Votre administration vous protège t-elle vraiment ?
Votre santé n’est pas une variable d’ajustement budgétaire et que votre sécurité ne doit plus s’arrêter à la porte du rectorat. Cette semaine, Action & Démocratie Corse déshabille l’actualité : violences institutionnelles, menaces sur le mi-temps thérapeutique et crise de sens. Ne laissez pas l’administration décider de votre avenir sans vous informer.
Protection des agents : l’administration, bouclier ou bourreau ?
L’État s’agite enfin face aux agressions extérieures, mais qui protège les agents contre l’institution elle-même ?
Le ministère planche sur de nouvelles mesures pour sécuriser le quotidien des agents publics. Si la simplification de la protection fonctionnelle est une avancée, elle occulte une réalité taboue : la violence institutionnelle. Harcèlement managérial, injonctions contradictoires et mépris hiérarchique poussent aujourd’hui des collègues au geste ultime, le suicide, sur leur lieu même de travail.
- Le constat : La protection fonctionnelle doit être un droit automatique, pas un parcours du combattant administratif.
- L’angle AD Corse : Le « poids du silence » ne doit plus couvrir les dérives de certains chefs, structures ou services. Un agent qui craque n’est pas « fragile », il est la victime d’un système qui a oublié l’humain.
« Le premier risque psychosocial pour un fonctionnaire, c’est parfois sa propre administration. »
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Temps partiel thérapeutique : soigner les symptômes ou la cause ?
L’explosion des arrêts n’est pas une fraude, c’est le thermomètre d’une fonction publique qui brûle. Pourquoi punir les malades ?
Le ministre de la Fonction publique semble plus préoccupé par les économies budgétaires que par la santé des agents. En voulant durcir les conditions du temps partiel thérapeutique (TPT), le gouvernement s’attaque aux conséquences plutôt qu’aux causes.
- Le point clé : L’explosion des demandes de TPT est la conséquence directe de la dégradation des conditions de travail et des violences subies (externes et institutionnelles).
- L’avis d’Action & Démocratie : Réduire les droits au mi-temps thérapeutique, c’est sanctionner une deuxième fois les victimes. Halte à la régression sociale ! Le ministre doit agir sur la prévention et le bienêtre au travail plutôt que de raboter les droits à la convalescence.
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Crise de l’attractivité : quand le sens du métier s’évapore
Les jeunes ne boudent pas le statut, ils fuient un service public qui ne leur permet plus d’être fiers de leur mission.
L’effritement du modèle de carrière n’est pas une simple mutation sociétale. C’est le résultat d’une perte de sens généralisée. Les nouveaux entrants réalisent rapidement qu’ils n’ont plus les moyens de rendre un service public digne de ce nom : la qualité empêchée (théorisée par le psychologue du travail Yves Clot dans « Le Travail à cœur« ).
- Pourquoi ils partent : à l’hôpital, des patients « hospitalisés » dans les couloirs des urgences ou des patients renvoyés chez eux faute de lits disponibles. Toutes les administrations sont impactées. L’Éducation nationale n’y échappe pas. Entre les classes surchargées, le manque de moyens pour l’inclusion et une rémunération qui décroche, le « vrai » métier disparaît derrière la gestion de la pénurie.
- La vision AD : Redonner de l’attractivité, ce n’est pas seulement augmenter les primes, c’est redonner aux fonctionnaires du sens, de la reconnaissance, de la dignité et aux enseignants leur liberté pédagogique. On ne fait pas ce métier pour « gérer des flux », mais pour transmettre.
Sources :
Le bureau académique Action & Démocratie Corse
