Du télétravail aux télévacances

Du télétravail aux télévacances

Quand le rectorat ferme ses portes, les urgences ne prennent pas de vacances, passe-t-on du télétravail aux télévacances ?

Le rectorat de l’académie de Corse a fermé ses portes au public du 24 juillet au 19 août inclus. Les dossiers sont censés dormir du sommeil du juste. Les agents peuvent profiter d’un repos estival, certes imposé, néanmoins bien mérité, après une année d’engagement au service de l’École.

Mais que se passe-t-il lorsque la réalité institutionnelle et informatique refuse d’appliquer la note de service ?

Entre l’annonce en Conseil des ministres du départ du Recteur Rémi-François Paolini le 27 juillet, la prise de fonction de sa successeure Nathalie Mons le 3 août et la survenue d’une vague d’attaques informatiques critiques signalée par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), la trêve estivale vire au casse-tête. À défaut d’astreintes organisées et indemnisées, certains personnels découvrent-ils à leurs dépens le concept des « télévacances » ?

Action & Démocratie Corse remet les pendules à l’heure : si l’académie doit faire face aux imprévus, la continuité du service public ne saurait reposer sur le piétinement du droit au repos des agents.

Valse des recteurs à portes closes

Le lundi 27 juillet 2026, la nouvelle tombe : Rémi-François Paolini quitte ses fonctions de recteur et laisse sa place à Nathalie Mons dès le 3 août. Sur le papier national, la continuité républicaine est fluide. Sur le terrain académique, c’est un tour de force administratif.

La magie des prises de fonction virtuelle

Comment installer une autorité académique dans des locaux totalement fermés et sécurisés, alors que les équipes administratives sont officiellement dispersées aux quatre coins de l’île, sur le continent ou à l’étranger ? La réalité rattrape rapidement les beaux discours.

Si des agents étaient sollicités pendant leurs congés pour procéder en urgence à des créations de comptes, des migrations de fichiers ou des interventions physiques en dehors de toute procédure formalisée, une telle pratique serait inadmissible. Si la gouvernance académique évolue, cela ne doit pas se faire au prix de sollicitations informelles sur le temps de repos des personnels.

Les hackers ne respectent pas les notes de service sur les congés

Pendant que les clés du rectorat sont sous clé, les réseaux informatiques subissent la pression. En plein cœur de l’été, la direction centrale et l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) ont lancé une alerte critique concernant des attaques informatiques d’une gravité exceptionnelle visant les serveurs de plusieurs académies.

Le ministère de l’Éducation nationale a été victime d’une intrusion frauduleuse dans l’un de ses systèmes d’information. Cette intrusion a pu conduire à l’exfiltration de données à caractère personnel concernant un nombre important de ses agents. Les investigations se poursuivent pour en établir le périmètre exact.

Source : Incident de sécurité affectant les données de personnels de l’éducation nationale – education.gouv.fr

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Photo de Kevin Horvatsur Unsplash

Face à des risques signalés pesant sur les opérations de rentrée à la mi-août : les consignes jointes aux alertes imposent aux académies de conserver une capacité d’intervention rapide. Mais avec quelles équipes ? Les Responsables de la sécurité des systèmes d’information (RSSI), ingénieurs et techniciens de l’académie de Corse sont en congés légaux, sans plan de permanence ou d’astreinte formalisé ni indemnisé.

Bienvenue en « télévacances »

Il y a là un paradoxe saisissant : exiger des agents une vigilance et une intervention immédiates depuis leur transat, tout en oubliant de planifier administrativement les moyens d’un service d’urgence rémunéré.

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Photo de Humphrey Msur Unsplash

Quel est le cadre légal du rappel d’un agent en congé ?

Face à la tentation des appels et messages informels pendant les vacances, Action & Démocratie Corse rappelle avec fermeté les principes du droit de la fonction publique :

  1. L’absence d’obligation de réponse :

    Un agent en congé annuel légalement accordé n’a aucune obligation de consulter sa boîte courriel professionnelle ni de répondre aux sollicitations sur son téléphone personnel.

  2. Le cadre strict du rappel d’agent :

    Conformément à la réglementation sur les congés, la continuité de service ne s’improvise pas. Le rappel d’un agent en vacances répond à des règles strictes qui peuvent varier selon les corps, les statuts et les circonstances (urgence absolue, personnels de direction, contractuels, cadres…)

  3. Le dédommagement et la prise en charge :

    Tout rappel légal implique le remboursement intégral des frais de transport engagés et la restitution stricte des jours de congés interrompus.

Ce que dit le droit

✔ Le congé annuel est un temps de repos.

✔ Un agent en congé ne peut pas être placé sous astreinte.

✔ Une astreinte doit être organisée et indemnisée.

✔ Une permanence n’est pas un congé.

✔Une sollicitation informelle (appel, SMS ou courriel) ne suffit pas, à elle seule, à interrompre un congé annuel ni à créer une obligation de reprendre le service.

Sources : Ces principes résultent notamment du décret n°84-972 du 26 octobre 1984 et de la circulaire MENH2201470C sur l’organisation du temps de travail.

Notre analyse syndicale

La continuité du service public est une obligation de l’administration. Elle ne peut reposer sur la disponibilité informelle d’agents en congé. Lorsque cette continuité nécessite des interventions en période estivale, celles-ci doivent être anticipées, organisées et indemnisées dans le respect des droits des personnels.

Pour Action & Démocratie Corse, l’engagement et le sens du service public des personnels de l’académie de Corse ne doivent plus servir de variable d’ajustement aux défaillances d’anticipation de l’administration.

Action & Démocratie Corse demande :

  • Le respect absolu du droit au repos et à la déconnexion : L’arrêt immédiat des sollicitations informelles des agents pendant leurs congés légaux.
  • Un plan de permanence ou d’astreinte rémunérée : La création d’un tableau de permanence officiel ou d’astreinte rémunérée pour chaque service durant les fermetures du rectorat au public.

Le bureau académique Action & Démocratie Corse

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Vous êtes sollicité pendant vos congés par simple appel ou message informel ?

