique vient pourtant de décider de « desserrer » le calendrier des négociations. Derrière ce terme poli se cache une réalité brutale : un énième report des discussions pour trouver un prétendument « climat propice », alors même que les échéances juridiques internationales se rappellent à l’État.

Reveil

Image d’illustration générée via Nano Banana.

Quatre points clés caractérisent ce dossier :

  • Un calendrier élastique : Les cycles de discussions entamés au plan national sont étirés, repoussant la signature d’un accord contraignant à des horizons lointains.
  • Le blocage européen du 7 juin 2026 : Ce report est d’autant plus inacceptable que l’État français est désormais officiellement en retard. La date butoir du 7 juin 2026 pour la transposition de la directive européenne 2023/970 sur la transparence des rémunérations dans le droit national a été franchie sans que les décrets d’application pour les agents publics ne soient finalisés.
  • Des écarts de rémunération persistants : Dans l’Éducation nationale, malgré les grilles indiciaires théoriquement neutres, l’accès aux primes, aux heures supplémentaires et aux corps de catégorie A les plus valorisés reste statistiquement défavorable aux agentes.
  • La charge mentale administrative : Les personnels administratifs et médico-sociaux, filières très largement féminisées, restent les parents pauvres des revalorisations de carrières.

La position d’Action & Démocratie  Corse

Ce report permanent doublé d’un hors-jeu juridique européen est un signal désastreux. L’égalité ne se négocie pas à pas de loup ; elle exige des mesures budgétaires immédiates sur le point d’indice et la revalorisation des filières les plus féminisées, conformément aux obligations de transparence.

Dans notre académie, la précarité des personnels contractuels administratifs et d’accompagnement (AESH – Accompagnants des élèves en situation de handicap), très majoritairement des femmes, est accentuée par l’insularité. Attendre pour négocier et ignorer les règles européennes, c’est maintenir ces collègues dans une vulnérabilité économique intenable face à la cherté de la vie locale.

« Le calendrier ne doit pas servir d’excuse à l’inaction collective face aux obligations juridiques et aux inégalités réelles. »

Le bureau académique Action & Démocratie Corse

Source : acteurspublics.

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Trois niveaux, une même force pour les salariés de Corse

Trois niveaux, une même force pour les salariés de Corse

Et si la vraie puissance syndicale ne tenait pas seulement à la contestation, mais à la capacité d’agir à tous les étages, du terrain local jusqu’aux instances nationales ?
Pour les personnels de l’Éducation nationale en Corse, comprendre le rôle respectif de la Confédération interprofessionnel CFE-CGC, de la Fédération des Services publics CFE-CGC et d’Action & Démocratie CFE-CGC est essentiel pour mesurer où se construisent les protections, les droits et les avancées concrètes : trois niveaux, une même force pour les salariés de Corse.

Photo de Imagine Buddysur Unsplash

Une confédération interprofessionnelle qui pèse au niveau national

La CFE-CGC est une confédération interprofessionnelle fondée en 1944, historiquement ancrée dans la représentation des cadres et de l’encadrement, et qui revendique aujourd’hui plus de 170 000 adhérents, plus de 10 000 sections syndicales, 27 fédérations, 96 unions départementales et 18 unions régionales. Ce socle national lui donne une capacité d’influence importante dans le dialogue social, y compris sur les sujets transversaux qui concernent les agents publics, les rémunérations, les retraites ou l’organisation du travail.

Son intérêt, pour les personnels de l’Éducation nationale, est clair : appartenir à une confédération représentative, structurée et reconnue, c’est bénéficier d’une force d’appui qui dépasse le seul périmètre académique. C’est aussi pouvoir faire remonter des revendications locales vers une architecture syndicale nationale capable d’intervenir dans les instances de haut niveau.

La Fédération des Services publics : le bon niveau pour la fonction publique

La Fédération des Services publics CFE-CGC ne couvre pas l’ensemble du privé ou de l’économie : elle se concentre sur la fonction publique, avec un périmètre qui englobe les trois versants — État, territorial et hospitalière — ainsi que les établissements publics EPIC et EPA. Elle a été créée en 1959 et traite des sujets touchant directement les agents publics : statut, qualité de vie au travail, santé et sécurité, retraites, handicap, carrières et rémunérations.

