les agents publics sont en détresse

Lorsque la bureaucratie secrète de la souffrance au travail, les agents publics sont en détresse.

Ressentez-vous cette impression étouffante d’être devenu une simple ligne budgétaire ou un numéro de dossier face à une administration toujours plus distante et rigide ? Vous n’êtes pas seul. Partout en France, et tout particulièrement en Corse où l’insularité accentue l’isolement institutionnel, des milliers d’agents publics exercent leurs missions dans la douleur, ignorés par une gestion des ressources humaines déconnectée des réalités du terrain.

Photo de Vitaly Garievsur Unsplash

Le rapport 2025 de la Médiatrice de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, intitulé « Porter attention aux vulnérabilités, agir en faveur de la santé mentale », dresse un constat accablant. Loin de s’apaiser, la crise de la souffrance au travail dans la Fonction publique franchit un nouveau cap alarmant. Chez Action & Démocratie Corse, nous refusons de fermer les yeux sur cette déhumanisation programmée.

Une explosion inédite des saisines : Le cri d’alarme du terrain

En 2025, les services de la médiation ont traité un nombre record de 28 450 saisines, soit une augmentation spectaculaire de +20 % en un an et de +51 % sur cinq ans. Cette accélération continue n’est pas un simple phénomène statistique : elle est le symptôme direct d’un mal-être généralisé qui traverse l’ensemble de la communauté éducative.

Les personnels de l’Éducation nationale (enseignants, administratifs, personnels de santé et d’accompagnement) représentent désormais près du quart des saisines totales (6 228 dossiers). Derrière ces chiffres se cachent des femmes et des hommes confrontés à la dégradation continuelle de leurs conditions de travail, au manque d’effectifs et à un management hors-sol qui privilégie la norme sur l’humain.

Quand l’administration produit elle-même la souffrance psychique

Pour la première fois avec une telle clarté dans un document officiel, la Médiatrice pointe la responsabilité directe des procédures administratives dans la dégradation de la santé mentale des agents :

« Des modes de fonctionnement qui produisent eux-mêmes de la souffrance psychique. En effet, une gestion administrative parfois complexe, s’attachant moins à l’objectif poursuivi qu’à l’application stricte de la réglementation, peut avoir des conséquences graves […] entraînant une dégradation de l’état de santé de personnes déjà fragilisées. »

Rapport annuel 2025 de la Médiatrice de l’Éducation nationale.

Cette « violence éthique » frappe de plein fouet l’engagement des fonctionnaires. Vouloir bien faire son travail sans en avoir les moyens ou se heurter à un mur de silence lorsqu’un problème de paie survient génère une perte de sens tragique.

Les personnels précarisés en première ligne

L’analyse détaillée des requêtes révèle une injustice flagrante envers les personnels non titulaires et les petites rémunérations :

  • Contractuels non-enseignants : Leurs saisines ont explosé de +335 % en 5 ans.
  • Accompagnants des Élèves en Situation de Handicap (AESH) : Les contestations liées aux retards de paiement et aux erreurs de fiches de paie ont bondi de +863 % depuis 2020.
  • Litiges financiers : Ils constituent désormais le premier sujet de plainte des agents (43 % des saisines), en hausse de +200 % en cinq ans.

Comment accepter que des agents publics, indispensables au fonctionnement de l’École inclusive, soient contraints de supplier pour obtenir la paye qui leur est légitimement due ?

Recommandations d’Action & Démocratie Corse

Le rapport 2025 confirme ce que nous dénonçons quotidiennement sur le terrain : le malaise des agents publics n’est pas un problème individuel, mais une défaillance systémique de l’État employeur.

Pour Action & Démocratie Corse, cette situation n’est plus tenable. En Corse, où le surcoût de la vie insulaire aggrave la précarité, la défaillance des services de gestion académiques plonge des familles entières dans l’angoisse financière et le désarroi psychologique.

Nous l’affirmons avec force : la santé mentale des personnels n’est pas une variable d’ajustement !

Nos propositions d’action immédiate :

  1. Rétablissement d’une gestion des ressources humaines (RH) de proximité et humaine : Stopper la dématérialisation à outrance qui coupe les agents de leurs gestionnaires. Nous exigeons un interlocuteur humain identifié dans chaque Direction des Services Départementaux de l’Éducation Nationale (DSDEN) et au Rectorat.
  2. Garantie du traitement dès le premier mois : Instauration d’un virement conservatoire d’urgence pour tout contractuel ou AESH recruté, interdisant tout retard de versement supérieur à 15 jours.
  3. Plan de titularisation et de revalorisation : Mettre fin à la précarité structurelle en offrant de véritables perspectives de carrière et de statut.
  4. Protection fonctionnelle effective : Garantir un accompagnement juridique et psychologique systématique face à l’augmentation des agressions et Risques Psychosociaux (RPS).

Le bureau académique Action & Démocratie Corse

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Ne restez plus isolé(e) face à l’administration !

Vous faites face à une erreur de rémunération, un refus d’aménagement de poste, une situation de harcèlement ou un épuisement professionnel ?

Action & Démocratie Corse est là pour porter votre voix, défendre vos droits et vous accompagner auprès de l’administration pour respecter vos droits et votre dignité.

Mobilisez vous à nos côtés,

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