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MEDEF la grande mystification contre le Service public

MEDEF la grande mystification contre le Service public

Le plan MEDEF 2026 sur la dépense publique ou la grande mystification contre le Service public

Vous est-il déjà arrivé d’entendre un diagnostic financier tellement orienté qu’il en devient une caricature ? C’est exactement le sentiment qui prédomine à la lecture de la « Stratégie de redressement des finances publiques » présentée le 30 juin 2026 par le MEDEF (Mouvement des Entreprises de France). Sous couvert d’une « urgence budgétaire », le patronat prescrit la même purge : sabrer dans les dépenses de l’État, geler la rémunération des agents publics et supprimer massivement des postes de fonctionnaires. Mais à quel prix social et avec quelle logique économique ?

Action & Démocratie Corse décode ce plan austéritaire qui menace directement l’École publique, la santé et l’avenir de nos retraites.

La saignée des effectifs avec plus de 200 000 postes publics sacrifiés

Pour réduire le déficit public de 30 milliards d’euros, la recette du MEDEF est d’une grande brutalité : réinstaurer le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Derrière ce slogan technocratique se cache un véritable séisme pour les trois versants de la Fonction publique : la FPE (Fonction Publique d’État), la FPT (Fonction Publique Territoriale) et la FPH (Fonction Publique Hospitalière).

Chaque année, la Fonction publique enregistre environ 130 000 à 150 000 départs en retraite. Appliquer la règle patronale du « un sur deux », c’est programmer la destruction nette de 65 000 à 75 000 emplois publics par an. À l’horizon 2029-2030, ce sont plus de 200 000 à 300 000 postes de professeurs, de soignants, de policiers et d’agents territoriaux qui disparaîtraient des territoires ! Dans les classes et dans les hôpitaux, la dégradation du service public deviendrait irréversible.

« Réduire le nombre de fonctionnaires sous prétexte de redressement budgétaire, c’est priver les citoyens du seul bien de ceux qui n’en ont pas : le Service public. »

L’effet boomerang sur les retraites : une dégradation mécanique de la répartition

Le plan du MEDEF comporte un point aveugle dramatique pour le financement des retraites. Notre système repose sur la répartition. Les cotisations des actifs d’aujourd’hui financent les pensions des retraités actuels.

En supprimant plus de 200 000 postes de fonctionnaires, l’État se prive immédiatement de 200 000 cotisants actifs. Le CAS (Compte d’Affectation Spéciale) Pensions et la CNRACL (Caisse Nationale de Retraite des Agents des Collectivités Locales) subiraient un manque à gagner colossal. Cette baisse des cotisations versées dégrade mécaniquement l’équilibre financier du régime de retraite de l’État. Résultat : pour combler le trou créé par sa propre politique, l’État devrait réinjecter des milliards d’euros de subventions d’équilibre, annulant une grande partie des économies espérées !

Le silence assourdissant du patronat sur les 211 milliards d’aides aux entreprises

Il semble que la charité bien ordonnée ne commence pas par soi-même. Alors que le MEDEF exige des efforts surhumains aux agents publics et aux usagers, que propose-t-il pour le monde économique ? Absolument aucun effort. Pire, il réclame de nouvelles baisses de prélèvements sur la production.

Pourtant, le rapport de la commission d’enquête du Sénat publié en juillet 2025 a révélé un chiffre étourdissant : les aides publiques versées aux entreprises s’élèvent désormais à 211 milliards d’euros par an. Exonérations de cotisations sociales, CIR (Crédit d’Impôt Recherche), subventions diverses…

Ces sommes ont explosé sans la moindre évaluation ni contrepartie sur l’emploi ou la relocalisation. Il est inacceptable de demander aux enseignants, aux soignants, aux pompiers et autres agents publics de payer la facture pendant que des milliards d’aides coulent sans contrôle vers de grands groupes distribuant des dividendes record.

La dette publique : un épouvantail instrumentaliser

Pour justifier son plan de rigueur, le patronat brandit l’argument de la dette publique. Regardons les chiffres avec rigueur. S’il est exact que le montant nominal de la dette atteint un sommet, exprimé en pourcentage du PIB (Produit Intérieur Brut), le niveau actuel (~113 % du PIB) demeure inférieur au pic historique atteint en 2020 au plus fort de la crise sanitaire du Covid-19 (115,6 % du PIB).

Instrumentaliser la dette pour imposer le dogme du « moins d’État » est un choix politique, non une fatalité économique.

La contre-proposition d’Action & Démocratie Corse : responsabilité et équité

Face à ce projet d’asphyxie du secteur public, Action & Démocratie Corse formule une proposition juste et chiffrée :

  • Conditionner et rationaliser les aides aux entreprises : En instaurant un contrôle strict et un ciblage rigoureux des aides patronales non évaluées.

Le rapport sénatorial souligne que sur les 2 200 dispositifs d’aides recensés, la part bénéficiant d’une évaluation scientifique, régulière et indépendante de son impact économique réel est proche de zéro.

  • Protéger l’École et les services essentiels : Sanctuariser les postes d’enseignants et d’agents publics, restaurer l’attractivité de nos métiers par une revalorisation indiciaire globale et préserver notre système de retraite par répartition.

Le bureau académique Action & Démocratie Corse

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les agents publics sont en détresse

les agents publics sont en détresse

Lorsque la bureaucratie secrète de la souffrance au travail, les agents publics sont en détresse.

Ressentez-vous cette impression étouffante d’être devenu une simple ligne budgétaire ou un numéro de dossier face à une administration toujours plus distante et rigide ? Vous n’êtes pas seul. Partout en France, et tout particulièrement en Corse où l’insularité accentue l’isolement institutionnel, des milliers d’agents publics exercent leurs missions dans la douleur, ignorés par une gestion des ressources humaines déconnectée des réalités du terrain.

Photo de Vitaly Garievsur Unsplash

Le rapport 2025 de la Médiatrice de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, intitulé « Porter attention aux vulnérabilités, agir en faveur de la santé mentale », dresse un constat accablant. Loin de s’apaiser, la crise de la souffrance au travail dans la Fonction publique franchit un nouveau cap alarmant. Chez Action & Démocratie Corse, nous refusons de fermer les yeux sur cette déhumanisation programmée.

Une explosion inédite des saisines : Le cri d’alarme du terrain

En 2025, les services de la médiation ont traité un nombre record de 28 450 saisines, soit une augmentation spectaculaire de +20 % en un an et de +51 % sur cinq ans. Cette accélération continue n’est pas un simple phénomène statistique : elle est le symptôme direct d’un mal-être généralisé qui traverse l’ensemble de la communauté éducative.