C’est précisément ce qui concerne le rendu stratégique pour les personnels de l’Éducation nationale. Dans un environnement où les décisions nationales pèsent fortement sur les conditions de travail, une fédération spécialisée permet de porter des revendications techniques, argumentées et adaptées aux réalités du service public. La Fédération indique disposer d’un siège au Conseil commun de la fonction publique et d’un siège au Conseil supérieur de la fonction publique de l’État, ce qui renforce sa capacité d’action institutionnelle. 

Action & Démocratie : la voix de terrain de l’Éducation nationale

Action & Démocratie CFE-CGC est un syndicat national dédié aux personnels de l’Éducation nationale, au sein de la fédération de la fonction publique CFE-CGC. Sa vocation est simple et puissante : défendre les intérêts matériels et moraux de la profession, sans renoncer à l’indépendance ni à la proximité avec le terrain.

Son organisation est pensée pour coller aux réalités académiques : un secrétariat national, un bureau national, des référents par corps, et dans chaque académie, un ou une président(e) académique entouré(e) d’une équipe locale. Pour la Corse, cette logique de proximité est particulièrement précieuse, car elle permet de relier les situations vécues dans les établissements aux arbitrages nationaux et confédéraux.

Des périmètres bien distincts

Il est utile de distinguer distinctement les trois niveaux. La CFE-CGC est la confédération, c’est-à-dire la maison commune interprofessionnelle qui donne le cadre stratégique, la représentation nationale et la visibilité globale. La Fédération des Services publics est le niveau sectoriel qui traite spécifiquement de la fonction publique dans son ensemble. Action & Démocratie est enfin le syndicat de spécialité, ancré dans l’Éducation nationale, avec une lecture métier, terrain et académie.

Cette articulation est un atout. Elle évite l’isolement des personnels, tout en permettant de transformer les remontées concrètes en prises de position crédibles dans les espaces de négociation et de concertation. Pour une académie comme celle de Corse, où les réalités de terrain exigent réactivité et finesse d’analyse, ce triptyque est particulièrement cohérent.

Trois portraits en quelques lignes

Christelle Thieffinne est, depuis juin 2026 la présidente de la CFE-CGC, élue lors du 39e congrès confédéral à Strasbourg. Ingénieure en génie des systèmes industriels, entrée à la CFE-CGC en 2004 après une carrière chez Thales, elle a gravi les responsabilités syndicales jusqu’à devenir une figure centrale de la protection sociale, avec une image de militante technique, rigoureuse et expérimentée.

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Photo CFE-CGC

Marie-Christine Caraty est la présidente de la Fédération des Services publics CFE-CGC, avec une forte expérience de la fonction publique d’État et des services fiscaux. Son parcours, notamment à la DGFiP et dans des responsabilités fédérales, illustre une expertise solide des enjeux de statut, de carrière et de représentation des agents publics.

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Photo CFE-CGC

Walter Ceccaroni est le président national d’Action & Démocratie CFE-CGC. À travers un syndicat résolument tourné vers les personnels de l’Éducation nationale, il incarne une ligne de proximité, d’indépendance et d’efficacité revendicative, avec une organisation structurée à l’échelle académique et nationale.

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Photo Action & Démocratie

Pourquoi cela compte pour la Corse

Pour les personnels de l’académie de Corse, l’enjeu n’est pas seulement d’adhérer à un syndicat, mais de s’inscrire dans une organisation capable d’additionner à proximité, expertise et représentativité nationale. Dans les périodes où les réformes s’accélèrent, où les tensions sur les métiers s’aggravent et où le dialogue social devient plus technique, la solidité d’une confédération interprofessionnelle peut faire la différence.

C’est aussi un choix de méthode. Appartenir à une structure nationale représentative, c’est pouvoir faire remonter les situations corses sans les diluer, tout en bénéficiant d’un appui institutionnel pour défendre les dossiers avec sérieux et constance. Autrement dit, l’échelle nationale ne remplace pas le terrain : elle lui donne du poids.