Les personnels de l’Éducation nationale (enseignants, administratifs, personnels de santé et d’accompagnement) représentent désormais près du quart des saisines totales (6 228 dossiers). Derrière ces chiffres se cachent des femmes et des hommes confrontés à la dégradation continuelle de leurs conditions de travail, au manque d’effectifs et à un management hors-sol qui privilégie la norme sur l’humain.

Quand l’administration produit elle-même la souffrance psychique

Pour la première fois avec une telle clarté dans un document officiel, la Médiatrice pointe la responsabilité directe des procédures administratives dans la dégradation de la santé mentale des agents :

« Des modes de fonctionnement qui produisent eux-mêmes de la souffrance psychique. En effet, une gestion administrative parfois complexe, s’attachant moins à l’objectif poursuivi qu’à l’application stricte de la réglementation, peut avoir des conséquences graves […] entraînant une dégradation de l’état de santé de personnes déjà fragilisées. »

Rapport annuel 2025 de la Médiatrice de l’Éducation nationale.

Cette « violence éthique » frappe de plein fouet l’engagement des fonctionnaires. Vouloir bien faire son travail sans en avoir les moyens ou se heurter à un mur de silence lorsqu’un problème de paie survient génère une perte de sens tragique.

Les personnels précarisés en première ligne

L’analyse détaillée des requêtes révèle une injustice flagrante envers les personnels non titulaires et les petites rémunérations :

  • Contractuels non-enseignants : Leurs saisines ont explosé de +335 % en 5 ans.
  • Accompagnants des Élèves en Situation de Handicap (AESH) : Les contestations liées aux retards de paiement et aux erreurs de fiches de paie ont bondi de +863 % depuis 2020.
  • Litiges financiers : Ils constituent désormais le premier sujet de plainte des agents (43 % des saisines), en hausse de +200 % en cinq ans.

Comment accepter que des agents publics, indispensables au fonctionnement de l’École inclusive, soient contraints de supplier pour obtenir la paye qui leur est légitimement due ?

Recommandations d’Action & Démocratie Corse

Le rapport 2025 confirme ce que nous dénonçons quotidiennement sur le terrain : le malaise des agents publics n’est pas un problème individuel, mais une défaillance systémique de l’État employeur.

Pour Action & Démocratie Corse, cette situation n’est plus tenable. En Corse, où le surcoût de la vie insulaire aggrave la précarité, la défaillance des services de gestion académiques plonge des familles entières dans l’angoisse financière et le désarroi psychologique.

Nous l’affirmons avec force : la santé mentale des personnels n’est pas une variable d’ajustement !

Nos propositions d’action immédiate :

  1. Rétablissement d’une gestion des ressources humaines (RH) de proximité et humaine : Stopper la dématérialisation à outrance qui coupe les agents de leurs gestionnaires. Nous exigeons un interlocuteur humain identifié dans chaque Direction des Services Départementaux de l’Éducation Nationale (DSDEN) et au Rectorat.
  2. Garantie du traitement dès le premier mois : Instauration d’un virement conservatoire d’urgence pour tout contractuel ou AESH recruté, interdisant tout retard de versement supérieur à 15 jours.
  3. Plan de titularisation et de revalorisation : Mettre fin à la précarité structurelle en offrant de véritables perspectives de carrière et de statut.
  4. Protection fonctionnelle effective : Garantir un accompagnement juridique et psychologique systématique face à l’augmentation des agressions et Risques Psychosociaux (RPS).

Le bureau académique Action & Démocratie Corse

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Ne restez plus isolé(e) face à l’administration !

Vous faites face à une erreur de rémunération, un refus d’aménagement de poste, une situation de harcèlement ou un épuisement professionnel ?

Action & Démocratie Corse est là pour porter votre voix, défendre vos droits et vous accompagner auprès de l’administration pour respecter vos droits et votre dignité.

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Autonomie de la Corse, la clause de non-régression sociale est une garantie décisive !

Le syndicat de tous les personnels de l'Éducation nationale.

Communiqué

Le texte sur l’autonomie de la Corse vient de franchir une étape historique à l’Assemblée nationale.

Au cœur des débats en première lecture : l’introduction d’une clause de non-régression sociale.

Pour Action & Démocratie Corse, cette garantie majeure valide notre combat pour le « mieux-disant » et pose les bases de protections indispensables pour l’avenir des agents de l’Éducation nationale.

Avez-vous mesuré le changement historique qui se prépare pour nos métiers ?

Si le rapport « Autonomia » validé par l’Assemblée de Corse trace la voie d’une évolution institutionnelle d’ampleur, le vote en première lecture à l’Assemblée nationale apporte une sécurité juridique que nous réclamions de longue date. En intégrant le principe d’une clause de non-régression sociale, le législateur pose un garde-fou capital.

Pour tous les personnels de notre académie, c’est la certitude que l’avenir ne se construira pas au détriment de leurs droits.

Le « mieux-disant social » : une exigence syndicale signée Action & Démocratie Corse

Depuis le début des discussions sur l’évolution statutaire de l’île, Action & Démocratie Corse martèle la même exigence : le statut d’autonomie doit être un levier de progrès, pas un vecteur de précarisation. La notion de « mieux-disant », que nous portons avec force, exige que les normes locales soient toujours plus favorables que le droit commun, ou au minimum équivalentes.

L’introduction de la clause de non-régression sociale à l’Assemblée nationale répond directement à cette préoccupation. Elle fait écho à l’engagement de la délibération n’ 23/089 AC de l’Assemblée de Corse qui prévoit des « mécanismes juridiques et politiques instituant des effets cliquets ». L’objectif est clair : la production de lois ou de règlements par la future Collectivité autonome ne pourra en aucun cas conduire à un recul des acquis sociaux. Vos droits seront préservés, voire améliorés.

Transfert de la compétence éducation : pas de transfert sans moyens humains !

Le rapport « Autonomia » envisage explicitement le transfert à la Collectivité autonome de Corse de la « politique de l’éducation, y compris l’enseignement secondaire ». Article 11.1, Délibération n° 23/089 AC de l’Assemblée de Corse.

Pour de nombreux collègues, cette perspective de devenir fonctionnaire territorial soulève des questions légitimes sur la gestion des carrières, le mouvement ou le régime indemnitaire.

Sur ce point, notre ligne syndicale est d’une fermeté absolue : aucun transfert de compétences ne pourra s’opérer sans le transfert simultané et intégral des moyens humains et financiers correspondants.