L’Union régionale CFE-CGC de Corse : le pont entre le terrain local et les instances nationales

L’Union régionale CFE-CGC de Corse occupe une place stratégique dans l’organisation syndicale. Son rôle consiste à fédérer les syndicats et les adhérents de toute l’île, à coordonner les actions syndicales de la CFE-CGC en Corse, à relayer les positions nationales tout en les adaptant aux réalités locales, et à porter des revendications spécifiques liées aux particularités du secteur privé comme de la fonction publique en Corse. En pratique, cette structure permet de faire remonter les enjeux corses (statut, carrières, rémunérations, conditions de travail, santé et sécurité) vers les interlocuteurs institutionnels régionaux et les instances nationales. Pour les personnels de l’académie de Corse, appartenir à une organisation intégrée à l’Union régionale CFE-CGC garantit que leurs situations ne sont pas traitées de manière isolée, mais comme une partie d’un ensemble cohérent, avec une voix collective qui a plus de poids dans le dialogue social.

UR Corse accord

Image d’illustration générée via Nano Banana.

Une confiance confirmée

Au terme de cette lecture, une idée s’impose : dans l’Éducation nationale, la force syndicale utile est celle qui sait relier le local au national, le métier à l’institution, et la revendication à la négociation. C’est dans cet esprit que nous pouvons témoigner notre confiance à Christelle Thieffinne, Marie-Christine Caraty et Walter Ceccaroni, dont les responsabilités respectives traduisent une même exigence de sérieux, de représentation et d’engagement.

L’avenir du syndicalisme dans l’Éducation nationale passera sans doute par cette capacité à défendre avec précision, à proposer avec méthode et à représenter avec loyauté. La vraie question est donc simple : dans un monde du travail en recomposition, qui aura encore la force de porter la voix des personnels jusqu’aux lieux où se décident réellement les choses ?

Le bureau académique Action & Démocratie Corse

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Un « socle commun » pour les fonctionnaires : le Réseau des écoles du service public s’active

Un « socle commun » pour les fonctionnaires : le Réseau des écoles du service public s’active

Nouveau président, nouveau programme : vers un formatage des agents de l’État ?

Le Réseau des écoles du service public (RESP), qui regroupe les instituts de formation des cadres de l’État (dont les instituts régionaux d’administration et les structures de formation des cadres de l’éducation), s’est doté d’un nouveau président. Sa feuille de route ? Plancher urgemment sur un « socle commun » du fonctionnaire. Derrière les concepts managériaux, se profile le risque d’une standardisation des métiers.

Ecoles FP
Image d’illustration générée via Nano Banana.

Les axes de ce chantier :

  • Tronc commun de compétences : Volonté d’aligner la formation des cadres et des personnels sur des modules de gestion, de transition managériale et de culture numérique commune.
  • Interopérabilité des corps : Faciliter les passerelles forcées entre différentes administrations, parfois au détriment des expertises métiers spécifiques.
  • Culture du résultat : Infuser les méthodes de gestion du secteur privé dès la formation initiale des cadres administratifs et éducatifs.

La position d’Action & Démocratie  Corse

Vigilance absolue. Un secrétaire administratif de rectorat, un gestionnaire de collège ou un conseiller principal d’éducation n’est pas un manager de projet interchangeable. Nos métiers ont des spécificités statutaires et déontologiques que ce « socle commun » ne doit pas dissoudre.

L’application de modules de formation standardisés nationaux ignore souvent les réalités de terrain des petites structures scolaires et administratives isolées de Corse, où la polyvalence humaine prime sur les process rigides.

« Le service public a besoin de professionnels fiers de leur métier spécifique, pas de gestionnaires interchangeables formés dans le même moule. »

Le bureau académique Action & Démocratie Corse

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Retraites et primes : le Conseil d’orientation des retraites soulève le tapis

Retraites et primes : le Conseil d’orientation des retraites soulève le tapis

Primes hors pension, l’injustice historique va-t-elle enfin cesser ?