L’article 13 de la délibération de l’Assemblée de Corse est d’ailleurs sans équivoque à cet égard :

«EXIGE que tout transfert de compétence implique les transferts de
moyens humains et financiers correspondants.» Article 13, Délibération n° 23/089 AC de l’Assemblée de Corse.

Action & Démocratie Corse veillera à ce que l’État ne se désengage pas et que chaque poste, chaque dotation horaire globale (DHG) et chaque garantie de carrière soient sanctuarisés.

« Les transferts de personnels seront précédés d’un cycle de discussions sectorielles, avec les membres, organisations syndicales et professionnelles. » – Article 14.1, Délibération n° 23/089 AC de l’Assemblée de Corse.

Action & Démocratie Corse : votre vigie face aux réformes

Le principe de progressivité retenu pour la mise en œuvre de l’autonomie doit nous permettre de négocier chaque avancée. Des groupes de travail thématiques devront impérativement associer les organisations syndicales pour baliser les contours de la future fonction publique territoriale corse.

Action & Démocratie Corse y participera avec un objectif unique : défendre le statut des agents et imposer le modèle du mieux-disant dans les domaines du droit du travail et de la protection sociale.

L’autonomie ne doit pas être synonyme d’isolement, mais d’émancipation réussie et sécurisée pour les personnels qui font vivre l’école publique en Corse.

Le bureau académique Action & Démocratie Corse

Sources :

Ne restez pas isolés face au changement !

Restez informés et pesons ensemble sur les futures négociations statutaires.

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Trois niveaux, une même force pour les salariés de Corse

Trois niveaux, une même force pour les salariés de Corse

Et si la vraie puissance syndicale ne tenait pas seulement à la contestation, mais à la capacité d’agir à tous les étages, du terrain local jusqu’aux instances nationales ?
Pour les personnels de l’Éducation nationale en Corse, comprendre le rôle respectif de la Confédération interprofessionnel CFE-CGC, de la Fédération des Services publics CFE-CGC et d’Action & Démocratie CFE-CGC est essentiel pour mesurer où se construisent les protections, les droits et les avancées concrètes : trois niveaux, une même force pour les salariés de Corse.

Photo de Imagine Buddysur Unsplash

Une confédération interprofessionnelle qui pèse au niveau national

La CFE-CGC est une confédération interprofessionnelle fondée en 1944, historiquement ancrée dans la représentation des cadres et de l’encadrement, et qui revendique aujourd’hui plus de 170 000 adhérents, plus de 10 000 sections syndicales, 27 fédérations, 96 unions départementales et 18 unions régionales. Ce socle national lui donne une capacité d’influence importante dans le dialogue social, y compris sur les sujets transversaux qui concernent les agents publics, les rémunérations, les retraites ou l’organisation du travail.

Son intérêt, pour les personnels de l’Éducation nationale, est clair : appartenir à une confédération représentative, structurée et reconnue, c’est bénéficier d’une force d’appui qui dépasse le seul périmètre académique. C’est aussi pouvoir faire remonter des revendications locales vers une architecture syndicale nationale capable d’intervenir dans les instances de haut niveau.

La Fédération des Services publics : le bon niveau pour la fonction publique

La Fédération des Services publics CFE-CGC ne couvre pas l’ensemble du privé ou de l’économie : elle se concentre sur la fonction publique, avec un périmètre qui englobe les trois versants — État, territorial et hospitalière — ainsi que les établissements publics EPIC et EPA. Elle a été créée en 1959 et traite des sujets touchant directement les agents publics : statut, qualité de vie au travail, santé et sécurité, retraites, handicap, carrières et rémunérations.

C’est précisément ce qui concerne le rendu stratégique pour les personnels de l’Éducation nationale. Dans un environnement où les décisions nationales pèsent fortement sur les conditions de travail, une fédération spécialisée permet de porter des revendications techniques, argumentées et adaptées aux réalités du service public. La Fédération indique disposer d’un siège au Conseil commun de la fonction publique et d’un siège au Conseil supérieur de la fonction publique de l’État, ce qui renforce sa capacité d’action institutionnelle. 

Action & Démocratie : la voix de terrain de l’Éducation nationale

Action & Démocratie CFE-CGC est un syndicat national dédié aux personnels de l’Éducation nationale, au sein de la fédération de la fonction publique CFE-CGC. Sa vocation est simple et puissante : défendre les intérêts matériels et moraux de la profession, sans renoncer à l’indépendance ni à la proximité avec le terrain.

Son organisation est pensée pour coller aux réalités académiques : un secrétariat national, un bureau national, des référents par corps, et dans chaque académie, un ou une président(e) académique entouré(e) d’une équipe locale. Pour la Corse, cette logique de proximité est particulièrement précieuse, car elle permet de relier les situations vécues dans les établissements aux arbitrages nationaux et confédéraux.

Des périmètres bien distincts

Il est utile de distinguer distinctement les trois niveaux. La CFE-CGC est la confédération, c’est-à-dire la maison commune interprofessionnelle qui donne le cadre stratégique, la représentation nationale et la visibilité globale. La Fédération des Services publics est le niveau sectoriel qui traite spécifiquement de la fonction publique dans son ensemble. Action & Démocratie est enfin le syndicat de spécialité, ancré dans l’Éducation nationale, avec une lecture métier, terrain et académie.

Cette articulation est un atout. Elle évite l’isolement des personnels, tout en permettant de transformer les remontées concrètes en prises de position crédibles dans les espaces de négociation et de concertation. Pour une académie comme celle de Corse, où les réalités de terrain exigent réactivité et finesse d’analyse, ce triptyque est particulièrement cohérent.

Trois portraits en quelques lignes

Christelle Thieffinne est, depuis juin 2026 la présidente de la CFE-CGC, élue lors du 39e congrès confédéral à Strasbourg. Ingénieure en génie des systèmes industriels, entrée à la CFE-CGC en 2004 après une carrière chez Thales, elle a gravi les responsabilités syndicales jusqu’à devenir une figure centrale de la protection sociale, avec une image de militante technique, rigoureuse et expérimentée.

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Photo CFE-CGC

Marie-Christine Caraty est la présidente de la Fédération des Services publics CFE-CGC, avec une forte expérience de la fonction publique d’État et des services fiscaux. Son parcours, notamment à la DGFiP et dans des responsabilités fédérales, illustre une expertise solide des enjeux de statut, de carrière et de représentation des agents publics.

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Photo CFE-CGC

Walter Ceccaroni est le président national d’Action & Démocratie CFE-CGC. À travers un syndicat résolument tourné vers les personnels de l’Éducation nationale, il incarne une ligne de proximité, d’indépendance et d’efficacité revendicative, avec une organisation structurée à l’échelle académique et nationale.

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Photo Action & Démocratie

Pourquoi cela compte pour la Corse

Pour les personnels de l’académie de Corse, l’enjeu n’est pas seulement d’adhérer à un syndicat, mais de s’inscrire dans une organisation capable d’additionner à proximité, expertise et représentativité nationale. Dans les périodes où les réformes s’accélèrent, où les tensions sur les métiers s’aggravent et où le dialogue social devient plus technique, la solidité d’une confédération interprofessionnelle peut faire la différence.

C’est aussi un choix de méthode. Appartenir à une structure nationale représentative, c’est pouvoir faire remonter les situations corses sans les diluer, tout en bénéficiant d’un appui institutionnel pour défendre les dossiers avec sérieux et constance. Autrement dit, l’échelle nationale ne remplace pas le terrain : elle lui donne du poids.

L’Union régionale CFE-CGC de Corse : le pont entre le terrain local et les instances nationales

L’Union régionale CFE-CGC de Corse occupe une place stratégique dans l’organisation syndicale. Son rôle consiste à fédérer les syndicats et les adhérents de toute l’île, à coordonner les actions syndicales de la CFE-CGC en Corse, à relayer les positions nationales tout en les adaptant aux réalités locales, et à porter des revendications spécifiques liées aux particularités du secteur privé comme de la fonction publique en Corse. En pratique, cette structure permet de faire remonter les enjeux corses (statut, carrières, rémunérations, conditions de travail, santé et sécurité) vers les interlocuteurs institutionnels régionaux et les instances nationales. Pour les personnels de l’académie de Corse, appartenir à une organisation intégrée à l’Union régionale CFE-CGC garantit que leurs situations ne sont pas traitées de manière isolée, mais comme une partie d’un ensemble cohérent, avec une voix collective qui a plus de poids dans le dialogue social.

UR Corse accord

Image d’illustration générée via Nano Banana.

Une confiance confirmée

Au terme de cette lecture, une idée s’impose : dans l’Éducation nationale, la force syndicale utile est celle qui sait relier le local au national, le métier à l’institution, et la revendication à la négociation. C’est dans cet esprit que nous pouvons témoigner notre confiance à Christelle Thieffinne, Marie-Christine Caraty et Walter Ceccaroni, dont les responsabilités respectives traduisent une même exigence de sérieux, de représentation et d’engagement.

L’avenir du syndicalisme dans l’Éducation nationale passera sans doute par cette capacité à défendre avec précision, à proposer avec méthode et à représenter avec loyauté. La vraie question est donc simple : dans un monde du travail en recomposition, qui aura encore la force de porter la voix des personnels jusqu’aux lieux où se décident réellement les choses ?

Le bureau académique Action & Démocratie Corse

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Menaces contre les enseignants, jusqu’où ira la banalisation de l’inacceptable ?

Le syndicat de tous les personnels de l'Éducation nationale.

Communiqué

Soutien total et indéfectible à nos collègues du collège du Taravo

Vous levez-vous chaque matin avec le sentiment d’aller travailler en toute sécurité ?

Cette question, qui devrait être superflue, est pourtant devenue lancinante. Un événement récent, d’une violence inadmissible, nous force à regarder la réalité en face et à exiger une réponse ferme et sans équivoque de la part de notre institution.

Logo Action & Démocratie Corse

Ce communiqué décrypte une agression qui n’est pas un fait divers, mais le symptôme d’un mal profond qui ronge notre École.

Au collège du Taravo : une agression d’une violence inouïe.

Ce jeudi 20 novembre, au collège de Sainte-Marie-Siché, site du Taravo, les limites de l’acceptable ont été pulvérisées. Un père de famille, décrit comme particulièrement virulent, s’est présenté devant l’établissement pour y déverser un torrent de haine. Pendant plus d’une heure, il a proféré des hurlements, des insultes et des menaces de mort directes à l’encontre d’un professeur d’éducation physique et sportive, qui se trouvait fort heureusement absent au moment des faits, tout en insultant violemment la Conseillère Principale d’Éducation.
 
La scène s’est déroulée sous les yeux médusés d’autres enseignants et, plus grave encore, de nombreux élèves, dont certains ont été laissés en état de choc. Le motif de départ de cette fureur ? Une affaire « assez obscure » selon le rectorat, qui serait liée soit à des heures de colle non réalisées par son fils, soit à un refus de ce dernier de ramasser des détritus.
 
Une réaction totalement disproportionnée qui en dit long sur la perte de repères de certains parents.
Il ne s’agissait d’ailleurs pas d’un incident isolé, ce même parent ayant déjà provoqué des tensions, bien que moins graves, l’année précédente.
Le choc et l’incompréhension sont palpables au sein de la communauté éducative locale, comme en témoigne ce cri du cœur d’un enseignant :
 
« Vous vous rendez compte, en arriver jusque là, ici, en Corse ? »
 

Droit de retrait et article 40 : la communauté éducative se défend.

 
Face à cette agression, la réaction des personnels a été immédiate et exemplaire. Dans un élan de solidarité, l’ensemble des professeurs du collège du Taravo a exercé son droit de retrait dès le lendemain, le vendredi 21 novembre, laissant les grilles de l’établissement fermées. Une décision forte pour dénoncer l’inadmissible.
 

Face à cette attaque, la riposte juridique et institutionnelle s’est immédiatement organisée

  • Le principal de l’établissement, la Conseillère Principale d’Éducation et le professeur menacé ont annoncé leur intention de déposer plainte.
  • Le recteur a saisi le procureur de la République d’Ajaccio, Nicolas Septe, via un article 40 du Code de procédure pénale, qui oblige tout fonctionnaire à signaler un crime ou un délit dont il a connaissance.
  • Une enquête a été ouverte pour « menaces aggravées à destination d’une personne chargée de mission de service public ».
 