Le Parlement vient d’adopter définitivement la loi visant à faciliter l’accès au logement public pour les fonctionnaires. Alors que la crise du logement essore le pouvoir d’achat des agents de l’État, cette initiative législative promet de réserver des quotas de logements sociaux aux agents publics. Une lueur d’espoir ou une simple goutte d’eau dans un océan de béton ?

Calculette
Image d’illustration générée via Nano Banana.

Ce qu’il faut retenir du débat :

  • La double peine : L’État recourt massivement aux indemnités et primes pour ne pas revaloriser le salaire de base, mais ces montants sont exclus du calcul de la pension (Régime des pensions civiles et militaires).
  • Iniquité inter-ministérielle : Les personnels de l’Éducation nationale ont un taux de prime globalement inférieur à d’autres ministères, ce qui lèse doublement leur pouvoir d’achat en activité et leur future pension.
  • Une indexation bloquée : Le calcul sur les 6 derniers mois de traitement brut exclut de fait une part massive de la rémunération réelle globale en fin de carrière.

La position d’Action & Démocratie  Corse

Le syndicat refuse le piège qui consisterait à intégrer les primes en augmentant les cotisations sans hausse équivalente du traitement de base. Nous exigeons la transformation des primes récurrentes en points d’indice sonnants et trébuchants.

Pour l’ensemble des personnels exerçant en Corse, la faiblesse des pensions futures combinée à l’absence de compensation pérenne du coût de la vie insulaire annonce une paupérisation violente au moment du départ à la retraite.

« Exclure les primes des pensions permet à l’État d’afficher des revalorisations en trompe-l’œil tout en économisant sur le dos des futurs retraités. »

Le bureau académique Action & Démocratie Corse

Source : acteurspublics.

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Service public bradé, exécutif sourd

39e congrès CFE-CGC : la nouvelle équipe confédérale

Service public bradé, exécutif sourd, face au recul social, la riposte commence dans les urnes !

L’Éducation nationale s’enfonce chaque jour un peu plus dans une crise profonde : salaires en berne, réformes absurdes déconnectées du terrain, management hors sol et perte de sens généralisée. Vous sentez-vous entendus ou simplement administrés comme de simples variables d’ajustement ?

Si vous pensiez que le syndicalisme traditionnel s’essoufflait, détrompez-vous.

Le 39e congrès confédéral de la CFE-CGC, qui s’est tenu à Strasbourg les 10 et 11 juin 2026, a envoyé un signal d’une puissance rare. Action & Démocratie en la présence de Walter Ceccaroni, (Président national) et de René Chiche (Vice-président national) y était pour porter votre voix, celle de la majorité silencieuse. La coupe est pleine, et la riposte s’organise.

39e congrès CFE-CGC : la nouvelle équipe confédérale
39e congrès CFE-CGC : la nouvelle équipe confédérale

Le constat sans concession de François Hommeril : l’exécutif face à ses responsabilités

Le président sortant de notre confédération, François Hommeril, n’a pas mâché ses mots lors de son discours d’adieu. Fustigeant un pouvoir exécutif sourd aux alertes des travailleurs et dogmatique, il a rappelé le traumatisme de la casse sociale orchestrée ces dernières années. La colère est intacte, la détermination aussi.

« Le drame de notre époque est que la politique s’est mise au service des marchés, là où il devait les encadrer, et protéger la société de leur volonté inextinguible de s’étendre à l’infini, le seul horizon admissible de leurs profits… Puis vint le macronisme, l’apothéose du renoncement. J’ai vu des ministres imbéciles, y compris parfois le premier d’entre eux, incapables de rien comprendre de ce à quoi ils sont censés commander. »

— François Hommeril.

En Corse, cette réalité frappe de plein fouet nos établissements. La « smicardisation » de l’Éducation nationale n’est plus une menace lointaine, c’est le quotidien de bien de nos collègues ; à quand la « clochardisation » ? Quand la hiérarchie impose le « pas de vague » au détriment de la sécurité et du respect des agents, le syndicalisme d’action devient un devoir de légitime défense.