Si nous saluons la solidarité sans faille des collègues et le respect des procédures par l’institution, nous sommes en droit de nous interroger. Cette réponse, bien que procéduralement correcte, soulève une question fondamentale : celle de la défaillance de l’État dans son obligation de sécurité en tant qu’employeur. Laisser ses agents en première ligne face à une telle violence, c’est faillir à un devoir essentiel.
 

De la Corse à Rennes et l’ensemble des territoires : un même sentiment d’abandon.

L’agression du Taravo n’est malheureusement pas un cas isolé. Elle résonne tragiquement avec un incident survenu à Rennes le 10 octobre dernier. Là-bas, le directeur d’une école maternelle a été menacé de mort par un parent qui refusait que sa fille soit encadrée par un homme.
 
Deux lieux, deux contextes, mais une même violence et un même mépris pour l’institution scolaire.
 
Un enseignant du Taravo met des mots sur ce que beaucoup d’entre nous constatent au quotidien : 
 

« On voit de plus en plus de parents dépassés, persuadés que leurs enfants ne peuvent jamais être fautifs et que tout vient des professeurs. »

Une attitude qui fait directement écho à la situation du Taravo, où l’élève concerné était lui-même connu pour causer de nombreux troubles dans ses différentes classes. Cette perception erronée, où l’enseignant devient le bouc émissaire, est le terreau de ces agressions.
 
Pourtant, la société attend de l’École qu’elle soit un sanctuaire. Le témoignage d’une mère d’élève à Rennes, mobilisée en soutien au directeur menacé, est à ce titre éloquent : « Pour que les enseignants, soient protégés et puissent faire leur travail correctement, sans être agressés, ou qu’on leur manque de respect. »
 
Ces cas ne sont pas de simples « faits divers ». Ils sont les symptômes alarmants d’une défaillance de l’autorité de l’État et d’un effondrement du respect dû aux personnels de l’Éducation Nationale.
 
Des sanctions exemplaires doivent être prononcées contre les auteurs de ces menaces pour réaffirmer que l’école n’est pas une zone de non-droit.
 

Notre Soutien Indéfectible et notre Exigence de Protection

La situation est grave, en Corse comme sur le continent. La banalisation des menaces et des agressions verbales ou physiques contre les enseignants est une ligne rouge qui a été franchie depuis trop longtemps.
 
Notre organisation syndicale apporte son soutien total et indéfectible à nos collègues du collège du Taravo, à l’ensemble de l’équipe pédagogique qui a su réagir avec courage et dignité, ainsi qu’à tous les personnels de l’académie de Corse qui subissent ces pressions au quotidien.
 
Mais le soutien ne suffit plus. Il est temps d’exiger des actes. Combien d’agressions faudra-t-il encore tolérer avant que la protection des personnels de l’Éducation ne devienne enfin une priorité absolue et non une simple incantation ?
 
Nous tenons à rappeler à l’ensemble des personnels de l’académie de Corse l’existence du guide académique d’accompagnement intitulé « Gestion des situations complexes », dont l’élaboration a bénéficié de la participation des organisations syndicales. Cet outil précieux met à disposition des personnels l’ensemble des procédures visant à garantir un soutien inconditionnel de l’institution en cas d’incivilité ou d’agression dans le cadre de leurs fonctions. Ce guide est téléchargeable à l’adresse suivante :
Nous encourageons vivement chacun à en prendre connaissance.
 
Action & Démocratie / CFE – CGC Corse continuera d’œuvrer pour la défense des droits et la sécurité de tous les personnels de l’éducation en Corse.
 
Le bureau académique

Votre grade ne correspond plus à votre travail ?

Votre grade ne correspond plus à votre travail

Votre grade ne correspond plus à votre travail ? Ce que l'administration ne vous dit pas (et ce qui va bientôt changer).

■■ Le grand écart entre votre fiche de poste et la réalité quotidienne

Vous êtes adjoint administratif (catégorie C) mais vous gérez des dossiers complexes et animez des réunions ?

Votre grade ne correspond plus à votre travail

Vous êtes secrétaire administratif (catégorie B) mais on vous confie des missions de conception qui relèvent d’un attaché (catégorie A) ? Si cette situation vous est familière, sachez qu’elle n’est ni normale, ni une fatalité.

Ce décalage permanent entre votre grade et la réalité de votre travail quotidien, souvent subi en silence, est une pratique administrative bien plus répandue qu’on ne le pense. Mais est-elle légale ? Et surtout, peut-elle durer ? L’administration ne vous dit pas tout, mais elle est désormais au pied du mur : un changement juridique majeur va la forcer à regarder la réalité en face.

Nous prenons ici l’exemple, des administratifs, mais cette logique prévaut pour tous les agents des trois versants de la fonction publique (État, Santé et Territoriale) : personnels des bibliothèques, ingénieurs, administratifs, techniques, sociaux, de santé, etc. 

Votre grade ne correspond plus a votre travail 2

■■ À chaque catégorie ses missions : ce que disent les textes réglementaires

Ce cadre n’est pas un simple organigramme : c’est la garantie légale de votre juste reconnaissance. Connaître ces textes, c’est connaître vos droits. La fonction publique est rigoureusement structurée en trois catégories (A, B et C) pour garantir une adéquation entre les missions exercées, le niveau de responsabilité et la rémunération perçue. Ce cadre, loin d’être théorique, est défini par des décrets précis qui fixent les missions statutaires de chaque corps de métier.

La catégorie C : des fonctions d’exécution

Les adjoints administratifs sont chargés de fonctions administratives d’exécution qui incluent l’application de règlements administratifs. Ils peuvent également se voir confier des fonctions d’accueil et de secrétariat.

En clair : votre rôle est d’appliquer les procédures, pas de les concevoir.

Sources : Article 4 du Décret n°2006-1760 du 23 décembre 2006Les missions de l’adjoint administratif

La catégorie B : des fonctions d’application et de gestion

Les secrétaires administratifs sont chargés de tâches administratives d’application. Ils exercent des missions de gestion dans des domaines variés comme les ressources humaines, la logistique ou les finances. Ils peuvent aussi être responsables de la rédaction de documents, de l’animation d’une équipe ou assurer des fonctions d’assistant de direction.

En clair : vous êtes le maillon essentiel de la mise en œuvre et de la gestion, pouvant encadrer une équipe sur le terrain.