L’union fait la force, une intersyndicale unie face à l’adversité

Face à un rouleau compresseur antisocial, la dispersion est un luxe que nous ne pouvons plus nous offrir. Le signal envoyé à Strasbourg est fort : la présence des dirigeants des quatre autres confédérations interprofessionnelles représentatives de France (CGT, CFDT, FO et CFTC) prouve que les lignes bougent.

« L’unité syndicale peut réconcilier pas mal de citoyens et de citoyennes avec l’action collective. »

— Marylise Léon, Secrétaire générale de la CFDT,en visite au 39e congrès confédéral de la CFE-CGC à Strasbourg.

« Je veux remercier Emmanuel Macron et Patrick Martin (président du Medef) qui nous soudent. »

— Sophie Binet, Secrétaire générale de la Confédération générale du travail CGT, en visite 39e au congrès confédéral de la CFE-CGC à Strasbourg.

L’heure est au front commun. Au-delà des divergences de chapelles, les organisations syndicales font le choix de l’unité d’action sur les dossiers fondamentaux : salaires, conditions de travail et défense des services publics.

Action & Démocratie s’inscrit pleinement dans cette dynamique. Nous croyons en un syndicalisme utile, un syndicalisme qui ne se contente pas d’accompagner le déclin ou de signer des compromis de salon, mais qui combat fermement sur le terrain et devant le Tribunal Administratif ou le Conseil d’État quand il le faut.

Fonction publique, l’intersyndicale presse Matignon d’agir sur les salaires

Cette unité d’action ne se limite pas aux discours de tribune ; elle se traduit par une offensive frontale et coordonnée envers Matignon. Par deux courriers successifs, datés du 18 mai et du 10 juin 2026, l’intersyndicale de la fonction publique (CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP) a alerté le Premier ministre sur l’urgence salariale majeure qui frappe les 6 millions d’agents publics.

Service public intersyndicale
Fonction publique : l’intersyndicale presse Matignon d’agir sur les salaires

Les organisations dénoncent une « smicardisation » galopante, illustrée par le chiffre alarmant de 862 000 agents désormais contraints de percevoir une indemnité différentielle pour ne pas tomber sous le niveau du salaire minimum. Face à un gouvernement qui qualifie le système de rémunération d’« obsolète » pour mieux justifier son inertie.

« L’intersyndicale exige une revalorisation immédiate et significative de la valeur du point d’indice, indexée sur l’inflation, ainsi que le rétablissement de la garantie individuelle de pouvoir d’achat (GIPA). »

Le refus persistant du Premier ministre de recevoir les secrétaires généraux en personne est jugé inacceptable par les représentants des personnels, qui voient dans ce mutisme un signe de mépris envers des missions essentielles à la cohésion du pays.

Lire les courriers :

Élections professionnelles 2026, c’est le moment de reprendre le contrôle

Le véritable pouvoir des personnels de la fonction publique va s’exprimer massivement d’ici quelques mois.Les élections professionnelles de 2026 ne seront pas un simple scrutin administratif de plus ; elles seront un référendum contre le mépris et la dégradation de nos métiers.

Chaque voix comptera pour imposer un rapport de force favorable face au Rectorat et au Ministère.

Voter, c’est choisir qui vous défendra lors des CSA-A (Comité Social d’Administration Académique) ou des CAPA (Commission Administrative Paritaire Académique). C’est maintenant ou jamais le moment de vous mobiliser. Si vous voulez que votre travail et votre mérite soient reconnus, la réponse est dans votre bulletin de vote.

Brisez le silence

Les constats ne suffisent plus, il faut agir. Le premier acte de résistance, c’est l’engagement collectif.

Nous vous lançons un appel solennel : mobilisez-vous, syndiquez-vous.

Faites-le là où vos convictions vous portent, quel que soit le syndicat, car un service public fort a besoin de personnels syndiqués et debout.

Évidemment, nous préférerions que votre choix se porte sur Action & Démocratie, un syndicat libre, indépendant de tout parti politique et qui refuse la langue de bois.

Ne subissez plus les réformes absurdes en restant isolés. Rejoignez-nous pour rebâtir une école de l’exigence et du respect.

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