Sources : Article 3 du Décret n° 2010-302 du 19 mars 2010Être secrétaire administratif

La catégorie A : des fonctions de conception et de pilotage

Les attachés d’administration participent à la conception, à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques publiques. Ils exercent des fonctions d’expertise, de gestion, ou de pilotage d’unités administratives et ont vocation à l’encadrement.

En clair : vous participez à la définition des stratégies et au pilotage des services.

Sources : Article 3 du Décret n° 2011-1317 du 17 octobre 2011Les missions des attachés d’administration

Comparaison des catégories de fonctions A, B et C

■■ Le glissement de tâches : quand la réalité du terrain ignore les statuts

Soyons clairs : une situation où par exemple des personnels de catégorie B et de catégorie C effectuent le même travail dans un même service, avec une technicité et une volumétrie similaire, n’est absolument pas normale.

C’est le symptôme d’une stratégie de gestion par le mépris : confier à des agents des missions relevant d’une catégorie supérieure à la leur, sans pour autant leur accorder la reconnaissance statutaire et salariale qui devrait en découler. Cette pratique n’est pas un accident, c’est un choix de gestion qui sacrifie votre carrière et votre juste rémunération sur l’autel des économies budgétaires.

Il faut noter que l’inverse existe également : des agents de catégories supérieures sous-employés, cantonnés à des tâches subalternes qui ne correspondent ni à leur grade ni à leurs compétences. C’est une autre facette d’une mauvaise gestion des ressources humaines. À moins qu’il ne s’agisse de  mises au placard…

■■ Injustice, démotivation, tensions : les conséquences d’un système à la dérive

Ce décalage entre le grade et les missions n’est pas sans conséquences. Il génère une triple peine pour les agents et pour le service public.

  • Une injustice flagrante : Le sentiment d’iniquité est profond chez les agents qui accomplissent des tâches à plus haute responsabilité sans jamais voir leur engagement reconnu sur leur fiche de paie ou dans leur progression de carrière. C’est la reconnaissance du travail bien fait qui est niée.
  • Des tensions inutiles : « À travail égal, salaire inégal ». Cette situation crée inévitablement de l’incompréhension et des frictions entre collègues de grades différents qui font pourtant le même travail, mais aussi avec une hiérarchie qui exige toujours plus sans donner les moyens de la reconnaissance.
  • Une démotivation profonde : À terme, cette absence de reconnaissance sape le moral, dégrade les conditions de travail et engendre une perte de sens. Cette démotivation a un impact direct et négatif sur la qualité du service public rendu aux usagers.
Décalage entre le grade et les missions entraîne injustice et démotivation

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■■ La bombe à retardement : une directive européenne va imposer la transparence

Face à ces situations, un nouvel outil juridique majeur vient changer la donne. Il s’agit de la DIRECTIVE (UE) 2023/970 du 10 mai 2023, dont l’objectif est de « renforcer l’application du principe de l’égalité des rémunérations entre les femmes et les hommes pour un même travail ou un travail de même valeur par la transparence des rémunérations ».

Si le texte vise initialement l’égalité femmes-hommes, il introduit un concept qui va bien au-delà et qui nous concerne tous : celui de « travail de même valeur ».

La directive est très claire : la valeur d’un travail doit être évaluée sur la base de critères objectifs incluant « les compétences, les efforts, les responsabilités et les conditions de travail ». Autrement dit, ce n’est plus le grade ou l’intitulé du poste qui compte, mais la nature réelle des missions exercées.

Concrètement, qu’est-ce que cela change pour vous ?

La directive oblige l’administration à cesser de se cacher derrière les étiquettes de « catégorie A, B ou C ». Elle devra analyser et comparer la valeur réelle des postes sur la base de critères objectifs.

Un agent de catégorie C qui gère des dossiers complexes (responsabilités) et subit une forte charge mentale (efforts) effectue un travail de même valeur qu’un collègue de catégorie B et pourra le faire valoir en justice, quel que soit son genre.

L’échéance est fixée et non-négociable : la France a l’obligation de transposer cette directive dans son droit national au plus tard le 7 juin 2026.

C’est un avertissement sans frais pour l’administration. Si elle persiste dans ses pratiques de glissement de tâches, elle s’exposera à des recours en justice. Fort de ce texte européen, chaque agent pourra exiger une requalification de son poste et la rémunération correspondante en se basant non plus sur son grade, mais sur la valeur réelle et objective de son travail quotidien.

■■ L’heure de la reconnaissance va sonner

Le respect des statuts et des catégories d’emploi n’est pas une simple formalité administrative. C’est le fondement de l’équité, de la justice sociale et de la reconnaissance professionnelle au sein de la fonction publique. Les pratiques actuelles, en plus d’être injustes, sont désormais en sursis.

Avec l’échéance de juin 2026 qui approche, l’administration ne pourra plus ignorer la réalité du terrain. La question n’est donc plus de savoir si ces situations doivent cesser, mais comment nous allons, ensemble et syndicalement, nous emparer de ces nouveaux outils pour exiger la reconnaissance qui nous est due.

 

Lire également : Vos droits à un salaire équitable, vers la fin du secret des salaires

 

Le bureau académique Action & Démocratie Corse

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Main basse sur l’Éducation nationale

Les Intouchables d'État : Bienvenue en Macronie de Vincent Jauvert

Main basse sur l’Éducation nationale

Titre : Main basse sur l’Éducation nationale : Enquête sur un suicide assisté
Auteur : Joachim Le Floch-Imad
Éditeur : Le Cerf
Parution : 21 août 2025
Pages : 274

La crise de l’école publique est au cœur de l’actualité, mais peu d’ouvrages osent poser un regard aussi lucide, précis et sans concession que celui de Joachim Le Floch-Imad. Dans ce livre-choc, l’auteur analyse les causes profondes de l’effondrement du système éducatif français : chute du niveau, bureaucratie étouffante, crise des vocations, instabilité ministérielle, pressions idéologiques… Rien n’est laissé de côté dans cette autopsie courageuse.

Le lecteur découvrira comment l’Éducation nationale, institution cruciale de la République, est rongée de l’intérieur, minée par l’immobilisme, la perte des repères et l’abandon du rôle de transmission des savoirs.

À travers une enquête fouillée et des témoignages marquants, Le Floch-Imad démonte les faux-semblants, pointe la dilution de l’autorité, la fragmentation du corps enseignant, la toute-puissance de la technocratie, et montre comment l’ascenseur social, autrefois fierté nationale, s’est grippé au détriment des plus fragiles.

Loin de se borner au constat, l’auteur propose également des pistes pour redresser la barre et rappelle l’urgence d’un sursaut collectif. Peut-on vraiment sauver l’école ? Est-il déjà trop tard ? À vous de vous plonger dans cette enquête édifiante pour vous forger votre propre opinion.

Pourquoi lire ce livre ?

  • Pour comprendre les racines véritables de la « crise de l’école » au-delà des discours habituels.
  • Pour nourrir le débat syndical et mieux défendre l’intérêt général au sein de l’éducation.
  • Pour redonner sens à l’engagement de toute la communauté éducative.
  • Parce que le livre, accessible et argumenté, donne à chacun – parent, enseignant, citoyen – des clés pour comprendre et agir.

Un ouvrage essentiel pour tous ceux qui refusent la fatalité du déclin et veulent réinventer l’école républicaine. Plongez-vous-y, échangez, débattez… et faites bouger les lignes

 

À lire également : Les intouchables d’État

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Les intouchables d’État

Les Intouchables d'État : Bienvenue en Macronie de Vincent Jauvert

Les Intouchables d’État

Titre : Les intouchables d’État
Auteurs : Vincent Jouvert
Éditeur : J’AI LU
Année : 2019
Nombre de pages : 256

Ils exploitent leurs carnets d’adresses pour faire fortune, ils bénéficient du démembrement de l’État orchestré par leurs soins, ils se répartissent des postes très lucratifs et parviennent à masquer leurs échecs. Par quel miracle?
Grâce à des témoignages et documents inédits, cette enquête révèle les secrets inavouables de ces intouchables : hauts cadres de Bercy rémunérés plus de 200 000 € par an puis recrutés par de grands groupes pour révéler les fragilités des règles fiscales qu’ils ont eux-mêmes édictées, conseillers d’État monnayant dans le privé leur connaissance de l’appareil administratif…

Les Intouchables d'État : Bienvenue en Macronie de Vincent Jauvert
Cliquer sur la couverture pour lire un extrait

avant de revenir dans la fonction publique profiter à vie de leur statut, inspecteurs des finances dont les erreurs de gestion coûtent des millions aux contribuables mais leur valent une promotion… Voici la nouvelle noblesse d’État qu’incarne Emmanuel Macron et qu’il est urgent de moraliser.

Pourquoi lire ce livre ?

Voici un ouvrage d’investigation qui lève le voile sur le pouvoir des hauts fonctionnaires français, ces « intouchables » issus, pour beaucoup, de l’ENA. Vincent Jauvert, journaliste aguerri, décrit avec rigueur et précision une caste dirigeante qui œuvre dans l’ombre de la République, cumulant avantages et privilèges au détriment de l’intérêt général.

Ce que vous allez découvrir :

  • Le fonctionnement d’une élite administrative qui navigue entre public et privé, optimisant réseaux et conflits d’intérêts pour asseoir son influence.
  • Un récit foisonnant d’exemples concrets où l’entre-soi protège les défaillances et les excès, avec des faits souvent méconnus du grand public.
  • Des portraits ciselés d’énarques qui, une fois passés dans le privé, utilisent leur expertise acquise au service de l’État… contre l’État lui-même.
  • Une réflexion sur la crise de la déontologie et les difficultés à réformer réellement ce « système » multiséculaire.
  • Le malaise profond provoqué par l’impunité et l’enrichissement de cette « aristocratie républicaine », alors que la population doit composer avec les restrictions et la rigueur.

À qui s’adresse ce livre ?
À tous ceux qui souhaitent comprendre comment s’exerce, en coulisse, le pouvoir en France. Aux citoyens soucieux de justice sociale, aux agents du service public, aux syndicalistes et, plus largement, à toute personne curieuse des mécanismes et des dérives de l’administration et du politique.

En résumé :
« Les Intouchables d’État » est un livre coup de poing, salutaire, qui invite à la prise de conscience et à la réflexion collective. Sa lecture donne les clés pour mieux appréhender les enjeux de la démocratie et du service public. Prenez le temps de le parcourir : il éclaire les rouages de la machine politique française et peut, qui sait, susciter l’envie d’une transformation profonde du système !

 

À lire également : L’oligarchie des incapables

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L’oligarchie des incapables

L'oligarchie des incapables

L’oligarchie des incapables

Titre : L’oligarchie des incapables
Auteurs : Sophie Coignard & Romain Gubert
Éditeur : Albin Michel
Année : 2012
Nombre de pages : 300

Ce livre-enquête décapant dévoile une France confisquée par une caste d’oligarques, mêlant hauts fonctionnaires, élus, patrons et experts, plus soucieux de préserver leurs privilèges que de servir l’intérêt général. Sophie Coignard y détaille, exemples à l’appui, comment ces « incapables » monopolisent les postes-clé, accumulent privilèges, détournent l’État au profit de leurs proches et laissent le pays dériver entre rivalités de clans et lois sur-mesure. En filigrane : la dénonciation d’une dilution de la responsabilité politique et d’un système où l’argent a remplacé toute autre valeur, étouffant la justice et anesthésiant l’action sociale.

L'oligarchie des incapables
Cliquer sur la couverture pour lire un extrait

Pourquoi lire cet ouvrage ?

  • Parce qu’il explore sans concession les dérives de notre système politique et dresse un catalogue glaçant des scandales récents.
  • Parce qu’il permet de comprendre comment la démocratie peut être vidée de son sens lorsque le pouvoir s’enferme dans l’entre-soi, loin du peuple.
  • Parce que les analyses des auteurs, issues du journalisme d’investigation, offrent une solide base pour réfléchir à la reconquête d’un service public intègre et proche des citoyens.
  • Parce que c’est un livre qui interpelle chaque citoyen avant d’aller voter et invite à repenser l’exercice du pouvoir pour qu’il soit à nouveau au service de l’intérêt général.

Citation marquante :
« La soif d’argent a remplacé la soif de pouvoir. […] On ne risque rien, la justice, les médias sont bien contrôlés par les copains. Le peuple est là pour renflouer les caisses en toutes circonstances. »

À qui s’adresse ce livre ?
À tous ceux et celles qui refusent la fatalité du déclin démocratique, aux militants syndicaux, aux défenseurs du service public et à quiconque cherche les clés pour comprendre et agir contre la confiscation de la démocratie.

 

À lire également : La tentation de l’exil

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